GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail (BIT) et l'Union interparlementaire (UIP) ont conclu aujourd'hui un accord destiné à renforcer la coopération entre les deux organisations au moyen de mesures concrètes visant à promouvoir la justice sociale, les principes démocratiques et les droits de l'homme.
Selon les termes de cet accord, signé par le Directeur général du BIT, M. Juan Somavia, d'une part, par M. Miguel Angel Martínez, Président du Conseil interparlementaire, d'autre part, et par le Secrétaire général de l'UIP, M. Anders B. Johnsson, les deux organisations ont convenu d'œuvrer en faveur de la promotion de la ratification et de l'application des instruments juridiques internationaux adoptés par la Conférence internationale du Travail organisée chaque année par le BIT, notamment la Déclaration sur les principes et droits fondamentaux du travail, qui a été approuvée par la Conférence l'année dernière. *
«L'Union interparlementaire contribue à garantir que les lois demeurent des instruments modernes et dynamiques qui conduisent à des changements positifs en répondant aux nouveaux besoins sociaux des individus», a déclaré M. Somavia. «En termes politiques, cet accord nous offre un plus large accès à des milliers de parlementaires et à des millions de votes exprimés librement, afin d'aller de l'avant dans la poursuite de la justice sociale, d'améliorer la protection des travailleurs et les conditions de travail, et de promouvoir les principes démocratiques.»
M. Johnsson a déclaré: «A l'heure de la globalisation, les Parlements nationaux peuvent, par le truchement de l'Union interparlementaire, réaffirmer l'universalité des normes en matière de politique sociale.» Il a ajouté que comme le souligne l'article IV de cet Accord de coopération, «la promotion et la mise en œuvre des principes et des droits rappelés dans la Déclaration de l'OIT relative aux principes des droits fondamentaux au travail (...) [sont un] facteur essentiel de la démocratie parlementaire et du développement».
Cet accord est destiné à soutenir les actions conjointes que les deux organisations entreprendront dans le futur, afin de promouvoir la prise en compte par les législateurs de toute une série de Conventions et Recommandations de l'OIT portant sur des questions telles que l'abolition du travail des enfants, la liberté syndicale et le droit des travailleurs à la négociation collective ou encore l'élimination de la discrimination et de toutes les formes de travail forcé ou coercitif. Cet accord permettra également de tisser de nouveaux liens entre les deux organisations au moyen des consultations et de l'échange d'information, ainsi qu'à travers la représentation mutuelle aux réunions et conférences.
L'OIT, créée en 1919, est une organisation tripartite qui représente les gouvernements, les employeurs et les travailleurs de ses 174 Etats Membres en vue d'améliorer la protection sociale et les conditions de vie et de travail dans le monde entier. Le Bureau international du Travail, dont le siège est à Genève, est le Secrétariat permanent de l'Organisation.
L'UIP, fondée en 1889, est l'organisation mondiale des parlements des Etats souverains. L'UIP regroupe les représentants de 138 parlements en vue d'étudier les questions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles de dimension internationale; elle œuvre également pour la paix et la coopération entre les peuples, ainsi qu'en faveur de l'instauration durable de démocraties représentatives.
* En 1998, la Conférence internationale du Travail a adopté une Déclaration solennelle sur les principes et droits fondamentaux du travail, qui réaffirme l'engagement de la communauté internationale à «respecter, promouvoir et appliquer de bonne foi» les droits des travailleurs et des employeurs à la liberté d'association et le droit effectif à la négociation collective, et à œuvrer en faveur de l'élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, l'abolition effective du travail des enfants et la suppression de la discrimination au niveau de l'emploi. La Déclaration souligne que tous les Etats Membres de l'OIT ont l'obligation de respecter les principes fondamentaux qu'elle contient, même s'ils n'ont pas ratifié les conventions correspondantes.


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