GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le 28 avril, des travailleurs, des employeurs, des gouvernements et des ministères de la Santé et de la Sécurité, en collaboration avec l'Organisation internationale du travail (OIT), vont célébrer partout dans de monde la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail, afin d'attirer l'attention sur la nécessité d'une nouvelle "culture de la sécurité" qui devrait permettre d'empêcher les accidents et les maladies du travail, responsables chaque jour de la mort de 6 000 personnes, ou du moins d'en limiter le nombre ( Note 1).
D'Addis Abeba au Zimbabwe, de Bhopal à la Belgique, l'OIT et ses partenaires ont organisé un vaste éventail de manifestations: cérémonies dédiées à la mémoire des travailleurs ayant perdu la vie ou la santé en raison d'accidents du travail, colloques, défilés et tables rondes. Leur objectif commun sera de promouvoir la "culture de la sécurité" préconisée l'an dernier par la Conférence internationale du Travail.
L'OIT célèbre la Journée mondiale afin de rappeler l'importance de la prévention des accidents et des maladies sur le lieu de travail. Les deux grandes forces traditionnelles de l'Organisation, le tripartisme et le dialogue social, sont mises au service de cette manifestation, qui réunit les travailleurs, les employeurs et les gouvernements dans le but de sensibiliser davantage l'opinion aux questions touchant la santé et la sécurité au travail.
"Promouvoir une culture de la sécurité est le thème de la Journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail de cette année", a déclaré Tarja Halonen, présidente de la Finlande, dans un message préparé pour cette occasion. "Gouvernements, employeurs et travailleurs ont un intérêt commun à créer des lieux de travail plus sûrs et salubres, ce qui offre des bases solides à un dialogue social et à un consensus durables."
Juan Somavia, Directeur général du BIT, s'exprime quant à lui en ces termes: "Une culture de la sécurité ne peut se développer et prospérer que si elle est soutenue par le partenariat et le dialogue. Les gouvernements, les employeurs et les travailleurs doivent, dans le cadre des droits, des responsabilités et des tâches qui leur incombent, trouver un terrain d'entente et créer des lieux de travail sains et sûrs. Je suis convaincu qu'il s'agit d'un des domaines qui, dans le monde du travail, offre le plus de chances de parvenir à un véritable consensus."
Un anniversaire empreint de solennité
La célébration de cette année coincide avec le 20e anniversaire de l'une des pires catastrophes chimiques de tous les temps - en 1984, à Bhopal (Inde), l'explosion de l'usine de pesticides d'Union Carbide tue 2 500 personnes, fait en quelques heures plus de 200 000 blessés, et occasionne, par la suite, 20 000 victimes supplémentaires. Dans un rapport spécial intitulé "Travail sans risques et culture de la sécurité", le BIT observe que, même si la vive émotion suscitée par la catastrophe de Bhopal a renforcé la vigilance à l'égard des dangers des accidents industriels, le risque de survenue de catastrophes reste bien réel et nécessite la prise de mesures d'envergure ( Note 2).
Chaque année, des substances dangereuses entraînent la mort de 400 000 personnes; comme le fait remarquer le BIT, ce chiffre ne représente qu'une partie du nombre annuel d'accidents mortels du travail (environ 2 millions) et de cas de maladies professionnelles (environ 160 millions). Ce terrible tribut montre qu'il est nécessaire de renforcer la prévention des risques en s 'appuyant sur les conventions de l'OIT et sur des mesures de sécurité concrètes, première étape de la mise en place, à l'échelle mondiale, d'une véritable "culture de la sécurité".
Pour Jukka Takala, principal spécialiste de la sécurité du travail du BIT, "l'expérience montre qu'une culture de la sécurité profite aussi bien aux travailleurs et aux employeurs qu'aux pouvoirs publics. Diverses techniques de prévention se sont révélées efficaces, en permettant à la fois d'éviter les accidents du travail et d'améliorer les résultats de l'entreprise. Les normes de sécurité élevées en vigueur aujourd'hui dans certains pays sont le résultat direct des politiques à long terme qui favorisent le dialogue social, la négociation collective entre les syndicats et les employeurs, ainsi qu'une législation en matière de santé et de sécurité efficace, étayée par des services d'inspection du travail ayant les moyens de leur action.
Note 2 - Travail sans risques et culture de la sécurité, le rapport du BIT pour la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, 2004.


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