Le nombre d’enfants engagés dans des conflits armés a fortement progressé au cours de la dernière décennie. En 2001, selon les estimations de l’OIT environ 300,000 enfants sont enrôlés dans les unités armées à l’échelon mondial (dont 120,000 en Afrique, 120,000 en Asie et au Pacifique et 30,000 en Amérique latine et aux Caraïbes). Même si la majorité d’entre eux sont des adolescents, âgés de 15 ans et plus, il y a une tendance dramatique au recrutement d’enfants plus jeunes. La présence d’enfants soldats au sein des forces gouvernementales et des groupes d’opposition armés a été abondamment relatée en Afrique subsaharienne (Afrique de l’Ouest puis du Centre). Mais des adolescents et des enfants plus jeunes sont également recrutés par des unités de combat dans d’autres parties du monde, et notamment depuis plusieurs années au Sri Lanka.
Les enfants déployés en première ligne risquent leur vie et s’exposent à de graves blessures, du fait notamment d’une prise de risques plus grande que les adultes. Sans compter qu’ils commettent parfois des exécutions et des atrocités qui les amènent à entrevoir la violence comme une normalité et leurs infligent des traumatismes tels qu’ils rencontrent des difficultés à se réinsérer dans la vie ordinaire. Même les enfants incorporés dans des unités militaires ne participant pas directement aux combats sont privés d’éducation et d’opportunités à se développer sur les plans économique et social. Ils sont exposés à une multitude d’autres risques, incluant le VIH/SIDA et dans le cas des filles, aux grossesses et maternités précoces.
L’enrôlement des enfants peut être volontaire ou la résultante de pressions ou de coercition suite à un enlèvement. La convention no 182 de l’OIT (1999) interdit les pires formes de travail des enfants et classe le “recrutement forcé ou obligatoire” des enfants de moins de 18 ans en vue de leur utilisation dans les conflits armés, dans la catégorie des pires formes. D’autres normes internationales proscrivent le recrutement de tout enfant de moins de 18 ans par des groupes armés non gouvernementaux et si elles permettent aux Etats de recruter des volontaires de 16 et 17 ans dans leurs forces armées, certains d’entre eux ont purement et simplement banni le recrutement d’enfants.