GENÈVE (Nouvelles du BIT) - L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Organisation internationale du Travail (OIT) partagent des valeurs fortes, essentielles. Pour officialiser ce lien naturel, Juan Somavia, Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) et Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de l'OIF - mais également ancien membre, de 1971 à 1978, de la Commission d'experts du BIT pour l'application des conventions et recommandations - ont signé, hier, au siège de l'OIT à Genève, un accord-cadre confirmant leur volonté de développer leurs relations institutionnelles et leurs actions conjointes au bénéfice de la cinquantaine de pays membres, communs aux deux organisations.
«Cet accord va contribuer à la réalisation d'objectifs communs à l'OIF et à l'OIT, surtout dans les domaines du travail et de la protection des droits de l'homme et des travailleurs», explique le secrétaire général de l'OIF. Ce document stipule en effet que les deux organisations vont veiller ensemble à la promotion de la dimension sociale de la mondialisation, au respect des principes et droits fondamentaux au travail et à l'application des normes internationales du travail. Un autre chapitre est consacré à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, à la défense de la diversité des cultures et des langues, en veillant particulièrement au statut international du français.
«L'OIF défend autre chose que la langue française», intervient Juan Somavia. «Cette organisation défend, avant toute chose, le droit de pouvoir s'exprimer dans sa propre langue», ajoute-t-il. «En fait, les valeurs défendues par l'OIF sont au cœur des préoccupations de l'OIT, au cœur du débat sur la dimension sociale de la globalisation, car il n'y aura pas de mondialisation juste et équitable sans un profond respect de l'identité culturelle de chacun». Le respect de l'identité culturelle serait-il, dès lors, un passage obligé de la mondialisation?
«C'est pour moi une évidence, renchérit Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de l'OIF. Si la mondialisation continue au même rythme, dans dix à quinze ans, la culture restera le dernier bastion qui permettra aux Etats de garder leurs spécificités», explique-t-il. «C'est dans l'intérêt de la communauté internationale d'avoir cette diversité culturelle, car si nous ne parvenons pas à démocratiser la mondialisation, la mondialisation va dénaturer la démocratie, et cette démocratisation passe, entre autres, par la défense et le maintien de cette diversité culturelle. A mes yeux, le plurilinguisme est à la mondialisation ce que le multipartisme est à la démocratie: indispensable», martèle-t-il.
Ce credo, commun à l'OIT et à l'OIF, constitue la pierre angulaire sur laquelle vient s'appuyer cet accord. Ce dernier prévoit notamment le renforcement de la coopération dans les domaines de la formation professionnelle, l'insertion des jeunes dans la vie active et l'apprentissage des technologies de l'information et de la communication.
«J'espère que nous allons éviter de sombrer dans la pactomanie», commente Boutros Boutros-Ghali qui, en diplomate expérimenté, connaît bien ce danger. «Cet accord doit être suivi d'actes», poursuit-il. «C'est surtout dans le domaine de la formation - que ce soit de syndicalistes ou d'universitaires - que nous pourrions le plus renforcer la collaboration entre nos deux organisations», poursuit-il. «Le besoin de formation est particulièrement pressant dans les pays du tiers-monde qui représentent la moitié de nos Etats membres».
Depuis juillet 2001, les deux organisations travaillent déjà très concrètement ensemble sur un programme technique, portant sur l'échange d'experts francophones. Ainsi, dès ce mois de mars, une jeune experte sénégalaise va rejoindre le Centre international de formation de l'OIT à Turin et, en avril, ce sera au tour d'une jeune experte togolaise d'officier dans les bureaux du BIT à Yaoundé (Cameroun).
La signature de ce nouvel accord renforce cet engagement de l'OIT et de l'OIF en faveur du développement économique et social, des droits de l'homme et de la diversité culturelle. A cet égard, la dimension internationale et francophone de Genève offrait un cadre tout indiqué à la signature de cet accord.
Contacts presse:
- Anissa Barrak, chef du service de communication pour la Francophonie Télécopie: 331/44.37.32.73 E-mail: com@francophonie.org
- Julie Tilman, attachée de presse du Secrétaire général de l'OIF Téléphone: 331/44.11.12.68. Télécopie: 331/44.11.12.81 E-mail: julie.tilman@francophonie.org
- François Charlier, attaché de presse du BIT Téléphone: 4122/799.85.06. Télécopie: 4122/799.85.77 E-mail: charlier@ilo.org


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