LES FRAISES D’ESPAGNE
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LES FRAISES D’ESPAGNE

Date de parution: 20 décembre 2005

Pendant des années, les producteurs espagnols de fruits et légumes ont fait appel à une main d’œuvre bon marché, les Marocains, pour la cueillette des fraises et des tomates exportées en quantités croissantes vers les marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. Mais les choses ont changé : les travailleurs marocains sont victimes d’une nouvelle forme de discrimination et ils ont à présent du mal à obtenir même ces emplois mal rémunérés. Ceci est un reportage de la télévision de l’OIT.

Les fraises d’Espagne. On les trouve sur tous les marchés européens et à des prix vraiment abordables. Mais pour ce qui est de la cueillette de ces fruits, il s’avère que ce travail ne se trouve pas aussi facilement et n’est pas accessible à n’importe qui. Nous sommes ici face à une nouvelle forme de discrimination.

Producteur de fraises

Ce qui se passe, c’est que les Marocains se conduisent mal, c’est pour cela qu’on a dû faire venir des ouvrières d’Europe de l’Est. Les Marocains créent trop de problèmes.

Cette nouvelle forme de discrimination raciale se dénomme incompatibilité culturelle. L’Organisation internationale du Travail la dénonce dans son nouveau rapport “ L’heure de l’égalité au travail ”. Pendant des années, les producteurs espagnols de fruits et légumes ont fait appel à une main d’œuvre bon marché, les Marocains, pour la cueillette des fraises et des tomates exportées en quantités croissantes vers les marchés d’Europe et d’Amérique du Nord.

Cette main d’œuvre était bon marché, mais elle a eu un coût. Las de leurs mauvaises conditions de travail et de vie, excédés par les actes de ségrégation et de racisme à leur encontre, les ouvriers marocains ont commencé à manifester et à faire grève.

Gréviste

Regardez les Espagnols maintenant, ils ont tous une voiture, un camion, de l’argent et maintenant ils disent que les Arabes sont des ordures!

Grâce à une campagne massive de légalisation, des milliers de travailleurs immigrés ont obtenu le permis de travail, y compris les Marocains spécialisés dans la cueillette des fraises.

Mais, pour eux, le travail est devenu de plus en plus rare. Les Espagnols ont fait venir des femmes d’Europe de l’Est pour effectuer le travail de cueillette qui jusqu’alors avait été réservé aux Marocains. Désormais, dans les cabines téléphoniques locales, on entend parler non seulement arabe, mais aussi polonais et roumain. Mais la différence entre ces travailleurs n’est pas que linguistique.

Abdelslam, travailleur marocain

A elles on leur fournit un logement, mais pas à nous. Elles ont même des douches. Pour nous, rien. Pourtant je remplis 80 cagettes pendant qu’elles en remplissent 26. Tout est neuf ici, depuis la machine à laver jusqu’au frigidaire. Nous avons tout ce qu’il faut, l’eau chaude, tout… bien sûr, nous ne sommes pas comme eux: nous sommes blanches, tandis qu’eux ont la peau basanée.

Florica partage avec ses collègues roumaines un appartement neuf mis gracieusement à leur disposition par leur employeur.

Par contre, ces Marocains paient 200 euros par mois pour se loger dans l’entrepôt de la ferme.

Barak, travailleur marocain

L’année prochaine, ils vont faire venir encore plus de femmes d’Europe de l’Est. Alors nous n’aurons plus qu’à partir. J’ai les papiers mais je n’aurai plus de travail.

Tag: discrimination

Régions et pays couverts: Europe

Unité responsable: Communication et information au public

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