GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Après deux jours de discussions au Bureau international du Travail (BIT), les représentants gouvernementaux, patronaux et syndicaux de l'industrie hôtelière et touristique se sont mis d'accord sur une liste de mesures qui doivent permettre de surmonter la crise à laquelle ce secteur fait face depuis le 11 septembre.
Les participants ont mis l'accent sur la coopération, pas sur la confrontation. Tous ont reconnu l'importance de l'industrie touristique pour l'économie mondiale et locale de même que la nécessité de prendre des mesures complémentaires pour renforcer le filet de protection sociale existant.
Jean-Jacques Elmiger, haut fonctionnaire auprès du Secrétariat d'Etat aux affaires économiques de la Confédération helvétique et président de ce comité informel, a déclaré «qu'une solution uniforme du style 'prêt-à-porter' n'est pas envisageable, mais qu'il faut plutôt creuser du côté des solutions locales créatives».
Selon lui toujours, bien qu'aucune donnée officielle n'existe à ce jour, les informations en provenance de l'industrie indiquent très clairement que l'impact sur l'emploi et le niveau d'activité est «préoccupant et potentiellement catastrophique».
L'industrie du tourisme emploie 207 millions de personnes de par le monde, soit 8 pour cent de la masse salariale mondiale. Les pertes d'emplois au niveau mondial pourraient atteindre les 8,8 millions. Dans certains pays comme aux Etats-Unis, c'est quasiment la moitié des emplois du secteur de l'hôtellerie et du tourisme qui sont en jeu.
Au cours de cette réunion, les partenaires sociaux se sont mis d'accord pour demander aux gouvernements d'agir sur les points suivants:
- Faciliter l'accès du plus grand nombre aux métiers du tourisme et plus spécialement à ceux qui ne disposent que de faibles revenus.
- Suspendre ou revoir à la baisse toutes les taxes qui frappent spécifiquement l'industrie touristique, du moins pendant la période de crise.
- Prendre des mesures temporaires de réductions des coûts en accord avec les organisations syndicales et patronales.
- Pour sauvegarder l'emploi et comme alternative aux indemnités de chômage, mettre en place des programmes de formation et d'éducation.
- Entreprendre des démarches auprès des organisations financières internationales compétentes - la Banque mondiale et le Fonds monétaire international - pour qu'elles mettent à la disposition des Etats - dont les budgets de fonctionnement ne leur permettent pas de financer les mesures d'urgence - les capitaux nécessaires et ce, à des conditions favorables.
Les organisations syndicales et patronales doivent, de leur côté, se mettre d'accord pour s'engager à rechercher les mesures qui, d'une part, permettent d'éviter ou limiter les pertes d'emplois et qui, d'autre part, chaque fois que c'est possible, réintègrent en priorité les travailleurs ayant temporairement perdu leur emploi à cause de la crise.
Les participants à cette réunion ont demandé au BIT d'adapter au goût du jour les programmes de formation - et plus particulièrement ceux destinés aux petites et moyennes entreprises du secteur de l'hôtellerie et du tourisme - afin qu'ils puissent répondre à la crise.


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