GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Les experts désignés par les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, membres de l'OIT, ont adopté un nouveau Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon. Directives qui visent à assurer la sécurité et la santé des personnes impliquées dans une des activités les plus à risques dans le monde.
Ce nouveau recueil a été adopté samedi par les 23 experts des gouvernements, employeurs et travailleurs, après six jours de réunion. Il sera soumis à l'approbation du Conseil d'administration du BIT en novembre 2006.
Le présent recueil intègre les changements qui ont modifié les conditions de travail dans l'industrie minière depuis les vingt dernières années. L'extraction de charbon est une activité importante dans près de 50 pays, elle fournit le combustible à l'industrialisation des économies, et supporte la production d'énergie et d'acier.
Ce nouveau recueil de directives est amené à remplacer le recueil en vigueur qui avait été adopté en 1986. Il est le reflet des nombreux changements intervenus dans l'industrie minière et sa main-d'œuvre autant que dans le développement des nouveaux outils de l'OIT en matière de sécurité et santé au travail.
Le recueil propose une structure nationale qui spécifie les rôles des autorités compétentes, des employeurs, des travailleurs et de leurs organisations. Il comprend également une méthodologie pour identifier les dangers, prévenir et réduire au minimum les risques, ainsi que des dispositions spécifiques pour sécuriser les opérations d'extraction souterraines. Ces dispositions spécifiques abordent la plupart des dangers actuellement identifiés et les risques associés à l'extraction souterraine de charbon.
Le taux de croissance, sans précédent, de la production et de la consommation de charbon, notamment en Asie, témoigne de l'importance du secteur. Cette tendance est renforcée par les récentes évolutions technologiques intervenues dans l'industrie minière telles que la liquéfaction ou la gazéification et l'apparition de technologies "propres" qui contribueront à une demande accrue et durable de charbon.
Historiquement, l'extraction souterraine de charbon est une des activités les plus à risques au regard de la sécurité et la santé des travailleurs. Accusant la gravité des problèmes de sécurité et de santé dans les mines de charbon souterraines, les experts tripartites ont observé une minute de silence en hommage à la mémoire des victimes d'un accident minier en Chine, arrivé au cours des délibérations.
Des améliorations significatives en matière de sécurité et santé professionnelles dans les mines de charbon souterraines ont été réalisées grâce aux nouvelles technologies, à l'investissement de capitaux, à la formation continue et au changement d'attitude des autorités compétentes, des employeurs, des travailleurs et de leurs représentants. Néanmoins, s'il n'est pas établi un filet de sécurité, impliquant un certain nombre de contrôles et garde-fous sévères pour évaluer et contrôler les dangers, des accidents et des maladies professionnelles peuvent, et vont encore se produire.
Utilisées conjointement à la méthodologie du recueil en matière d'identification des dangers, d'évaluation des risques et des processus de contrôle, ces dispositions actualisées, et détaillées, représentent la meilleure pratique actuelle. Dans le même temps, les directives sont rédigées de façon à ne pas empêcher le développement de nouvelles technologies, de meilleures pratiques, ni l'adoption de mesures alternatives qui fournissent une protection efficace à toutes les personnes impliquées dans l'extraction souterraine de charbon.
Ainsi, il fournit des conseils pratiques importants en contrepoint des dispositions de la Convention sur la Sécurité et la Santé dans les Mines, 1995 (n° 176) et son pendant qu'est la Recommandation (n° 183).
Les recommandations des recueils de directives pratiques du BIT sont destinées à tous ceux qui ont à veiller, dans le secteur public ou privé, à la sécurité et à la santé des travailleurs face aux dangers professionnels. Elles ne visent pas à remplacer les dispositions législatives nationales ni les normes en vigueur.
Dans leurs recommandations de suivi, les experts ont souligné le besoin de diffuser et promouvoir les recommandations. De plus, tous les experts ont manifesté leur soutien au travail de l'OIT sur la sécurité et la santé au travail, une question à l'ordre du jour de la Conférence internationale du Travail en juin 2006, et appelé à aborder les questions des petites exploitations minières, de l'impact des mines sur les communautés locales et à examiner plus avant une approche globale des systèmes de santé et de sécurité.
Pour plus d'informations, veuillez vous référer à l'adresse internet suivante: www.ilo.org/public/french/dialogue/sector/techmeet/meshcm06/index.htm.


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