Importance et applications

Les statistiques tenant compte de la dimension de genre sont indispensables pour observer, analyser et évaluer la situation des hommes et des femmes dans le monde du travail. La nécessité de ces statistiques a notamment été confirmée en 1995 par la Plate-forme d’action de Beijing, qui appelle les pays et les organisations internationales à recueillir et analyser des statistiques sur les questions importantes pour les hommes et les femmes dans la société .

S’agissant des statistiques du travail, l’objectif stratégique H.3 du Programme de Beijing mentionne expressément la nécessité de produire des statistiques sur: a) l’emploi, y compris l’emploi dans le secteur informel, le chômage et le sous-emploi – des statistiques qui ne sous-estiment pas la participation des femmes et des hommes; b) le travail non rémunéré, qui est déjà pris en considération dans le Système de comptabilité nationale de l’ONU, y compris l’agriculture et en particulier l’agriculture de subsistance; c) le travail non rémunéré non pris en considération dans le Système de comptabilité nationale - par exemple la garde de personnes dépendantes et la préparation des repas - et ses liens avec les activités rémunérées effectuées simultanément ou à tour de rôle; d) la pauvreté chez les femmes et les hommes, y compris leur accès aux ressources; e) la violence, y compris le harcèlement sexuel et la traite des femmes et des petites filles; f) la participation des handicapés, femmes ou hommes, y compris leur accès aux ressources. Les pays ont été priés d’assurer la publication régulière d’un bulletin statistique qui présente et interprète des données d’actualité concernant les femmes et les hommes, et de ventiler toutes les statistiques au moins par sexe et en fonction des caractéristiques socio-économiques, et selon d'autres caractéristiques.

Il est à présent largement admis que les statistiques nationales du travail intégrant la dimension de genre sont plus complètes et de meilleure qualité que les autres, aussi les statisticiens du travail devraient-ils y attacher la plus haute importance. Ces statistiques seront un atout non seulement pour les personnes intéressées par l’analyse des questions de genre, mais également pour les analystes du marché du travail et les décideurs.

Par-dessus tout, ces statistiques améliorées permettraient d'éviter de sous-estimer et de dénaturer la contribution de certains groupes de travailleurs - sans doute plus souvent des femmes que des hommes - à l'économie nationale. Ainsi, les politiques et programmes qui influent sur les marchés du travail et l’économie ne seront plus conçus sur la base de statistiques qui ne reflètent que partiellement la contribution des travailleurs. Les politiques et programmes fondés sur des statistiques incomplètes peuvent nuire tant aux hommes qu’aux femmes, mais à des degrés variables.