L’OIT appuie le Ministère en charge du travail dans le renforcement des mesures de santé et sécurité en milieu de travail dans la lutte contre la propagation du COVID-19

News | 30 June 2020
La pandémie de COVID-19 représente un défi majeur de santé publique et aura de graves impacts économiques et sociaux. Les gouvernements sont confrontés à un double défi : ils doivent contenir la pandémie tout en répondant à ses effets économiques et sociaux.

A Madagascar, le Président de la République a annoncé le 22 mars 2020, l’instauration de l’état d’urgence sanitaire et le confinement pour les trois villes d’Antananarivo, de Toamasina et de Fianarantsoa, touchées par le COVID-19 avec instruction donnée au patronat de prendre des mesures nécessaires quant à l’organisation interne de leurs entreprises. En effet, un arrêt forcé des activités du secteur privé aura un impact dévastateur sur l’économie nationale. C’est ainsi que la continuité de fonctionnement des entreprises a été laissée sous la responsabilité des employeurs dans une perspective de protéger l’emploi et l’économie du pays. Comme les travailleurs dans le secteur privé constituent une grande partie de la population tananarivienne et des autres régions, leurs droits doivent être protégés tout comme les investissements du patronat, notamment dans ce contexte de crise sanitaire.

Etant en charge du travail et de l’emploi, le Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales est appelé à s’assurer que les règles de santé et de sécurité des travailleurs sont correctement appliquées pour que les entreprises puissent continuer leurs activités. C’est dans cette optique que le Ministère en charge du Travail propose de mener une campagne de contrôle et de suivi dans les entreprises pour vérifier si les mesures prises par l’employeur répondent aux normes imposées par la loi et respectent les droits des travailleurs. Cette action est d’autant plus justifiée par le fait que depuis les premiers jours de l’état d’urgence, l’Inspection du Travail a reçu de nombreuses plaintes de la part des travailleurs. Sans intervention immédiate, cette situation risquerait de dégénérer à des conflits sociaux, d’où l’importance du rôle du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales.

Pour appuyer le ministère dans la mise en œuvre de cette activité, le Bureau de Pays de l’OIT Antananarivo a accepté de lui apporter le soutien technique et financier nécessaire. Une cérémonie de remise de matériels informatiques et de masques en tissu lavable s’est ainsi tenue ce 30 juin 2020 afin de pouvoir équiper les différentes directions régionales . La cérémonie de ce jour était également l’occasion de lancer officiellement les activités de contrôle et d’inspection au niveau des entreprises privées. Ces activités seront effectuées par les inspecteurs de travail dans les régions Analamanga, Atsinanana, Menabe, Atsimo Andrefana, Anosy, Diana et Nosy Be. Cette action, appuyée par l’OIT, vise à éviter la propagation du COVID-19 en milieu de travail par le renforcement des mesures de sécurité et santé au travail (SST). L’OIT appuie également des entreprises de la zone franche en SST dans le cadre de son projet VZF.

Dans son discours, Madame Gisèle Ranampy, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales, n’a pas manqué de remercier l’OIT pour son appui et a souligné que ce projet permettra au Ministère de se rapprocher davantage des entreprises, du secteur formel et informel, et ceci sera un atout pour la promotion de la paix sociale et le renforcement de la productivité.

M. Coffi Agossou, Directeur du Bureau de Pays de l’OIT pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles, a également félicité Madame le Ministre pour son effort à faire respecter les règles de santé et de sécurité des travailleurs ainsi que sa disponibilité pour le dialogue social pendant cette crise sanitaire et a confirmé la disponibilité de son Bureau à appuyer davantage le Ministère dans sa noble mission au profit des travailleurs et de leurs familles pour un travail décent.