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Les représentants de la jeunesse affirment à l’OIT leur besoin «d’emplois et encore d’emplois» mais se déclarent optimistes pour l’avenir

Les représentants de la jeunesse du monde entier ont affirmé jeudi devant la conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qu’ils avaient besoin «d’emplois», mais ils se sont montrés confiants quant aux résultats de leurs efforts, qui pourraient finalement se traduire par des emplois, des sociétés plus équitables et du travail décent.

Actualité | 10 juin 2011

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Les représentants de la jeunesse du monde entier ont affirmé jeudi devant la conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qu’ils avaient besoin «d’emplois», mais ils se sont montrés confiants quant aux résultats de leurs efforts, qui pourraient finalement se traduire par des emplois, des sociétés plus équitables et du travail décent.

«Ce que nous ne devons jamais faire, c’est jeter l’éponge», a déclaré le jeune militant algérien Wissam Khedim qui a demandé aux jeunes de poursuivre le combat afin de parvenir à leurs buts.

S’adressant au panel, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a dit aux jeunes: «Vous agissez comme des catalyseurs pour le reste du monde». Il a ajouté que les changements qu’ils avaient initiés ne pourraient plus être interrompus. «Le peuple triomphera en raison de sa soif de justice sociale et de dignité.»

Les jeunes leaders ont pris part à un débat de haut niveau sans précédent sur la jeunesse; qui a mis en avant leurs préoccupations mais a aussi porté leur optimisme et leurs espoirs au sein même de la Conférence de l’OIT. Le message primordial, c’est que les jeunes sont prêts et qu’ils sont impatients de contribuer à changer les choses si on leur en offre la possibilité sous forme d’emplois, de formation et d’implication dans le processus politique.

«Nous avons besoin d’une communauté internationale qui soit à nos côtés. Nous avons besoin de son soutien», a souligné Samera Abdullah, rédactrice adjointe du journal yéménite Yamaniya, la voix brisée par l’émotion en décrivant la violence qui secoue son pays.

«Si vous parlez d’un défi … tout est question d’emploi, et encore d’emploi», a déclaré Roberto Suarez Santos, spécialiste de l’emploi des jeunes au sein de la Confédération espagnole des organisations d’employeurs, ajoutant que plus de 40 pour cent des jeunes Espagnols sont actuellement au chômage. M. Suarez Santos a aussi rappelé que la caractéristique essentielle de la jeunesse était sa capacité à innover et à prendre des risques. Le défi consiste donc à leur offrir des possibilités plus nombreuses d’acquérir de l’expérience afin de disposer d’un horizon favorable pour l’avenir et de contribuer ainsi à la marche de la société.

«Les jeunes ont besoin de la sagesse des anciens, et les anciens ont besoin de l’énergie des jeunes», a déclaré pour sa part Monique Coleman, actrice américaine et Championne de la jeunesse de l’ONU.

Octavio Rubio Rengifo, de la section des jeunes travailleurs de la Confédération générale des travailleurs de Colombie, a affirmé que les syndicats avaient aussi un rôle à jouer pour représenter les jeunes chômeurs, précisant: «Les syndicats doivent se rapprocher des chômeurs, des travailleurs de l’économie informelle et, bien sûr, des jeunes... Le dialogue social devrait intégrer les jeunes dans la discussion dès lors qu’on débat des questions qui les concernent.»

Bien que le chômage des jeunes ait atteint des niveaux sans précédent à l’échelle mondiale, que l’OIT estime à 81 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans, l’actrice américaine et Championne de la jeunesse Monique Coleman, a déclaré: «Je ne pense pas qu’il y ait une logique de désespoir … si nous n’adoptons pas un point de vue positif, nous ne pourrons pas parvenir à un résultat positif.»

Alanda Kariza, jeune auteure et présidente de «The Cure for Tomorrow» en Indonésie, a déclaré: «La jeunesse est le moteur du changement, mais nous devons nous assurer que c’est un changement dans le bon sens», ajoutant qu’un élément clé résidait dans le besoin de davantage d’éducation et d’esprit d’entreprenariat.

M. Rubio Rengifo a déploré: «La communauté internationale est beaucoup trop fragmentée … nous avons besoin d’un véritable dialogue et de convergence au sein du système international.»

Les jeunes dirigeants ont également appelé à davantage d’implication de la part des entreprises afin de promouvoir l’apprentissage, l’éducation et la formation, affirmant: «Nous avons besoin d’un climat propice au développement des entreprises», «la clé, c’est notre capacité à apprendre.»

Un consensus s’est dessiné parmi les panélistes venus d’Algérie, d’Egypte, de Tunisie et du Yémen pour que la communauté internationale les aide à transformer leur soif de justice sociale en une réalité tangible dans une région où les jeunes sont frappés très durement par le chômage.

Ils ont souligné qu’à la suite de la vague de protestation dans leur région en début d’année leurs aspirations devaient maintenant se concrétiser en s’attelant aux enjeux fondamentaux que sont le chômage, les droits du travail et la sécurité sociale.

«Il ne suffit pas de se débarrasser du vieux système, nous devons maintenant le reconstruire», a déclaré Marouen Cherif, coordinateur des jeunes travailleurs de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Il a mentionné la création d’emplois comme une priorité, rappelant que l’un des slogans phare des manifestations était: «L’emploi est un droit».

Nazly Hussein, une militante étudiante venue d’Egypte, qui a participé aux manifestations de janvier, a encouragé la communauté internationale à participer à l’effort de reconstruction et a souligné que «la plupart des mouvements de protestation – même en Europe – sont un appel en faveur de la justice sociale, plus encore que pour la démocratie. Je crois que pour parvenir à la justice sociale, c’est le système mondial tout entier qui doit être transformé».