GENÈVE (Nouvelles du BIT) - L'Organisation internationale du Travail (OIT) estime que le secteur de l'aviation civile mettra «des années» à recouvrer le niveau d'activité qui était le sien avant le mois de septembre. Pour remettre sur pied cette industrie mise à mal par les événements du 11 septembre, l'OIT propose une série de mesures opérationnelles.
«Les événements du 11 septembre constituent une crise en rien comparable à ce qu'a pu connaître cette industrie jusqu'à ce jour», a estimé le groupe qui, pendant deux jours et dans les locaux du Bureau international du Travail (BIT), a réfléchi à la réponse à apporter à ce défi sans précédent. Ce groupe réunissait des experts indépendants, des industriels, des représentants des syndicats et des compagnies aériennes.
«Ces événements ont eu un impact singulier, sans précédent, avec des conséquences immédiates et dévastatrices sur tous les secteurs de l'industrie, engendrant des répercussions imprévisibles sur le plan économique et social», a déclaré Jean-Jacques Elmiger, haut fonctionnaire auprès du Secrétariat d'Etat aux affaires économiques de la Confédération helvétique et qui, pendant deux jours, a présidé les travaux de ce groupe de réflexion. «On s'attend à ce que l'industrie mette des années à retrouver le niveau d'activité qui était le sien avant le 11 septembre».
L'industrie du transport aérien emploie près de quatre millions de personnes à travers le monde. Deux cent mille d'entre eux ont déjà perdu leur emploi ou vont le perdre dans un avenir très proche. Depuis le 11 septembre, l'industrie a dû se remettre en cause dans presque toutes ses composantes, que ce soit en terme d'emploi, de salaires, de mesures de sécurité au sol et dans les avions, d'investissements et même de partenariats ou d'alliances entre compagnies aériennes, estime le BIT.
Malgré ce tableau guère réjouissant, les participants à cette réunion se sont mis d'accord pour proposer une série de mesures opérationnelles pour combattre la crise:
- Modifier les contraintes économiques ou réglementaires qui, par leur rigidité, pourraient empêcher la mise en œuvre de solutions qui visent à sortir le secteur de la crise. Il faut savoir, en effet, que l'aviation civile est l'une des industries les plus réglementées au monde. Que la compagnie aérienne appartienne à l'Etat, au secteur privé ou à une combinaison des deux, la crise a relancé la réflexion sur la notion de service public et sur la réglementation du transport aérien.
- Mettre l'accent sur le facteur humain car, en matière de sécurité, seuls des employés motivés et bien formés peuvent assurer une professionnalisation de la sécurité des aéroports, ce qui à son tour, permettra de regagner la confiance des passagers. Des cycles de formation continue en matière de licences, de certifications sont, à cet égard, primordiaux.
- Investir dans le secteur de manière globale, mais plus particulièrement dans la recherche de nouvelles technologies en matière de sécurité afin, d'une part, d'améliorer la sécurité et, d'autre part, de générer de nouvelles possibilités d'emplois.
- Gouvernements, employeurs et travailleurs doivent agir immédiatement pour atténuer les effets négatifs sur l'emploi, les salaires et l'évasion des compétences. Les femmes et les minorités ethniques sont affectées de manière disproportionnée par les effets de la crise sur le marché de l'emploi. Les parties doivent échanger les expériences quand ces dernières se sont avérées innovantes et efficaces pour combattre la crise.
- Dans le respect de leurs mandats respectifs, les organisations internationales doivent veiller à aborder les effets de la crise à moyen et à long terme de manière cohérente et concertée.
Toutes ces mesures seront discutées plus en détail lors de la prochaine Réunion tripartite sur la restructuration de l'aviation civile qui se tiendra au BIT du 21 au 25 janvier 2002 et qui abordera «les conséquences en matière sociale et de sécurité de la crise consécutive aux événements du 11 septembre».


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