Le ministre des Affaires étrangères brésilien plaide pour une reprise économique centrée sur l’emploi
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Le ministre des Affaires étrangères brésilien plaide pour une reprise économique centrée sur l’emploi

Le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, a déclaré qu’une nouvelle gouvernance mondiale était indispensable pour protéger les membres les plus fragiles de la société des effets négatifs de la crise économique mondiale et a invité l’Organisation internationale du Travail (OIT) à continuer de jouer un rôle de premier plan en encourageant une reprise fondée sur l’emploi et sur une mondialisation plus équitable.

Actualité | 17 novembre 2009

GENÈVE – Le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, a déclaré qu’une nouvelle gouvernance mondiale était indispensable pour protéger les membres les plus fragiles de la société des effets négatifs de la crise économique mondiale et a invité l’Organisation internationale du Travail (OIT) à continuer de jouer un rôle de premier plan en encourageant une reprise fondée sur l’emploi et sur une mondialisation plus équitable.

«C’est bien plus qu’une crise bancaire et financière; c’est une crise des idées», a déclaré M. Amorim rappelant les propos tenus par le Président Lula lors du Sommet mondial pour l’emploi qui s’est déroulé à Genève en juin dernier. Il a ajouté: «Il est de notre devoir de réformer la gouvernance mondiale et de protéger les plus vulnérables des pires effets de la crise. L’OIT a un rôle clé à jouer à cet égard.»

M. Amorim, qui était le principal orateur lors de la réunion du Groupe de travail sur la dimension sociale de la mondialisation du Conseil d’administration actuellement en session à Genève, a affirmé: «Il ne suffit pas de dire ‘Nous devons sortir de la crise’. Nous devons en sortir en créant des emplois, des emplois décents.»

Il a rappelé que le Pacte mondial pour l’emploi de l’OIT, adopté en juin de cette année par les mandants tripartites de l’OIT, revêtait une importance particulière en ce qu’il place les mesures contra-cycliques et la protection sociale au cœur des plans de relance. Il a précisé que le Brésil avait déposé un projet de résolution au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) qui intègre le Pacte mondial pour l’emploi dans tous les fonds et programmes du système des Nations Unies.

«Le Pacte est une référence pour l’ensemble du système onusien et des institutions de Bretton Woods. Il est de notre responsabilité de le mettre en œuvre aux niveaux national et international», a-t-il affirmé. «Il est de notre devoir commun de trouver les moyens de sortir de cette crise, mais les solutions dépendent de chaque cas spécifique. Il n’existe pas un seul pays qui n’ait de bons exemples à offrir, ni aucun autre qui n’ait quelque chose à apprendre.»

Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a fait écho à l’appel lancé par M. Amorim en faveur d’une reprise à haute intensité d’emploi et a déclaré: «Peut-être que nous ne devrions même pas utiliser le terme de reprise tant que le chômage ne sera pas durablement orienté à la baisse. Au sein de l’OIT, nous devons développer l’idée que la reprise se produit quand les gens la perçoivent, or ils ne la ressentiront que quand des emplois seront disponibles.»

M. Somavia a rappelé qu’il était temps de mobiliser les mêmes efforts et la même créativité politique pour créer des emplois et soutenir les entreprises que ceux qui avaient été déployés pour sauver les banques et secourir le système financier, ajoutant: «C’est un point de repère fondamental à l’aune duquel sera examinée l’évolution future de la crise.»

La Présidente du Conseil d’administration, l’Ambassadrice brésilienne Maria Nazareth Farani Azevêdo a souligné que la présence du ministre Amorim était particulièrement importante pour nourrir les débats du Groupe de travail sur le nouvel ordre économique mondial et sur les efforts pour surmonter la crise actuelle.

«Grâce à sa vaste composition tripartite, l’OIT est devenue un acteur central, légitime et indispensable dans la recherche d’une reprise économique qui combine, en tant que principaux éléments, le développement de la production et la création d’emplois décents avec la protection sociale. C’est à l’OIT qu’il revient de prendre la tête de ce processus», a déclaré l’Ambassadrice Farani Azevêdo.

M. Amorim a constaté qu’il était difficile d’exagérer l’impact de la crise économique mondiale s’agissant de pauvreté et de chômage. Il s’est réjoui de la récente déclaration adoptée par le Sommet du G20 à Pittsburgh et a rappelé l’importance de la participation de l’OIT à cette réunion. «En soulignant la dimension humaine de la crise, les chefs d’Etat ont clairement affirmé que le marché, qu’il soit financier ou de toute autre nature, ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt un instrument au service de l’économie réelle», a-t-il poursuivi.

Il a également fait référence au rôle essentiel de la coopération Sud-Sud dans la réduction de la pauvreté et des répercussions de la crise économique. Il a expliqué que le Brésil coopérait déjà avec l’OIT dans les domaines de la sécurité sociale et du travail des enfants dans des pays comme Haïti, le Paraguay, l’Equateur, l’Angola et le Timor Leste. M. Somavia a dit que la coopération Sud-Sud était extrêmement importante pour l’OIT, qu’elle était un mécanisme utile pour partager les expériences et les leçons tirées de la crise.

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