Nicaragua: en quête de travail décent
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Nicaragua: en quête de travail décent

La signature d’un Programme de travail décent avec l’OIT a donné un nouvel élan au dialogue social entre partenaires sociaux au Nicaragua et aux efforts de création de nouvelles offres de travail décent grâce, par exemple, à un meilleur respect des normes du travail. Reportage du BIT depuis Managua.

Actualité | 4 novembre 2008

MANAGUA (Nouvelles du BIT) – Le recrutement de 258 avocats qui ont reçu cette année une formation pour améliorer la justice du travail au Nicaragua n’est pas une initiative isolée. L’application des normes du travail est l’un des piliers de la nouvelle stratégie en faveur du travail décent lancée dans ce pays d’Amérique centrale dans le cadre d’un dialogue social renouvelé entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs.

Le Programme de travail décent a été signé par les représentants tripartites du Nicaragua et l’OIT en septembre. Tout en établissant un cadre de coopération entre l’Organisation et ce pays, priorité est donnée à la mise en œuvre de mécanismes qui visent à dynamiser le dialogue social dans un pays confronté à de sérieuses difficultés en termes d’emploi et d’affranchissement de la pauvreté.

«Parler de travail décent est un défi et par dessus tout une responsabilité pour ceux d’entre nous qui sont impliqués dans le monde du travail au quotidien», déclare le ministre du Travail nicaraguayen, Jeannette Chávez Gómez, qui pense que la signature du Programme représente une étape importante dans les relations sociales, qui sera bientôt suivie par d’autres initiatives de dialogue.

La première de ces initiatives consistera à établir un Conseil national du travail, un organe tripartite de discussion sur les questions de travail qui concernent le pays. Une autre est la création d’un cadre stratégique, également par un accord tripartite, qui portera le nom de Plan national pour la dignité du travail et de l’emploi.

«Cela signifie qu’il existe maintenant suffisamment d’espace pour mener à bien le dialogue social au Nicaragua; c’est fondamental pour le succès des initiatives visant à créer du travail décent», commente le Directeur du Bureau sous-régional de l’OIT pour l’Amérique centrale, Virgilio Levaggi, qui a signé le nouveau Programme à Managua au nom de l’Organisation.

Le Nicaragua a pour difficile tâche de créer des passerelles vers le travail décent dans un contexte social grave, avec une pauvreté qui touche 46 pour cent d’une population forte de 5,5 millions de personnes. Quinze pour cent de la population vivent actuellement dans l’extrême pauvreté.

Selon les indicateurs sociaux, le taux de chômage s’élève à 5,2 pour cent, inférieur à la moyenne observée en Amérique latine, mais le texte du Programme de travail décent met en garde: «La principale faiblesse structurelle du marché nicaraguayen de l’emploi est la qualité des emplois créés par la croissance économique.»

Près de 30 pour cent des travailleurs sont touchés par le sous-emploi. Cette catégorie comprend ceux qui travaillent moins de 36 heures par semaine mais souhaitent travailler davantage (sous-emploi visible) et ceux qui travaillent 36 heures ou plus mais qui gagnent moins que le salaire minimum (sous-emploi invisible).

Qui plus est, une analyse de la situation du travail au Nicaragua a montré que plus de 70 pour cent des emplois créés chaque année se trouvent dans l’emploi informel et l’agriculture à petite échelle.

«Le problème avec l’informalité c’est qu’elle engendre la précarité, explique M. Levaggi. Des revenus faibles et des conditions de travail médiocres sont des facteurs qui contribuent à freiner les chances de progresser et de surmonter la pauvreté.»

Un autre problème dont pâtit ce pays d’Amérique centrale, est le chômage qui touche 4 jeunes sur 10 dans la population active. «Cette part très importante de notre population est sérieusement affectée par le chômage, en particulier les jeunes femmes», souligne le Ministre Chávez.

L’une des priorités du cadre de coopération entre l’OIT et le Nicaragua fixé par le Programme de travail décent est le renforcement des capacités des organisations d’employeurs et de travailleurs et des institutions d’Etat, en même temps que l’amélioration du système de sécurité sociale, la santé et la sécurité au travail, et un plan en faveur de l’emploi des jeunes.

La priorité numéro un, c’est le respect effectif des normes internationales du travail, notamment par le renforcement des institutions, la sensibilisation des acteurs concernés, des changements juridiques pertinents, un cadre normatif approprié et une formation à quiconque souhaite travailler dans ce domaine.

Cette année, avant même la signature du Programme de travail décent, l’OIT a inauguré un module de formation qui a accueilli 253 juristes du ministère du Travail, du système judiciaire, des organisations patronales et syndicales et de l’université, dans le but de renforcer le système nicaraguayen de justice du travail.

Parallèlement, la première compilation systématique de la jurisprudence en matière sociale a été élaborée, un outil fondamental pour le travail des juges et des avocats.

Tag: travail décent

Régions et pays couverts: Nicaragua

Unité responsable: Communication et information au public

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