Un "vecteur" d'espoir pour les enfants des rues de Saint-Pétersbourg
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Un 'vecteur' d'espoir pour les enfants des rues de Saint-Pétersbourg

Certaines catégories d'enfants qui travaillent, notamment les enfants des rues, sont particulièrement difficiles à atteindre. Le projet du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) de l'OIT à Saint-Pétersbourg, où 16 000 enfants travaillent dans les rues, s'efforce de réintégrer ces enfants et de montrer la voie à suivre à d'autres régions de la Fédération de Russie.

Article | 28 juillet 2006

SAINT-PETERSBOURG, Fédération de Russie (BIT en ligne) - Ils traînent dans le métro, dans les gares, dans les squares du centre-ville de Saint-Pétersbourg ou d'autres grandes villes de Russie. Ils lavent les voitures, transportent de lourdes charges dans les marchés locaux, mendient dans les lieux stratégiques; lorsque ce sont des filles, bon nombre d'entre elles se livrent à la prostitution. Ce sont les enfants des rues.

Ils font partie du paysage urbain, mais peu de gens semblent se soucier de leur sort, cherchent à savoir d'où ils viennent, comment ils gagnent leur vie et s'ils souffrent ou non. Leur nombre exact n'est pas connu. Selon les sources officielles, ils seraient entre 50 000 et 55 000 dans les rues de Moscou et autour de 16 000 à Saint-Pétersbourg. L'estimation la plus fiable vient peut-être de Volgograd où une récente étude de l'IPEC a recensé 7 000 enfants-travailleurs sur les 2,5 millions habitants de la région.

La plupart de ces enfants ont une famille mais, pour diverses raisons, ils travaillent dans les rues, accomplissant des tâches périlleuses et parfois illégales; certains d'entre eux travaillent même dans des conditions assimilables à de l'esclavage.

Anya est l'une de ces enfants. Lorsque ses parents sont morts, elle a dû trouver un moyen de survivre sans l'aide de personne. Les services sociaux ont bien cherché à la convaincre de se rendre dans un orphelinat, mais elle a refusé. Ses voisins étaient totalement indifférents à son sort. Elle a été recueillie pendant un temps par sa grand-mère à la campagne, mais à la suite d'une dispute elle est retournée à la rue.

Anya a pratiquement abandonné l'école; sans le sou, comme nombre de filles des rues, elle a fini par se prostituer.

"S'il vous plaît, n'allez pas croire que je suis une prostituée; je l'ai fait pour pouvoir manger", a-t-elle déclaré à un psychologue du centre Vector, le centre local pour l'emploi des jeunes. Ce centre collabore étroitement avec l'IPEC à la réinsertion sociale des jeunes filles des rues dans plusieurs districts de Saint-Pétersbourg.

Depuis 2001, 200 jeunes filles de 12 à 17 ans vivant en marge de la société ont pu y bénéficier de services sociaux, d'un soutien psychologique et acquérir des qualifications professionnelles dans les métiers du bois, de la découpe de tissus de coton et du cuir ainsi que dans l'informatique. Un important élément du succès est la participation des familles aux activités du projet.

Un autre projet novateur de l'IPEC a été exécuté dans le district de Vsevolozhsky (Région de Leningrad). Ce projet repose sur le centre local de réadaptation sociale et offre quatre modules: services sociaux dans les rues; réadaptation des jeunes filles travaillant dans les rues; groupes d'assistance mutuelle; et services médicaux.

"Nous avons mis au point et testé des modèles de réinsertion sociale à l'intention des filles travaillant dans les rues et de leurs familles - modèles qui n'existaient pas auparavant en Russie", explique le coordinateur du projet IPEC, Alexey Boukharov. "Par exemple, les travailleurs sociaux en Russie ne font habituellement pas la différence entre les méthodes de réadaptation pour les garçons et pour les jeunes filles; les documents et les instructions des services sociaux parlent tous d'"adolescents". Vous pouvez deviner à quel point il a été important d'élaborer des programmes spéciaux pour les jeunes filles et combien ils ont pu gagner en efficacité. Tous nos modèles peuvent dès maintenant être appliqués à d'autres villes et régions de Russie."

"La Fédération de Russie a ratifié la convention (nº 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999, ainsi que la convention (nº 138) sur l'âge minimum, 1973. "La législation nationale sur le travail des enfants est à jour", déclare Klaus Guenther, spécialiste du travail des enfants du projet IPEC. "Les efforts doivent maintenant se concentrer sur la mise en œuvre et sur l'harmonisation des dispositions législatives avec la pratique quotidienne des services sociaux et des autres organes traitant du travail des enfants en Russie", ajoute-t-il.

Le projet IPEC portant sur les jeunes filles au travail dans les rues a pris fin en 2006, mais le travail continue. En mai de cette année, l'IPEC a lancé deux nouveaux projets - cette fois dans le district de Vyborgsky (Région de Leningrad) - pour prévenir le travail des enfants des rues, en travaillant avec les enfants eux-mêmes et - surtout - avec leurs familles qui bénéficieront d'un soutien pour améliorer leurs conditions de vie et de nouvelles opportunités de travail. Comme pour les projets précédents, un modèle de prévention sera élaboré qui pourra être réutilisé par les services sociaux.

Aujourd'hui, Anya suit une formation dans une école professionnelle. Elle n'aime pas se remémorer son passé, et c'est peut-être la raison pour laquelle elle évite de se rendre trop souvent au centre Vector. L'important est ce que le centre lui a apporté - une chance de démarrer une nouvelle vie.

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