Journée internationale de la Femme 2007 - Le nectar du succès des femmes tadjikes: Quand le miel se transforme en ingrédient du développement économique
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Journée internationale de la Femme 2007 - Le nectar du succès des femmes tadjikes: Quand le miel se transforme en ingrédient du développement économique

Le miel peut soigner des maladies, faire tomber la fièvre, développer les capacités intellectuelles et favoriser la lactation des vaches... Ne pourrait-il pas contribuer également au développement local et à l'autonomisation des femmes? C'est ce qui se passe au Tadjikistan où le miel est devenu un puissant outil de développement. Olga Bogdanova du Bureau de l'OIT à Moscou rapporte comment le miel a adouci les perspectives de développement local et apporté de ce fait une certaine autonomie à un grand nombre de femmes et de migrants.

Article | 2 mars 2007

TAVILDARA, Tadjikistan (BIT en ligne) - Bozorgul, une veuve de 43 ans, mère de cinq enfants, vit dans le district de Tavildara, au pied du Pamir, une chaîne de montagnes belles et fascinantes également connue sous le nom de "toit du monde".

Mais ici ce n'est pas toujours le paradis pour la population locale. Depuis que son mari a été tué pendant la guerre civile, Bozorgul vit avec ses enfants dans la famille de son frère. Il y a cinq ans, son frère, seul membre de la famille à gagner sa vie, est parti travailler en Russie. "Au début, il nous envoyait de l'argent à la maison mais, maintenant, ça fait longtemps que nous n'avons plus de nouvelles... nous ne savons même pas s'il est toujours en vie", s'inquiète Bozorgul.

Ce récit est révélateur du Tadjikistan d'aujourd'hui où ils sont près d'un million, des hommes pour la plupart, sur sept millions d'habitants, à travailler de façon permanente ou temporaire à l'étranger. Dans des régions telles que Tavildara qui connaissent une forte émigration de la main-d'oeuvre, les femmes doivent coûte que coûte trouver un moyen de subsistance, en particulier lorsque leur mari ou les hommes de leur famille travaillant à l'étranger ne parviennent pas à envoyer de l'argent à la maison.

Bien que le nombre d'hommes au chômage augmente et qu'une majorité d'entre eux s'expatrient, la société traditionnelle tadjike n'est pas encore prête à reconnaître aux femmes le droit d'être propriétaires fonciers dans le Pamir. Elles rencontrent d'énormes difficultés lorsqu'elles veulent acheter des terres, du matériel agricole et des moyens de transport dans la mesure où elles manquent de liquidités et n'ont pas ou peu accès au crédit.

Mais il existe déjà de nombreux exemples encourageants de femmes tadjikes qui surmontent ces difficultés et développent des stratégies de survie efficaces. En zone rurale, de plus en plus de femmes essaient d'acquérir des terres et de monter des exploitations agricoles.

"A Tavildara, tout le monde connaît les deux premières femmes qui ont reçu une formation au service local de l'emploi et ont réussi dans l'agriculture", raconte Bozorgul.

Le "projet Miel"

Bozorgul devait faire quelque chose pour nourrir ses enfants et s'était promis de ne pas rater la prochaine occasion qui se présenterait. C'est pourquoi lorsqu'un centre d'aide aux apiculteurs s'est ouvert à Tavildara, elle fut la première à s'inscrire pour la formation.

Le centre a été créé avec le soutien plein et entier du gouvernement local (Khukumat) dans le cadre d'un projet financé par l'OIT-Finlande visant à minimiser les conséquences sociales des migrations de main-d'oeuvre pour les familles des migrants grâce au développement économique local et à la création d'emplois. Le centre dispense des formations de base et avancées pour les apiculteurs qui suivent le programme "Gérez mieux votre entreprise" (GERME) et le programme pour "l'amélioration du travail dans le cadre du développement local" (WIND). Il comprend une boutique qui vend tout le matériel nécessaire pour les apiculteurs à des prix raisonnables, une menuiserie pour la construction et la réparation des ruches et un service sanitaire pour veiller à la santé des abeilles.

Lorsqu'on lui demande pourquoi l'apiculture et le district de Tavildara ont été choisis pour mener ce programme, le coordinateur du projet Jamsheed Kuddusov déclare qu'il s'agissait d'une décision mûrement réfléchie du gouvernement tadjik, ainsi que des syndicats et du patronat du pays.

"La décision était fondée sur les résultats d'une étude préliminaire sur les effets des migrations de main-d'oeuvre pour les familles des migrants", précise-t-il. "Suite à une proposition du ministre du Travail et de la Protection sociale, Tavildara a été choisi par les partenaires comme district pilote parce qu'on y compte au moins un travailleur émigré dans chaque foyer et qu'il n'y a pas d'industrie dans la région..."

Selon M. Kuddusov, l'apiculture est une activité traditionnelle et bénéficiaire: "Le miel de Tavildara, pur et délicieux, est connu dans tout le pays. Le fait que l'apiculture soit une activité accessible aux femmes autant qu'aux hommes a été pris en compte. Qui plus est, les conditions naturelles et climatiques du district sont favorables à l'apiculture", déclare-t-il.

Le projet de l'OIT vise à atteindre les femmes - celles qui ont un foyer à charge et les femmes qui ont perdu le contact avec leur mari expatrié. On envisage également d'identifier des partenaires pour procurer des micro-crédits aux femmes chefs d'entreprise.

"Le 'projet miel' comme on l'appelle familièrement, est unique en un sens. Il combine de bonnes pratiques au niveau du développement local, les programmes GERME, WIND et d'autres programmes du BIT dans un processus innovant de promotion du travail décent et du développement économique pour les familles d'émigrés", déclare Werner Konrad Blenk, Directeur sous-régional de l'OIT pour l'Europe de l'Est et l'Asie centrale. "C'est aussi un cas d'école pour développer des stratégies d'intégration des femmes et des familles d'émigrés pertinentes."

Pour Bozurgul, la formation d'apicultrice a été une étape décisive dans l'accomplissement de son rêve: lancer une exploitation familiale de ruches. Elle a déjà demandé à son fils âgé de 15 ans de s'inscrire à la prochaine session de formation au centre d'aide aux apiculteurs.

Tag: travail indépendant, développement économique

Régions et pays couverts: Tadjikistan

Unité responsable: Communication et information au public

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