L'OIT tient un symposium régional tripartite de haut niveau sur le dialogue social
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L'OIT tient un symposium régional tripartite de haut niveau sur le dialogue social

ADDIS ABEBA (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail, basé à Genève, organise un symposium qui réunira les représentants des gouvernements, des organisations d'employeurs et des syndicats d'une vingtaine de pays africains dans le but de promouvoir le rôle du dialogue social dans le processus de développement.

Communiqué de presse | 20 octobre 1999

ADDIS ABEBA (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail, basé à Genève, organise un symposium qui réunira les représentants des gouvernements, des organisations d'employeurs et des syndicats d'une vingtaine de pays africains dans le but de promouvoir le rôle du dialogue social dans le processus de développement.

Cette réunion, qui se tiendra à Addis Abeba du 20 au 22 octobre prochain, devrait attirer l'attention de décideurs de premier ordre, notamment sept ministres du travail, sur les différentes façons de promouvoir le dialogue social afin d'améliorer les perspectives économiques des pays de la région, tout en favorisant la démocratie et la justice sociale. C'est Son Excellence le Dr. Negaso Gidada, Président de la République fédérale d'Ethiopie, qui ouvrira officiellement ce symposium dans le Centre de conférences des Nations Unies.

Les débats porteront sur les différentes méthodes permettant, d'une part, d'améliorer le dialogue social entre les pays de la région et au sein de chacun d'entre eux et, d'autre part, de tenir compte dans la formulation des politiques sociales et économiques des groupes particulièrement défavorisés tels que les femmes, les migrants, les handicapés et les travailleurs des secteurs informel et agricole.

Comme le fait remarquer M me Katherine Hagen, Directrice exécutive du BIT pour le dialogue social et chef de la délégation, vu la situation actuelle qui prévaut dans tout le continent, caractérisée à la fois par de profonds bouleversements technologiques à l'échelon international, une situation économique défavorable et une rapide évolution des mentalités, il est impératif que "les partenaires sociaux des pays africains renforcent le dialogue social, afin de promouvoir des systèmes de relations professionnelles solides qui tiennent compte tout particulièrement des groupes sociaux vulnérables".

Dans les sociétés africaines, a-t-elle ajouté, les changements, notamment ceux dérivés des programmes d'ajustement structurel, ont engendré un sentiment d'incertitude. Dans le passé, ces changements étaient souvent imposés aux gouvernements contre leur gré, sans qu'ils n'aient la possibilité, à travers un processus de dialogue social, de consulter les groupes sociaux affectés par les nouvelles mesures. Or il est de plus en plus évident que, même s'ils visent les meilleurs objectifs, ces changements sont tout simplement impossibles à mettre en œuvre "tant qu'ils ne sont pas accompagnés par un processus de dialogue social qui permette de partager équitablement les bénéfices et les sacrifices qu'ils entraînent".

La représentante du BIT a ajouté: "C'est surtout l'insécurité de l'emploi qui s'est considérablement aggravée, alors que les systèmes traditionnels de protection sociale se désagrègent progressivement. Or si l'on veut éviter de telles distorsions d'une politique économique et sociale par ailleurs raisonnable et humaine, il faut faire participer les partenaires sociaux".

Ce symposium sera réalisé en collaboration avec l'Organisation de l'unité africaine (OUA), la Confédération panafricaine d'employeurs (CPE), l'Organisation de l'unité syndicale africaine (OUSA) et le BIT. Selon un document de référence préparé en vue de cette réunion, dans les sociétés qui connaissent une évolution rapide, on trouve de plus en plus d'institutions chargées du dialogue social sous forme d'organes permanents, consultatifs et généralement tripartites. Parmi les institutions de ce type créées récemment en Afrique, le BIT mentionne le Conseil national de développement économique et de la main-d'œuvre (NEDLAC) d'Afrique du Sud, qu'il considère comme "l'institution nationale la plus complète au service du dialogue social" dans toute la région.

Créé par loi en 1994, le NEDLAC est constitué de représentants des organisations d'employeurs, des syndicats, de l'Etat, de groupes communautaires et d'associations chargées du développement. Tout en offrant un cadre diversifié pour le dialogue social relatif aux politiques nationales en matière sociale et économique, "le NEDLAC a réussi à encourager la création d'une agence destinée à promouvoir les investissements et à exercer un rôle consultatif lors de l'adoption de certaines lois".

Le rapport du BIT mentionne également plusieurs autres institutions nationales qui ont contribué de façon significative au dialogue social dans la région, notamment le High-level Advisory Council (Conseil consultatif de haut niveau) en Egypte, le National Labour Advisory Committee (Comité consultatif national pour les questions du travail) au Ghana, le National Joint Consultative Council (Conseil consultatif paritaire national) au Kenya et le National Labour Advisory Board (Bureau consultatif national du travail) au Nigéria, au Malawi et en Tanzanie.

Cependant, le rapport du BIT signale que différents obstacles entravent le bon fonctionnement du dialogue social en Afrique, notamment la grande divergence entre le texte des mesures normatives et leur application dans la pratique. D'autre part, l'application des accords collectifs déterminant les salaires et les conditions de travail est limitée par: a) le sous-développement économique qui réduit les possibilités d'amélioration des conditions de travail ; b) la prédominance du secteur public, puisque c'est l'Etat qui fixe les conditions d'emploi par décret; et c) les restrictions portant sur les augmentations de salaire imposées par les plans de développement économique et les prescriptions des institutions de Bretton Woods, qui limitent la marge de manœuvre lors des négociations salariales, d'autant plus que les syndicats sont faibles, notamment au niveau de l'entreprise. D'autres types de dispositions institutionnelles destinées à des besoins plus spécifiques, comme la formation professionnelle en matière de sécurité et de santé au travail, se heurtent à des difficultés analogues.

Bien que des organes tripartites fonctionnent dans tous les pays africains, ils n'ont souvent qu'un rôle consultatif lors de la prise de décisions concernant des questions importantes ou délicates. De plus, l'influence des gouvernements tend à prédominer et, dans certains cas, ce sont eux, et non les organisations correspondantes, qui nomment directement les représentants des travailleurs et des employeurs. En outre, dans de nombreux pays, les ressources humaines et financières dont dispose l'administration du travail pour mettre en œuvre les politiques du travail sont nettement inférieures aux besoins.

Cette réunion du BIT a pour but de montrer à quel point il est important de créer et de maintenir différents forums permanents destinés au dialogue social et combien il est nécessaire de renforcer les partenaires sociaux et d'autres organisations civiques démocratiques pour qu'ils exercent un rôle effectif et responsable dans la société. Tous ces efforts doivent être déployés à l'échelon national, mais, et c'est là un aspect capital, un certain nombre d'initiatives importantes peuvent aussi être entreprises pour rassembler les pays au niveau sous-régional et régional - et même au niveau international lorsqu'il s'agit d'engager un dialogue social sur des questions qui concernent l'ensemble de la communauté internationale.

Selon l'Organisation internationale du Travail, qui compte 174 Etats Membres, la détermination des gouvernements africains à renforcer le dialogue social dans leur pays est confirmée par le nombre croissant de ratifications des conventions de l'OIT, notamment la Convention n°144 sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail, que vingt-deux pays africains ont ratifiée.

Unité responsable: Communication et information au public

Référence: BIT/99/33

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