Le Directeur général du BIT appelle à un nouveau consensus multilatéral pour parer à une récession et au ralentissement économique mondial
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Le Directeur général du BIT appelle à un nouveau consensus multilatéral pour parer à une récession et au ralentissement économique mondial

Evoquant les menaces que font peser l’instabilité des marchés financiers sur la stabilité mondiale et le progrès social, le Directeur général du Bureau international du Travail a appelé à construire un nouveau «consensus» multilatéral, pour parer à une récession et au ralentissement économique mondial.

Communiqué de presse | 9 avril 2008

WASHINGTON (Nouvelles du BIT) – Evoquant les menaces que font peser l’instabilité des marchés financiers sur la stabilité mondiale et le progrès social, le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) a appelé à construire un nouveau «consensus» multilatéral, pour parer à une récession et au ralentissement économique mondial.

Dans une déclaration transmise aux réunions de printemps du FMI et de la Banque Mondiale qui ont lieu ce week-end, M. Somavia insiste sur l’importance de développer des liens entre les deux organisations et l’Organisation internationale du Travail, des liens essentiels pour s’attaquer aux déséquilibres sociaux, qu’il s’agisse des inégalités de revenus grandissantes, du ralentissement économique mondial, ou du changement climatique.

«Les mécanismes de dialogue social et de discussion tripartite mis en œuvre par le BIT sont primordiaux pour parvenir à un consensus sur des politiques qui visent à éviter un brutal ralentissement économique et à sortir de la récession». Selon M. Somavia, «Je pense qu’on sous-estime la valeur de ces mécanismes sur lesquels le système multilatéral devrait s’appuyer pour élaborer des politiques aptes à relancer durablement l’économie.»

Dans son adresse, M. Somavia reprend les prévisions du rapport du FMI sur les Perspectives de l’économie mondiale qui annoncent pour 2008 et 2009 une croissance mondiale de 3,7 pour cent avec un risque croissant de voir le chiffre réel s’inscrire en dessous de 3 pour cent, ce qui équivaudrait à une récession mondiale (Note 1). Il ajoute que d’autres études révèlent que l’impact de cette conjoncture sur les marchés du travail, déjà visible aux Etats-Unis, devrait s’étendre à d’autres pays en 2008.

«La stabilité et le progrès dans le monde du travail sont menacés par l’instabilité et les déboires du monde de la finance» poursuit M. Somavia. «L’ampleur de la restructuration financière en cours et la sévérité du resserrement du crédit font de cette crise financière la plus grave peut-être jamais enregistrée depuis 1945 et pourraient se solder pendant deux ou trois ans par une croissance beaucoup plus lente aux Etats-Unis et dans d’autres pays industrialisés. (Note 2

M. Somavia a ajouté que l’OIT a suivi très attentivement ces derniers mois «le débat de politique générale et les mesures des banques centrales et des ministères des Finances, étant donné l’importance des politiques monétaires et budgétaires pour la création d’un environnement favorable aux objectifs du plein emploi productif et du travail décent pour tous de la communauté internationale.»

Selon M. Somavia «les déséquilibres des marchés financiers sont liés à des déséquilibres plus larges dans la société et dans le processus de mondialisation. Par conséquent, le risque d’un ralentissement mondial majeur ne pourra être évité, et le retour à un développement mondial durable assuré, que par une cohérence de l’action tant au sein de chaque pays qu’entre les différents pays dans divers domaines d’activité, dont les finances et l’investissement, le commerce, l’emploi et les affaires sociales, et l’environnement.»

«Il nous faut trouver un meilleur équilibre entre la voix démocratique de la société, la dynamique productive du marché et la fonction régulatrice de l’Etat», indique M. Somavia.

«Les réponses fiscales au ralentissement devraient par conséquent s’efforcer de renforcer l’effet redistributif des systèmes d’imposition et de prestations, à la fois pour assurer un impact maximum sur la consommation et pour contrer la tendance à une inégalité accrue des revenus marchands», poursuit-il.

«Certains pays en développement ont commencé à mettre en place des stabilisateurs sociaux et économiques automatiques», précise M. Somavia. «Cependant, ces systèmes n’atteignent souvent qu’une petite partie de la société, et ils laissent la plupart des travailleurs et leur famille, notamment ceux de l’économie informelle, vulnérables aux risques de maladie, d’accident ou de perte d’emploi; ils laissent aussi l’ensemble du pays vulnérable aux crises nationales et aux crises externes.»

Dans son adresse, M. Somavia se réfère également à des recherches du BIT qui montrent que «la combinaison d’une aide en espèces pour les enfants et d’une pension modestes qui pourraient constituer une enveloppe de prestations de départ pour les pays les moins avancés permettrait de réduire le nombre des pauvres d’environ 40 pour cent pour un coût qui ne s’élèverait qu’à 4 pour cent du PIB.»

«L’impact en termes de distribution ainsi que l’importance des injections issues de la politique fiscale influent sur l’efficacité de l’ensemble des politiques» insiste-t-il «La composition de ces ensembles de politiques devrait par conséquent figurer à l’ordre du jour des discussions internationales portant sur les efforts communs visant à relever les défis mondiaux que représentent les déséquilibres économiques et sociaux sous-jacents.»

M. Somavia relève quatre priorités pour les discussions internationales qui auront lieu aux réunions du FMI et de la Banque Mondiale au printemps 2008 et, plus largement, au sein du système multilatéral, à savoir: des politiques fiscales favorisant la stabilité sociale et économique, une réglementation internationale des marchés financiers, le développement d’entreprises durables et la dimension de l’emploi dans les politiques adoptées pour faire face au changement climatique.

«J’attends avec impatience les résultats des discussions internationales qui sont en cours sur la réforme des réglementations financières, et je demande instamment que l’on étudie la possibilité de créer des mesures incitatives pour favoriser l’investissement dans des entreprises productives et durables et des mesures dissuasives contre le financement d’emprunts à haut risque nantis de garanties de prêts insuffisantes» déclare M. Somavia.


Note 1 – FMI: Perspectives économiques mondiales, avril 2008.

Note 2 – Is the 2007 U.S. Sub-Prime Financial Crisis So Different? An International Historical Comparison, Carmen M. Reinhart, Université du Maryland et NBER, et Kenneth S. Rogoff, Université de Harvard et NBER (version du 5 février 2008).

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Référence: ILO/08/10

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