GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Sur une toile de fond assombrie par la préoccupation issue du lien qui existe entre la sécurité et le développement économique dans le monde, la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation commence ses travaux au Bureau international du Travail (BIT), les 25 et 26 mars, afin d'ébaucher un projet visant à réduire les injustices dans le système économique mondial.
Composée de 25 membres, elle a été lancée par l'Organisation internationale du Travail (OIT) le mois dernier, et elle est coprésidée par la Présidente de la Finlande, M me Tarja Halonen et le Président de la Tanzanie, M. Benjamin Mkapa. Elle tentera d'orienter le processus de mondialisation vers la promotion de la croissance et la réduction de la pauvreté.
Selon les coprésidents, la commission «a été créée pour répondre aux besoins de tous ceux qui s'efforcent de faire face aux changements sans précédent que la mondialisation apporte à la vie quotidienne et à la configuration des sociétés nationales partout dans le monde».
Ils estiment que la commission «offre un espace de transition de l'affrontement au dialogue; une possibilité d'analyser les faits et les perceptions; une chance de rechercher le consensus préalable à l'action».
Le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), M. Juan Somavia, membre d'office de la commission, a affirmé dans son discours d'ouverture que «la mondialisation a soulevé des aspirations et multiplié les possibilités de prospérité et de développement. En même temps, l'intégration accrue des économies est allée de pair avec des inégalités grandissantes».
Selon M. Somavia, les récentes conférences économiques et sociales de haut niveau, qui se sont tenues à New York, à Porto Alegre et à Monterrey, ont envoyé un message clair: «Les possibilités qu'offre la mondialisation doivent être mieux réparties et utilisées d'une manière plus efficace pour traiter le problème croissant de l'insécurité, de l'injustice et de l'exclusion. Les syndicats, les citoyens et de plus en plus de dirigeants financiers éclairés dans le monde l'ont affirmé: nous ne pouvons ignorer plus longtemps la dimension sociale de la mondialisation».
La première réunion de la commission ouvrira le débat sur l'identification des principaux moyens de rendre la mondialisation durable et de promouvoir le partage équitable de ses bénéfices. La commission a prévu une série de réunions au cours de l'année prochaine, après quoi elle soumettra un rapport final au Directeur général du BIT.
La composition de la commission s'est achevée la semaine dernière avec la confirmation de la participation de la vice-premier ministre de la Fédération de Russie, M me Valentina Matvienko et du célèbre homme d'affaires japonais, Taizo Nishimuro, président-directeur général de Toshiba Corporation.
Les autres membres viennent de toutes les régions du monde. Il s'agit notamment de Eveline Herfkens, ministre de la Coopération pour le développement aux Pays-Bas; de l'ancien premier ministre italien, Giuliano Amato; de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'Economie (2001); de Julio Maria Sanguinetti, ancien président de l'Uruguay; de Ruth C.L. Cardoso, première dame du Brésil et présidente du Conseil de la solidarité communautaire de son pays; de Ann McLaughlin Korologos, vice-présidente de Rand Corporation et ancienne ministre du Travail des Etats-Unis; de Surin Pitsuwan, ancien ministre des Affaires étrangères de Thaïlande; de Deepak Nayyar, vice-chancelier de l'Université de Delhi et ancien conseiller économiste principal du gouvernement de l'Inde; de Hernando de Soto, auteur et président de l'Institut pour la liberté et la démocratie au Pérou; de John Sweeney, président de l'AFL-CIO; de François Perigot, président de l'Organisation internationale des employeurs et ancien président et président-directeur général de Unilever, France; de Heba Handousa d'Egypte, directrice du Forum de la recherche économique pour les pays arabes, l'Iran et la Turquie; de Lu Mai, secrétaire général du Centre chinois de recherche et de développement du Conseil d'Etat; de Victoria Tauli-Corpuz des Philippines, présidente-rapporteur du conseil d'administration du Fonds de contributions des Nations Unies pour les populations indigènes; de Aminata D. Traore du Mali, auteur et coordinateur du Forum social africain; de Ernst Ulrich von Weizaecker, scientifique et parlementaire allemand; et de Zwelinzima Vavi, secrétaire général du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU).
Parmi les membres d'office, outre M. Somavia, on peut citer le Président du Conseil d'administration du BIT, Alain Ludovic Tou; le président du groupe des travailleurs, Lord Bill Brett, et le président du groupe des employeurs, Daniel Funes de Rioja.
La constitution de la commission mondiale a fait l'objet d'une approbation sans réserve du Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui s'est dit convaincu que cette commission «jouerait un rôle important dans l'avènement d'un consensus sur les réalités de la mondialisation et la recherche de solutions pour la rendre profitable à tous».
Dans un discours au Conseil d'administration du BIT prononcé le 18 mars, le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Mike Moore, a réaffirmé l'engagement de l'OMC à l'égard du respect des normes du travail reconnues sur le plan international et sa conviction que l'OIT est l'organe compétent pour traiter de ces normes. Il a précisé «qu'il se réjouissait de pouvoir prendre part à cette importante extension du débat sur la mondialisation, et de contribuer aux travaux de la commission».
Dans un commentaire distinct, le commissaire européen, Pascal Lamy, a exprimé son soutien à cette commission expliquant qu'elle aiderait la communauté internationale à «comprendre l'interface complexe entre la mondialisation, la libéralisation du commerce et le développement social… Nous serons alors mieux équipés pour orienter la mondialisation, et maximiser les profits économiques et sociaux de la mondialisation et du commerce.»
Note aux correspondants:
Une séance de photos est prévue lors du début des travaux de la commission le lundi 25 mars dans la salle VII. Les correspondants et les photographes intéressés doivent être dans le bâtiment du BIT avant 9 h 30. Les journalistes auront l'occasion de parler aux membres de la commission pendant une pause-café qui aura lieu entre 9 h 45 et 10 h 15.
Pour de plus amples informations, prière de s'adresser à:
Michael Keats, Département de la communication du BIT
Tél.: +4122/799-6690
Fax: +4122/799-8577
E-mail: keats@ilo.org


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