Migration forcée et emploi

L’OIT évoque la réponse du monde du travail à la crise mondiale des réfugiés

Le nombre grandissant de personnes déplacées par la guerre, la persécution et la pauvreté a de profondes répercussions sur les marchés du travail.

Actualité | 6 novembre 2015
GENEVE (OIT Info) – Le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a demandé aux membres de l’Organisation de contribuer à l’élaboration de réponses efficaces à la crise mondiale des réfugiés. Dans son propos liminaire aux débats du Conseil d’administration de l’OIT, M. Ryder a souligné que la crise était vraiment un problème d’envergure mondiale exigeant la solidarité de tous les pays et de tous les peuples puisque «la vérité en la matière est que nous sommes tous affectés».

La discussion au sein de l’organe exécutif de l’OIT, avec des représentants des travailleurs, des employeurs et des gouvernements, avait pour but de définir la réponse appropriée de l’Organisation à la situation d’urgence des réfugiés.

M. Ryder a rappelé qu’il fallait, au-delà de l’impératif humanitaire immédiat, préparer une action à plus long terme, axée sur le développement, afin de rendre en compte l’impact des réfugiés sur les communautés d’accueil.

«Cette crise n’est pas nouvelle; de nombreux pays accueillent des réfugiés en très grand nombre, parfois depuis plusieurs dizaines d’années», a-t-il précisé.

Selon les Nations Unies, à la fin de 2014, plus de 60 millions de personnes avaient été déplacées par les crises, les conflits et les catastrophes naturelles; l’immense majorité d’entre elles étaient accueillies par des pays en développement.

Les représentants des travailleurs comme ceux des employeurs ont exprimé leur soutien au rôle vital que doit jouer l’OIT dans cette crise.

Réitérant que l’OIT n’est pas une organisation humanitaire ni de secours, la représentante des employeurs, Ronnie Goldberg, a également souligné que «les mouvements transfrontaliers devaient être gérés de façon proactive, transparente et prévisible». L’OIT, a-t-elle dit, peut mettre à profit sa plateforme unique et son expertise pour se concentrer en priorité sur la protection effective des migrants, l’évaluation rigoureuse des besoins du marché du travail et le dialogue social en vue d’une bonne gouvernance des migrations et de la mobilité.

Luc Cortebeeck, représentant travailleur, a déclaré que l’OIT avait un rôle «majeur» à jouer pour gérer les conséquences de la crise des réfugies sur le marché du travail et pour contribuer à l’élaboration de politiques adéquates dans les pays d’origine et de destination.

Le Directeur général de l’OIT a relevé la nécessité de conjuguer l’aide aux réfugiés avec les politiques concernant les millions de travailleurs migrants dans le monde, soulignant que pour que les migrations soient équitables elles devaient «passer par les voies légales et se dérouler en bon ordre».

L’OIT est déjà partie prenante dans plusieurs projets visant à améliorer les perspectives d’emploi pour les migrants et les réfugiés, et notamment: un programme d’investissement dans les infrastructures agricoles dans le Nord de la Jordanie qui offre des emplois à court terme aux réfugiés syriens; une étude sur le potentiel d’emploi à Şanlıurfa, en Turquie; et des programmes conjoints avec l’UNHCR sur les déplacements forcés en Ethiopie, au Costa Rica, en Egypte et en Zambie.