"Entreprise pour la santé": rendre le monde du travail plus sûr et plus sain
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'Entreprise pour la santé': rendre le monde du travail plus sûr et plus sain

'Entreprise pour la santé' (Enterprise for Health - EfH) est un réseau européen présidé par le Professeur Rita Süssmuth et créé conjointement par la Fondation Bertelsmann et la Fédération nationale allemande des caisses-maladies pour les entreprises. Lancé en l'an 2000, le Réseau s'est assigné pour objectif de favoriser les échanges d'informations et d'expériences entre les entreprises. En dépit d'une diminution du nombre des accidents ces dernières années, une protection insuffisante et un certain relâchement dans la promotion des efforts de santé continuent de coûter des milliards d'euros par an à l'industrie européenne. Le géant allemand de l'énergie et du commerce, RWE Rhin-Ruhr, membre du réseau, a participé à une conférence internationale organisée à Düsseldorf par le BIT, du 24 au 26 octobre, sur le thème: 'Mondialisation équitable - Lieux de travail sûrs'.

Article | 27 octobre 2005

ESSEN, Allemagne (BIT en ligne) - RWE Rhin-Ruhr, un des géants allemands du secteur de l'énergie, emploie quelque 7.000 personnes dans son seul siège de Essen. Manipuler au travail l'électricité et les autres formes d'énergie requiert des mesures de sécurité particulières, même aujourd'hui.

Les programmes de formation de la compagnie sur des activités précises, comme le travail à certaines hauteurs du sol ou la manipulation de substances dangereuses, durent plusieurs semaines. Un "cycle de réunions" permet aux employés d'améliorer sans cesse leurs conditions de travail: avec l'aide d'un expert, ils continuent de concevoir des vêtements de protection, des outils et instruments propres à renforcer leur sécurité.

S'agissant des installateurs de câbles électriques, un projet d'étude a été lancé, en coopération avec l'université des sports de Cologne, pour prévenir les accidents entraînant une incapacité de longue durée du fait des positions pénibles auxquelles ils sont astreints au sommet des pylônes.

"Sécurité et santé au travail ont toujours été une tradition au sein du groupe RWE et sont intégrées dans notre culture d'entreprise", affirme Manfred Reindl, ancien Directeur exécutif de la compagnie. "Néanmoins, la prévention n'est pas seulement limitée aux normes traditionnelles de sécurité et de santé. Les risques modernes, comme le stress sur le lieu de travail, sont pris en compte dans nos efforts pour améliorer systématiquement nos systèmes de prévention."

Face à l'intensification du travail et aux craintes manifestées par le personnel de perdre leur emploi dans le processus de restructuration, RWE a lancé une opération baptisée "bon climat de travail" pour renforcer la culture d'entreprise. Direction et salariés discutent, sur les lieux de travail, des facteurs de stress évitables. Une pièce de théâtre et un film informent les employés et leurs familles sur les meilleurs moyens de faire face au stress et les encouragent à formuler des propositions concrètes pour favoriser le bien-être au travail.

La prévention, source d'importants avantages économiques

"Au-delà de ses effets sur la santé, un stress permanent est aussi un facteur de coût majeur pour les entreprises", explique Bernd Tenckhoff, professeur à l'université de sciences appliquées de Bochum. "Si l'on considère, un jour donné, que 95 pour cent de notre personnel est en bonne santé, cela signifie que 350 des 7.000 employés de la firme ne sont pas à leur poste de travail ce jour-là. Le coût annuel de ces absences se chiffre à 22,5 millions d'euros. Si le pourcentage des présents gagne un point, le bénéfice économique réalisé annuellement augmente de 4,5 millions d'euros."

De fait, ces chiffres ne représentent, selon Bernd Tenckhoff, que le sommet visible de l'iceberg. "Démotivation, dépression et autres formes de troubles mentaux affectent la productivité des salariés, longtemps avant qu'ils ne soient réellement malades."

"La santé mentale est le talon d'Achille d'une économie fondée sur la connaissance", estime pour sa part Gerd Albracht, coordinateur du BIT pour le développement des systèmes d'inspection du travail. "Dans les années 2020, affirme-t-il, la dépression devrait être la deuxième cause la plus courante d'incapacité dans le monde développé. Selon certaines estimations, le coût économique des maladies mentales se traduirait par une baisse de 4 pour cent du produit national brut (PNB) dans l'Union européenne, essentiellement sous la forme de pertes de productivité."

Le stress lié au travail constitue aujourd'hui l'un des problèmes de santé les plus préoccupants dans l'Union européenne. Si l'on considère que la moitié des quelque 150 millions de salariés d'Europe se sentent aujourd'hui soumis à de fortes pressions au travail, les dommages subies par les compagnies et l'économie sont considérables: l'Union européenne estime que les coûts matériels du stress sur les lieux de travail atteignent près de 20 milliards d'euros par an.

"Là où l'on se préoccupe du bien-être de la main-d'œuvre, on relève une baisse des coûts et une meilleure productivité", souligne Jukka Takala, qui dirige le programme du BIT sur la sécurité au travail. "Pareil comportement, fondé sur un partenariat entre employeurs et travailleurs et une véritable politique de santé, revient à investir dans l'avenir d'une entreprise. Il assure une compétitivité à long terme en veillant sur la bonne santé des salariés et en la perpétuant."

Au sein de l'Union européenne, le coût total des accidents du travail en l'an 2000 a été de 55 milliards d'euros. "C'est probablement là un chiffre sous-estimé. Il ne couvre pas, par exemple, les maladies liées au travail qui multiplient par 1,6 à 2,2 - par rapport aux accidents - le nombre de journées marquées par une incapacité temporaire. Et l'on compte 2,4 fois plus de salariés qui signalent des affections de longue durée contractées au travail", souligne Jukka Takala.

Le BIT estime que 4 pour cent du PNB global est perdu tous les ans du fait des accidents et maladies liés au travail.

La conférence organisée par le BIT sur le thème " Mondialisation équitable - Lieux de travail sûrs: politiques, stratégies et pratiques pour un développement durable" a fourni une tribune propice à des échanges entre quelque 300 délégués, représentant les gouvernements, les organisations de travailleurs et d'employeurs, des sociétés multinationales et autres organismes intéressés. Elle a mis en évidence les aspects économiques de la sécurité et de la santé au travail et permis d'évoquer les stratégies à suivre pour relever efficacement les défis qu'elles posent au monde du travail.

Un large choix des discours prononcés et des présentations faites au cours de la conférence est disponible sur la page Web Sécurité et Santé au travail - Inspection du travail (www.ilo.org/labourinspection).

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