Transcription :
Dans les économies modernes, actives 24h sur 24 et 7 jours sur 7, le temps est devenu une denrée rare. Que ce soit à New York, à Genève ou ailleurs, les travailleurs ont de plus en plus de mal à adapter leur temps de travail aux besoins de leur vie familiale et personnelle.
Employé de banque irlandais (en anglais)
On peut travailler autant qu’on le souhaite, puisqu’on a accès à nos fichiers 24h sur 24.
Une déléguée belge à la Conférence international du travail (en français)
Si tu pars déjà le matin à sept heures et tu rentres le soir à sept heures et demie - si vous avez encore une famille, c’est dur quoi.
Un fonctionnaire des Nations Unies basé au Congo (en français)
Il n’y a pas d’horaire pour les agents et cadres. Tant qu’il y a du travail vous le faites.
Une Suissesse travaillant dans le département de communications d’une banque (en anglais)
A mon poste antérieur, j’avais un contrat à temps partiel, or je ne travaillais pas à 80 pour cent, mais à 120 pour cent. Je travaillais jusqu’à tard le soir et les week-ends. Je m’en sortais, mais j’ai décidé de changer, car je ne voulais pas continuer à vivre ainsi en ayant une famille.
Selon une nouvelle étude du BIT intitulée « Temps de travail décent », il existe une tension croissante entre les contraintes opérationnelles des entreprises et les besoins et souhaits des travailleurs en matière de temps de travail.
Certaines entreprises ont donc décidé de proposer à leur personnel de nouvelles formes d’organisation du temps de travail. Ainsi, sur les sites allemands d’Airbus, les salariés disposent d’un système de « comptes épargne-temps » qui leur offre une plus grande souplesse dans la gestion de leur temps de travail.
Ce système fonctionne selon le code des feux tricolores. Dans la zone verte, l’employé travaille selon l’horaire légal de 35 heures hebdomadaires. S’il effectue plus de huit heures supplémentaires, il passe en zone jaune et son superviseur est prévenu. Lorsqu’un employé atteint le seuil des 80 heures supplémentaires, il atteint la zone rouge et, dans ce cas, il doit rencontrer son superviseur et prévoir des congés.
Jon Messenger, co-auteur de l’étude « Temps de travail décent » et fonctionnaire principal chargé d’études au sein du Programme des conditions de travail et d’emploi du BIT
Un temps de travail décent doit respecter la santé et la sécurité du travailleur, être compatible avec sa vie de famille et favoriser sa qualité de vie. Naturellement, il doit aussi répondre aux besoins de l’entreprise en matière de productivité et de compétitivité. Avec un temps de travail décent, le salarié doit pouvoir gérer son temps de travail selon ses besoins et ses souhaits.
Sur les sites allemands d’Airbus, le système des comptes épargne-temps s’est avéré rentable. Depuis que les salariés disposent de davantage de souplesse pour gérer leur temps de travail, la productivité est en hausse.


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