Conférence mondiale sur l’élimination durable du travail des enfants

La communauté internationale prête à redoubler d’efforts pour lutter contre le travail des enfants et le travail forcé

La IVe Conférence mondiale sur l’élimination durable du travail des enfants s’est achevée au bout de trois jours avec l’adoption de la Déclaration de Buenos Aires qui énonce les principes et mesures à adopter. Au cours de la réunion, les délégués ont pris près d’une centaine d’engagements concernant des mesures concrètes en faveur de l’élimination du travail des enfants et du travail forcé, ainsi que de la création d’emplois de qualité pour les jeunes.

Communiqué de presse | 16 novembre 2017
BUENOS AIRES (OIT Infos) – La IVe Conférence mondiale sur l’élimination durable du travail des enfants, organisée à Buenos Aires, s’est achevée sur un appel à agir pour accélérer les efforts visant à mettre fin au travail des enfants d’ici à 2025 et au travail forcé d’ici à 2030, et à créer davantage d’emplois décents pour les jeunes à travers le monde.

La Déclaration de Buenos Aires a été publiée lors de la dernière des trois journées de la Conférence qui rassemblait dans la capitale argentine des délégations venues du monde entier. Plus de 3 000 personnes s’étaient inscrites pour assister aux sessions plénières, aux débats thématiques et aux évènements spéciaux auxquels quelque 250 intervenants ont participé.

«Nous savons ce que nous avons à faire et il n’y a aucune excuse de ne pas le faire», a affirmé le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, qui participait à une table-ronde de haut niveau pendant laquelle il a dit aux délégués: «Nous avons le devoir d’assurer un avenir du travail dans lequel le travail des enfants et le travail forcé n’auront pas leur place».

La Conférence était organisée par le gouvernement argentin, avec l’appui de l’OIT, et rassemblait des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, ainsi que de la société civile et des organisations régionales et internationales.

Un appel avait été lancé aux délégations nationales pour qu’elles prennent des engagements en faveur de mesures concrètes permettant d’accélérer la lutte contre le travail des enfants et le travail forcé. Environ 100 engagements ont ainsi été pris.

La Déclaration de Buenos Aires rappelle qu’on dénombre environ 152 millions de garçons et de filles victimes du travail des enfants, dont 73 millions employés dans les pires formes de travail des enfants. En outre, 25 millions de personnes continuent d’être assujetties au travail forcé, dont 4 millions d’enfants, et au moins 71 millions de jeunes sont au chômage dans le monde.

Le ministre argentin du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et président de la 4e conférence mondiale, Jorge Triaca, ainsi que les représentants des partenaires sociaux, ont présenté la Déclaration à l’OIT.

«Le travail des enfants, en particulier sous ses pires formes, et le travail forcé, sont de graves violations des droits de l’homme qui portent grandement atteinte à la dignité humaine», affirme la Déclaration, précisant qu’ils «sont tous deux la cause et la conséquence de la pauvreté, des inégalités, de la discrimination, de l’exclusion sociale et d’un accès insuffisant à l’éducation».

Le document final de la Conférence énonce une série de principes et de mesures qu’elle exhorte les gouvernements, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les acteurs concernés à adopter.

Les principes mettent en évidence la nécessité «de servir au mieux les intérêts des enfants et des adolescents»; ils contiennent un engagement à respecter les droits humains et soulignent l’importance du dialogue social tripartite et celle de politiques nationales coordonnées et cohérentes, créatrices de travail décent.

Les mesures, qui couvrent l’essentiel de la Déclaration, sont réparties en trois catégories: politique et gouvernance; connaissances, données et contrôle; partenariats et innovation. La ratification des engagements internationaux en vue de l’élimination du travail des enfants d’ici à 2025 et du travail forcé d’ici à 2030, tels que définis dans le Programme de développement durable pour 2030, est un point de départ.

La Déclaration prend aussi acte du soutien apporté à l’Alliance 8.7 qui fut créée pour remplir les objectifs du Programme pour 2030 en lien avec le travail des enfants et le travail forcé.

«Nous espérons que Buenos Aires restera comme le lieu où la communauté internationale aura pris les mesures nécessaires pour ne plus tolérer l’intolérable», a déclaré Guy Ryder au cours de la Conférence. Il a rappelé que des progrès considérables avaient été accomplis et que le travail des enfants avait reculé au cours des 20 dernières années mais il a averti qu’avec 152 millions d’enfants toujours contraints de travailler, il était temps de «faire plus et mieux`