GENÈVE (Nouvelles du BIT) - L'introduction de nouvelles technologies sera l'un des principaux facteurs de gains de productivité dans le secteur du commerce de détail, mais elle aura également un impact sur le niveau et la qualité de l'emploi affirme un nouveau rapport du BIT ( Note 1).
Le rapport a été préparé en vue des discussions de la Réunion tripartite sur les conséquences sociales et dans le domaine du travail du recours accru aux technologies les plus modernes dans le commerce de détail qui doit se tenir à Genève du 18 au 20 septembre. La réunion va étudier le rôle des nouvelles technologies du commerce de détail, en particulier l'identification par radiofréquence (RFID), dans l'évolution de l'emploi dans le commerce.
Cette technologie permet la transmission sans fil d'informations relatives au produit telles que le prix, le fabricant, la date d'expiration et le poids, via les ondes radio. La raison déterminante de la mise en place de la RFID dans la chaîne logistique est l'identification automatique et simultanée des produits au lieu d'être obligés de scanner chaque article séparément. Ce qui permet aux détaillants et à leurs fournisseurs d'améliorer productivité et compétitivité.
Parmi les autres avantages se trouve une meilleure sécurité alimentaire grâce à une capacité renforcée de tracer le bétail, d'accéder à l'information et de lutter contre les produits de contrefaçon.
Selon le rapport, seuls les très grands détaillants disposant des ressources financières suffisantes seront capables de mettre en œuvre cette technologie RFID dans un futur proche étant donné son coût très élevé. Les coûts d'infrastructure pour un gros détaillant sont estimés entre 340 et 380 millions de dollars pour une entreprise disposant d'environ huit centres de distribution et de plus d'un millier de magasins.
Alors que les coûts de la RFID sont prohibitifs pour la plupart des détaillants, sauf les plus gros, les économies potentielles sont énormes. Selon le rapport, les projections d'économies annuelles réalisables grâce à cette technologie pour le plus grand distributeur mondial, Wal-Mart, pourraient s'élever à 8,35 milliards de dollars par an avec la RFID - plus que la totalité des recettes de la moitié des sociétés figurant dans le classement Fortune 500. Wal-Mart investit environ 3 milliards de dollars sur plusieurs années dans cette nouvelle technologie.
Puisque les nouvelles technologies telles que la RFID peuvent réduire les besoins de main-d'œuvre, leur introduction s'accompagne inévitablement de craintes pour l'emploi dans les sociétés ou les industries concernées. "Cependant, la plupart des économistes soulignent le fait que les changements technologiques et la croissance de la productivité ont de tout temps été associés à la croissance plutôt qu'à un recul de l'emploi, ainsi qu'à une hausse des profits", affirme John Sendanyoye, expert auprès du BIT pour le secteur du commerce.
Le rapport précise que les ressources humaines pourront être réorientées vers des tâches à plus haute valeur ajoutée, notamment les services de conseil à la clientèle. "L'introduction de la RFID modifie l'attente vis-à-vis des employés, avec l'élimination des tâches routinières dans les entrepôts. Les mesures d'appui au personnel pendant cette transition comprennent une formation et un plan de carrière", explique M. Sendanyoye.
Selon le rapport du BIT, grâce à un dialogue social poussé et à une formation appropriée, travailleurs et employeurs peuvent obtenir des résultats bénéfiques pour tous, avec une productivité accrue, une meilleure satisfaction de la clientèle, des conditions de travail améliorées et de plus grands avantages pour les travailleurs.
Puisque le remplacement complet des codes-barres par la nouvelle technologie RFID ne sera pas achevé avant au moins quinze ans, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux auront suffisamment de temps pour examiner toutes les implications de la technologie, se mettre d'accord et concevoir des mesures qui garantissent que ses avantages dépassent de loin ses inconvénients, conclut le rapport.
Parallèlement à une discussion du rapport, la réunion tripartite de l'OIT adoptera aussi un ensemble de conclusions sur les moyens de concilier les intérêts des parties prenantes dans le contexte d'évolution de l'emploi et proposera un programme d'activités de suivi visant à faire appliquer ces conclusions.
Note 1 - Conséquences sociales et dans le domaine du travail du recours accru aux technologies les plus modernes dans le commerce de détail, rapport aux fins de discussion à la Réunion tripartite sur les conséquences sociales et dans le domaine du travail du recours accru aux technologies les plus modernes dans le commerce de détail, Bureau international du Travail, ISBN 978-92-2-218652-5, Genève, 2006. Pour commander un exemplaire, veuillez consulter www.ilo.org/publns.


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