MADRID (Nouvelles du BIT) - Le club de football du Real Madrid et l'Organisation internationale du Travail (OIT) s'associent pour infliger un «carton rouge» à tous ceux qui sont impliqués dans les pires formes de travail des enfants - sachant que, dans le monde, un enfant sur huit, soit 180 millions, sont exploités dans des activités souvent dangereuses.
Le Real Madrid et l'OIT lanceront la campagne « Carton rouge au travail des enfants» au stade Santiago Bernabéu de Madrid le 18 décembre - Journée mondiale du football -, date à laquelle l'équipe célébrera son centième anniversaire en affrontant une sélection mondiale.
Le match sera précédé d'une cérémonie, prévue à 21h30, au cours de laquelle les joueurs entreront dans le stade accompagnés de 22 enfants vêtus de T-shirts portant le logo de la campagne et manifesteront leur soutien à la campagne de lutte contre le travail des enfants en brandissant le carton rouge conçu à cette fin.
Une vidéo de 30 secondes sur le travail des enfants, produite par le Bureau international du Travail (BIT), sera diffusée sur l'écran géant du stade au début de la cérémonie. Antena 3 TV retransmettra le spot de la campagne à la mi-temps. En tant que seul match officiel à être disputé ce jour-là dans le monde, ce match devrait bénéficier d'une large audience télévisuelle et d'une importante couverture médiatique.
Une cérémonie publique aura lieu la veille au stade Santiago Bernabéu à 12h30. A cette occasion, M. Kari Tapiola, directeur exécutif du BIT, et M. Florentino Pérez Rodríguez, Président du Real Madrid, signeront un accord de collaboration pour la campagne du Carton rouge. Cet accord a été facilité par l'Organisation internationale des employeurs (OIE) et la Confédération espagnole des organisations d'employeurs (CEOE).
Des représentants du gouvernement espagnol et des partenaires sociaux, notamment Eduardo Zaplana, ministre du Travail et des Affaires sociales, Miguel Angel Cortés, secrétaire d'Etat à la Coopération internationale et pour l'Amérique latine, José Maria Cuevas, président de la CEOE, Cándido Méndez, secrétaire général de l'Union générale des travailleurs (UGT), José María Fidalgo, secrétaire général de la Confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO), Antonio Peñalosa, Secrétaire général de l'OIE, et Joseph S. Blatter, président de la FIFA, seront présents en tant que témoins à la cérémonie.
La campagne «Carton rouge au travail des enfants»
La campagne du Carton rouge au travail des enfants a été lancée le 18 janvier 2002 à Bamako, à l'occasion d'une cérémonie présidée par le Premier ministre et le ministre de l'Intégration du Mali. Au cours de cette cérémonie, l'OIT et la Confédération africaine de football (CAF) ont signé un accord de coopération.
D'autres temps forts de la campagne sont prévus à l'occasion des manifestations suivantes: Championnat du monde des moins de 20 ans aux Emirats arabes unis (mars/avril 2003), Coupe du monde de football féminin en Chine (septembre/octobre 2003), Copa America au Pérou en 2004 et Coupe du monde de football en Allemagne en 2006.
Les faits et les chiffres
Selon le BIT, quelque 246 millions d'enfants sont astreints à un travail. Cela représente six fois la population de l'Espagne - un enfant sur six dans le monde. Ci-après quelques chiffres clés:
- Près des trois quarts des enfants qui travaillent - soit 180 millions d'enfants, un enfant sur huit - sont assujettis aux pires formes d'exploitation, c'est-à-dire sont obligés d'effectuer un travail qui est dangereux pour eux ou pour lequel ils sont trop jeunes.
- Selon les estimations, 8,4 millions d'enfants sont assujettis aux formes d'exploitation les plus abjectes telles que l'esclavage, la traite, la servitude pour dettes, la prostitution, la pornographie et autres activités illicites. Ces pratiques sont, de par leur nature même, totalement inacceptables, quelles que soient les circonstances, et doivent être bannies sans délai.
- Les enfants sont le plus souvent employés dans des exploitations agricoles ou des plantations. Quelque 70 pour cent d'entre eux travaillent dans le secteur agricole ou dans celui de la chasse, de la pêche ou de la foresterie, et les 30 pour cent restants dans le secteur manufacturier, dans le commerce de gros ou de détail, le tourisme ou en tant qu'employés de maison.
- Le nombre de garçons et de filles astreints au travail est sensiblement le même, les garçons étant à peine plus nombreux. Cinquante-cinq pour cent des enfants employés à des travaux dangereux sont des garçons.
- C'est dans la région Asie et Pacifique que l'on enregistre le plus grand nombre - 127 millions - d'enfants de 14 ans et moins assujettis à un travail.
- C'est en Afrique subsaharienne que le pourcentage d'enfants astreints à un travail est le plus élevé. Près d'un tiers des 14 ans et moins, soit 48 millions d'enfants, travaillent.
- 73 millions d'enfants assujettis à un travail ont moins de 10 ans.
- Le travail des enfants est un phénomène mondial. Aucun pays, ni aucune région n'est épargnée. Dans les pays développés, 2,5 millions d'enfants sont assujettis au travail, et environ 2 pour cent des enfants de 14 ans et moins exercent une activité économique. Dans les économies en transition, 2,5 millions d'enfants travaillent, comme par exemple dans les Etats de l'ex-Union soviétique, où environ 4 pour cent des enfants sont concernés.
Les multiples crises - catastrophes naturelles, récessions économiques brutales, pandémie du VIH/SIDA, conflits armés - aggravent cette situation. Le travail des enfants est lié à de nombreux facteurs tels que la pauvreté, le chômage et le manque de possibilités locales d'accès à l'éducation. Ces problèmes sont indissociables. Plus les parents ont la possibilité de travailler moins les enfants y sont astreints. L'équation est donc simple: «Les parents au travail, les enfants à l'école».
Beaucoup de programmes nationaux et régionaux ont été élaborés dans le cadre du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) mis en place par le BIT en 1992 avec, au départ, six pays participants et un seul gouvernement donateur (Allemagne). Les donateurs sont aujourd'hui au nombre de 26, et les activités de l'IPEC couvrent 75 pays. A cet égard, l'Espagne est un important donateur et soutient les activités de ce programme, notamment en Amérique latine. En 2001, l'OIT a lancé les premiers programmes assortis de délais pour l'élimination, en 5 à 10 ans, des pires formes de travail des enfants dans un certain nombre de pays. Les premiers programmes visent à aider quelque 100 000 enfants dans les pays suivants: Le Salvador, Népal et République-Unie de Tanzanie.


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