CITÉ DU VATICAN – S’exprimant au Vatican à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia, a exhorté aujourd’hui les dirigeants du G20 «à faire face aux conséquences sociales de la crise financière».
«Ici, aujourd’hui, pour répondre à la crise, j’encourage les organismes gouvernementaux concernés à se mettre d’accord de toute urgence sur une initiative majeure de cohérence des politiques qui réunisse les organisations internationales spécialistes des finances, du commerce, du développement et des questions de travail pour renforcer conjointement leurs stratégies et leurs programmes de création d’emplois, de protection sociale, de filets de sécurité ciblés et d’autres questions pertinentes», a précisé M. Somavia.
Prévenant que «les tensions sociales couvent et vont s’accroître», il a déclaré que «les gens se demandaient pourquoi des milliards apparaissaient soudain pour sauver l’économie financière alors que si peu d’argent était mobilisé pour affronter les problèmes de pauvreté, de chômage, de difficulté d’accès à une protection sociale basique. Qu’est-il advenu d’un minimum de sens de la justice sociale? D’un minimum d’équité dans les règles du jeu?»
«Disposons-nous des instruments et des institutions politiques nécessaires pour répondre à l’échelle mondiale à une crise mondiale?», s’interroge-t-il. «Notre système multilatéral n’est pas performant. Il n’apporte pas le type de cohérence politique dont nous avons besoin aujourd’hui. Dans différentes institutions, on ressent la nécessité pressante d’une nouvelle forme de gouvernance globale; il s’agit de passer d’une communauté internationale formée de gouvernements qui ont créé des centres parallèles de prise de décisions, et de décisions parfois contradictoires, à une communauté mondiale constituée d’acteurs multiples qui incluent mais vont au-delà des seuls gouvernements.»
S’intéressant aux liens entre la Déclaration universelle des droits de l’homme, la doctrine sociale de l’Eglise et la Constitution de l’OIT, M. Somavia a observé qu’elles «traitent toutes au fond de la transposition de valeurs en politiques, et de politiques en actions, afin d’organiser des sociétés qui respectent la dignité des personnes».
M. Somavia a également déclaré que l’OIT avait distillé «les espoirs et les aspirations de chacun à donner du sens à sa vie dans le concept de Travail décent», ajoutant que «le message du travail décent est un message auquel ont adhéré les responsables politiques et les peuples, et c’est maintenant un objectif mondial soutenu par des déclarations politiques de toutes les régions du monde et par l’ensemble du système des Nations Unies».
«Le temps est venu de faire à nouveau entendre notre voix, de dire la vérité sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Le pire serait de ne pas oser défendre nos valeurs», s’est-il exclamé. «Donnons des moyens aux dirigeants et construisons des institutions qui font confiance aux populations pour inventer leur avenir et devenir vraiment les ‘artisans de leur destin’.»


Imprimer
Envoyer