Après le tsunami "Je veux avoir un bon métier" - ou comment préparer les jeunes d'Aceh à un avenir plus souriant
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Après le tsunami 'Je veux avoir un bon métier' - ou comment préparer les jeunes d'Aceh à un avenir plus souriant

Le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté l'océan Indien l'an dernier ont eu des conséquences à long terme pour des dizaines de milliers de jeunes collégiens de la province indonésienne de Nanggroe Aceh Darussalam (NAD). Des bâtiments scolaires complètement effondrés un peu partout et un manque de personnel enseignant ont fait que les étudiants ne pouvaient plus retourner en classe, et que 20 000 d'entre eux ont échoué aux examens nationaux. La crise qui secoue le système d'éducation de la région suit une longue période de conflits civils pendant lesquels la scolarité de nombreux enfants a été constamment perturbée. Face à l'augmentation du taux d'échec aux examens nationaux, l'OIT et l'Office provincial de l'éducation de la région ont décidé de mettre au point des programmes de formation spéciaux pour les élèves de 50 établissements scolaires de Banda Aceh, d'Aceh Besar et d'Aceh Jaya.

Article | 28 septembre 2005

BANDA ACEH (BIT en ligne) - Nanda Maulidawait a perdu deux de ses meilleures amies du fait du tsunami qui a frappé sa communauté en décembre dernier, et son école, à Peuken Bada, a été entièrement détruite. Ses parents n'ont pas de travail régulier et ses deux sœurs ont abandonné leurs études. Et cette année elle-même a échoué à ses examens nationaux.

"Je veux avoir un bon métier! C'est pour cela que je veux continuer mes études, au moins jusqu'à la fin du collège", nous dit Nanda, une adolescente de 15 ans qui est le seul espoir d'une vie meilleure pour sa famille.

Nanda vit à Lampaseh Engkeng, un village de Banda Aceh, et elle fait partie des vingt étudiants qui bénéficient du programme de soutien scolaire des collégiens soutenu par le Programme focal sur le travail des enfants (IPEC) de l'OIT. Ce programme s'adresse en priorité aux écoles qui enregistrent un taux d'échec élevé, particulièrement à Banda Aceh, où le taux d'échec a été de 39 pour cent.

Nanda n'est pas la seule étudiante à avoir souffert des conséquences du tsunami. Cette expérience traumatique a profondément marqué un grand nombre d'étudiants et, qu'il pleuve ou qu'il vente, les écoles sont vides. Il lui est aussi plus difficile de se rendre à l'école. Maintenant que sa classe a été détruite, elle doit faire deux heures à pied pour arriver à sa nouvelle école, qui est située dans un autre village.

Nanda est convaincue que, si elle a échoué à l'examen de Bahasa Indonesia, c'est parce qu'on ne lui a pas dit comment remplir la feuille d'examen. "Les étudiants pensent que, s'il y avait eu un examen blanc avant, ils auraient réussi l'examen", nous dit Elvan Noviansyah, une de ses camarades de classe.

Grâce au programme spécial de formation de l'OIT, Nanda a retrouvé confiance et pense que tout ira très bien pour elle. "Ce programme aide beaucoup les étudiants qui ont encore du mal à étudier après le tsunami", nous dit le docteur Sukarni, de l'Office de l'éducation de la province du NAD.

Parallèlement à ce programme, et en collaboration avec l'Institut de formation Primagama, l'OIT et cet office ont offert des cours de remise à niveau à 150 enseignants en mathématiques, en anglais et en indonésien, en juillet dernier. Après cette formation, ces enseignants vont mettre au point un programme de soutien scolaire pour leurs propres écoles. L'OIT a fourni des modules de formation aux enseignants et aux étudiants.

Ce programme est censé aider un millier d'étudiants à repasser la deuxième session des examens nationaux. Selon Alan Boulton, directeur du bureau de l'OIT à Djakarta, "cette initiative est d'une importance cruciale si l'on veut que les enfants d'Aceh réussissent aux examens nationaux, fassent des études universitaires et aient de meilleures perspectives d'emploi".

Ce programme de lutte contre les abandons scolaires est un programme à court terme. Aussi, l'IPEC et l'Office de l'éducation ont-ils prévu de mettre également au point un programme à long terme pour réduire les taux d'abandon scolaire, qui devraient continuer à augmenter si le taux d'échec à la deuxième session des examens nationaux demeure aussi élevé. Des efforts sont faits par ailleurs pour rescolariser les enfants qui ont fini par décrocher.

"Ces programmes serviront de modèles de pratiques d'excellence à intégrer éventuellement dans d'autres programmes en cours de nos partenaires en Indonésie. Ils nous aident à résoudre le problème du travail des enfants et à assurer à tous les enfants une scolarité de base de neuf ans. Nous œuvrons en faveur d'un monde où aucun enfant ne serait privé d'une enfance normale, et où les parents pourraient trouver un emploi décent et les enfants aller à l'école", conclut Alain Boulton.

Ce programme vient compléter un autre programme, mené par l'UNESCO et l'OIT, et qui prévoit des cours de soutien aux collégiens d'Aceh qui ont échoué aux examens nationaux.

Pour de plus amples informations, contacter: le coordinateur de projet de l'IPEC à Banda Aceh, Vicky Agung Wibisono, wibisono@ilo.org, ou le conseiller technique principal de l'IPEC en Indonésie, Patrick Quinn, quinn@ilojkt.or.id.

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