Le Mali devient le 3e pays africain à ratifier le Protocole de 2014 sur le travail forcé

Actualité | 1 juin 2016
GENEVE (OIT Info) - Le Mali vient de ratifier le Protocole de 2014 relatif à la convention sur le travail forcé, 1930, renforçant ainsi le mouvement mondial de lutte contre le travail forcé sous toutes ses formes, y compris la traite des personnes.

Par cette ratification, le Mali fait suite au Niger, à la Norvège, au Royaume Uni et à la Mauritanie, premiers Etats à s’engager formellement à mettre en œuvre le Protocole.

Ce Protocole, adopté en 2014 à une très large majorité par la Conférence internationale du Travail, complète la convention (nº 29) sur le travail forcé, 1930. Il exige des Etats qu’ils prennent des mesures efficaces en matière de prévention, de protection des victimes et en garantissant leur accès à la justice et à une indemnisation.

Fassoun Coulibaly, Directeur National du Travail, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à éradiquer le travail forcé: "La République du Mali a toujours souhaité que les travailleurs aient accès à des emplois décents et soient protégés des abus liés au travail forcé, au travail des enfants, à la traite des personnes et à l’esclavage moderne ».

« En ratifiant le Protocole, le Mali s’engage à mettre fin au travail forcé et à mobiliser les ressources nécessaires pour y arriver. Nous tenons en estime le leadership de l’OIT et nous lançons un appel à d’autres pays pour lutter contre cette menace mondiale", a-t-il poursuivi.

21 millions de personnes sont victimes de travail forcé dans le monde. L’OIT estime que cette exploitation génère approximativement 150 milliards de dollars de profits illicites par an.

Les victimes sont exploitées dans l’agriculture, la pêche, le travail domestique, la construction, l’industrie, les mines et d’autres activités économiques. Le travail forcé prend différentes formes, allant de l’exploitation sexuelle forcée à la servitude pour dettes, ou encore la traite des personnes et l’esclavage.

« Avec la signature du Protocole par le Mali qui fait suite à celles du Niger et de la Mauritanie, l’Afrique démontre son implication dans les efforts visant à éradiquer le travail forcé sur le continent », a déclaré Beate Andrees, Cheffe de service des principes et droits fondamentaux au travail à l’OIT.

« Cette ratification par le Mali envoie aussi un message fort aux autres pays d’Afrique et d’ailleurs pour qu’ils prennent eux aussi des mesures immédiates et remplissent leurs obligations par rapport au Protocole : empêcher le travail forcé, protéger les victimes en leur proposant des solutions et poursuivre les coupables. Le concept d’un monde sans travail forcé ne deviendra réalité que grâce à un soutien international », a conclu Mme Andrees.

Cette ratification démontre l’engagement continu du Mali dans la lutte contre le travail forcé. En effet, en devenant membre de l’Organisation internationale du Travail en 1960, le Mali a immédiatement accepté les obligations découlant de la convention (n°29) sur le travail forcé puis, en 1962, celles de la convention (nº 105) sur l’abolition du travail forcé, 1957. Récemment, en 2012, le Mali a renforcé son cadre législatif de lutte de lutte contre le travail forcé en adoptant la loi relative à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées et en créant le Comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées.

En outre, le gouvernement du Mali fait preuve d’un engagement remarquable envers les normes internationales du travail en ratifiant, parallèlement au Protocole sur le travail forcé, trois instruments sur l’emploi relatifs au service public de l’emploi, à la politique de l’emploi, et aux agences d’emploi privées, ainsi que deux instruments sur la sécurité et santé au travail : la convention n°155 sur la sécurité et la santé des travailleurs, 1981, et le protocole de 2002 relatif à cette convention.