BRUXELLES (e-Nouvelles du BIT) - De hauts fonctionnaires gouvernementaux et de hauts responsables des organisations africaines et européennes d'employeurs et de travailleurs vont examiner les moyens de faire contribuer la migration de main-d'oeuvre à l'intégration et au développement au cours du dialogue interrégional Afrique-Europe qui se tient à Bruxelles du 4 au 6 avril 2006.
La réunion est organisée par l'Organisation internationale du Travail (OIT) et constitue l'apogée d'un programme de trois ans, soutenu par l'Union européenne, qui comprend de la recherche, des réunions régionales tripartites (gouvernements, employeurs et syndicats), la construction de partenariats interrégionaux et la discussion de questions clés telles que la protection des travailleurs migrants, les besoins des marchés du travail, la gestion des migrations de main-d'œuvre et l'anticipation des futurs mouvements et besoins migratoires.
Alors que l'Union européenne estime généralement (dans un livre vert publié l'an dernier) qu'entre 2010 et 2030, au rythme actuel des flux migratoires, la population en âge de travailler des 25 pays membres de l'UE va chuter de 20 millions, l'OIT note que 20 millions de travailleurs africains résident et travaillent à l'étranger et qu'à l'horizon 2015, un travailleur africain sur dix travaillera et résidera hors de son pays d'origine.
"Les migrations de main-d'œuvre seront clairement un enjeu majeur pour l'Europe et l'Afrique dans les prochaines années", affirme Patrick Taran, expert auprès du BIT. "Une grand part des efforts de l'OIT sont consacrés à faire des migrations de main-d'œuvre une solution gagnant-gagnant pour les pays d'origine et les pays d'accueil, comme pour les travailleurs nationaux et les immigrés", ajoute-t-il.
Le programme OIT/UE a déjà conduit à l'adoption d'une nouvelle législation dans un certain nombre de pays africains et à la création de mécanismes migratoires tripartites dans douze pays à travers le continent.
A Bruxelles, des représentants des gouvernements et des partenaires sociaux apprécient les progrès réalisés, examinent de nouvelles recherches et débattent d'options politiques relatives à une meilleure gestion des migrations de travail afin de favoriser l'intégration et le développement.
L'OIT a récemment élaboré un cadre multilatéral non contraignant pour les migrations de main-d'œuvre; il a recueilli l'approbation de l'Union européenne et d'un grand nombre de pays en développement en tant qu'outil unique pour une approche des migrations fondée sur les droits qui prenne aussi en compte les besoins du marché du travail.
Les conventions de l'OIT sur les travailleurs migrants prévoient un traitement équitable pour les travailleurs immigrés et une amélioration des voies migratoires légales comme moyen de réduire les abus souvent liés aux migrations irrégulières.
"Un grand nombre d'immigrés sont confrontés à des difficultés injustifiées et à des abus tels que des bas salaires, des conditions de travail médiocres, l'absence de protection sociale, le non-respect de la liberté syndicale et des droits des travailleurs, les discriminations et la xénophobie, ainsi que l'exclusion sociale", précise l'OIT.


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