Droits des peuples autochtones

Message du Directeur général de l'OIT à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones

Discours | Genève | 9 août 2013

Aujourd’hui, alors que nous célébrons les victoires remportées au fil des ans par les peuples autochtones, nous devons affirmer notre détermination à lutter contre les injustices qui empêchent encore ces peuples de vivre et de travailler dans la dignité.

Le thème de cette année, « Les peuples autochtones et la création des alliances: Respecter les traités, accords et autres arrangements constructifs », trouve un écho à l’OIT qui, des décennies durant, a acquis une expérience unique dans la création d’alliances et de partenariats au service des droits des peuples autochtones. Cette expérience prend appui sur le dialogue social et le tripartisme, piliers de notre modèle de gouvernance consistant à promouvoir la justice sociale, des relations professionnelles équitables et harmonieuses et le travail décent. Le dialogue social et le tripartisme sont aussi des outils essentiels pour défendre les droits sociaux des peuples autochtones.

L’année prochaine, nous célébrerons le 25ème anniversaire de la Convention (n° 169) de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989, élaborée en collaboration avec le système des Nations Unies. Cette convention, qui est le fruit d’un consensus des mandants tripartites de l’OIT, appelle les Etats à nouer des partenariats avec les peuples autochtones en consultant ces peuples et en les associant à la prise de décisions sur les questions qui les concernent. Cette année, nous avons publié un manuel sur la convention n° 169 pour donner une impulsion nouvelle à l’application de la convention. Ce manuel explique la convention et incite à conjuguer les efforts pour l’appliquer et à renforcer le dialogue entre les mandants tripartites de l’OIT et les peuples autochtones.

La convention n° 169 a aussi été un instrument important pour constituer des alliances et consolider les partenariats avec le système des Nations Unies.

En avril de cette année, nous avons eu le plaisir d’accueillir à la neuvième Réunion régionale européenne, qui s’est tenue à Oslo, le Grand Chef Edward John, Président de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones. Il a parlé du rôle des normes internationales du travail, qui favorisent le respect des droits des peuples autochtones, et plaidé pour que les peuples autochtones soient inclus dans les mécanismes de dialogue social. Enfin, il a appelé de ses vœux une action ciblée pour lutter contre les inégalités dans le monde du travail et accroître les possibilités d’accès des peuples autochtones à des emplois de qualité, en se souciant tout particulièrement de la situation des femmes, des enfants et des jeunes autochtones.

Une récente étude interinstitutionnelle sur le silence qui entoure la violence faite aux petites filles, aux adolescentes et aux jeunes femmes autochtones, intitulée Breaking the silence on violence against Indigenous Girls, Adolescents and Young Women et réalisée par l’OIT, ONU-Femmes, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Bureau du représentant spécial du Secrétaire général sur la violence à l’encontre des enfants, recommande une action concertée pour mettre un terme à cette violence. Elle met en évidence la nécessité de tisser, aussi entre les partenaires sociaux et les acteurs concernés, des alliances destinées à défendre les droits des peuples autochtones.

A l’occasion de cette journée, l’OIT, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’UNICEF et le FNUAP ont appelé conjointement à appuyer le Partenariat des Nations Unies pour les peuples autochtones, initiative interinstitutionnelle lancée en 2011 pour promouvoir les alliances et les partenariats entre les peuples autochtones, les gouvernements et les partenaires sociaux à l’échelle nationale en vue de l’application effective de la convention n° 169 et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. L’OIT a eu la satisfaction de collaborer avec des institutions partenaires pour défendre les droits des peuples autochtones dans le cadre de programmes conjoints en Bolivie, au Nicaragua, au Cameroun, en République centrafricaine, en République du Congo et au Népal, et d’un programme régional en Asie du Sud-Est.

La réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies - Conférence mondiale sur les peuples autochtones - qui se tiendra en septembre 2014 et l’élaboration du programme de développement pour l'après-2015 sont d’autres occasions de renforcer les partenariats et les alliances avec les peuples autochtones dans le monde du travail et au-delà, afin de favoriser l’égalité d’accès qu’ils réclament au travail décent et à des moyens de subsistance durables.

En cette importante journée, l’OIT réaffirme son engagement à s’associer à tous ceux qui œuvrent en faveur de la réalisation des droits des peuples autochtones afin que ces peuples aient réellement la possibilité d’accéder au travail décent.