L'avenir du travail

Le Directeur général de l’OIT s’est entretenu avec le gouvernement et les organisations d’employeurs et de travailleurs de Trinité-et-Tobago sur la situation actuelle de l’emploi

Le Directeur général a identifié une série d’«instruments» qui devraient être mis en place pour faciliter la transition vers de nouveaux emplois et garantir la sécurité des travailleurs.

Communiqué de presse | 18 avril 2016
 
De gauche à droite: Christian Ramos, conseiller principal; Annette Ching, directrice du Cabinet du Directeur général du BIT (CABINET); Claudia Coenjaerts, directrice de l’équipe d’appui technique de l’OIT au travail décent et bureau de pays de l’OIT pour les Caraïbes; Guy Ryder, Directeur général du BIT; et Keith Rowley, Premier Ministre de Trinité-et-Tobago.  
«Les problèmes auxquels se heurte Trinité-et-Tobago reflètent ce qui se passe actuellement à l’échelle de la planète, et notamment la crise mondiale de l’industrie de l’acier». C’est ce qu’a déclaré Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, lors de sa visite dans le pays les 18 et 19 avril derniers, où il s’est entretenu avec Keith Rowley, Premier Ministre, ainsi qu’avec d’autres acteurs gouvernementaux de premier plan et des représentants des travailleurs et des employeurs.

M. Ryder a exprimé sa solidarité avec les travailleurs qui ont perdu leur emploi et appelé l’attention des mandants sur la convention (n° 173) sur la protection des créances des travailleurs en cas d'insolvabilité de leur employeur, 1992, et sur la recommandation qui l’accompagne, qui n’ont pas encore été ratifiées par Trinité-et-Tobago, mais qui pourraient servir de ligne directrice dans le climat économique actuel.

Le Directeur général a expliqué que, compte tenu des pertes d’emploi qui ne manqueront pas de se produire, une série d’«instruments» devraient être mis en place pour faciliter la transition vers de nouveaux emplois et garantir la sécurité des travailleurs, en particulier:
  • l’exercice d’un dialogue social tripartite sincère axé sur des résultats concrets;
  • le développement d’une protection sociale;
  • la formation et la reconversion de la main-d’œuvre, et la tentative de remédier à l’inadéquation des compétences;
  • l’amélioration du placement des travailleurs grâce aux services nationaux de l’emploi.
Ces «instruments» pourraient contribuer à renforcer la capacité d’adaptation au marché du travail tout garantissant la sécurité des travailleurs.

«Alors même que les marchés du travail évoluent, le respect des principes et droits fondamentaux au travail ne saurait être mis en cause. Nous savons que le monde du travail évolue et que tout programme législatif doit être à l’image du 21e siècle, mais cela ne doit en aucun cas signifier un nivellement par le bas. La valeur du travail décent réside en cela qu’il concilie emplois durables et qualité de l’emploi. Cela fait partie intégrante du Programme de développement durable, de portée universelle et auquel ont souscrit tous les pays de la région des Caraïbes, explique le Directeur général.

Face à des pertes d’emplois préoccupantes, les mandants tripartites de l’OIT reconnaissent que les postes vacants ne sont pas toujours pourvus dans les entreprises, et ils mettent en évidence les avantages qu’on peut tirer d’une plus grande mobilité et d’une meilleure formation de la main-d’œuvre. Employeurs et travailleurs se sont tous félicités, lors de leurs entretiens respectifs avec le Directeur général, du soutien apporté par l’OIT, et ils ont reconnu la nécessité de réviser une législation aujourd’hui désuète, en particulier la loi sur les relations professionnelles et la loi sur les compressions de personnel et les indemnités de licenciement. Lors d’une visite de courtoisie à Jennifer Baptiste-Primus, la Ministre du Travail et du Développement des petites entreprises, M. Ryder l’a félicitée pour son rôle de premier plan visant à faire avancer le processus de révision de la législation.

Toutes les parties sont convenues que les conventions et recommandations de l’OIT devraient fournir des éléments d’orientation, et le Directeur général de l’OIT s’est engagé à fournir l’assistance technique nécessaire en fonction des besoins.

«Il ressort clairement des vues exprimées par les syndicats et les représentants des employeurs sur la situation actuelle que toutes les parties sont attachées au concept du travail décent. Nous devons nous asseoir à la table de négociation avec l’intention de trouver des solutions concertées, puis agir en conséquence. Nous devons continuer de nourrir la confiance que met chacune des parties à œuvrer pour un bien commun et de défendre leurs intérêts légitimes. La confiance est une condition sine qua non, et il nous faut l’établir petit à petit. Le dialogue social sera jugé sur les résultats obtenus», explique le Directeur général, qui reconnaît dans le même temps que le Conseil consultatif national tripartite pourrait être un moyen de parvenir à cette fin.

M. Ryder s’est félicité des excellentes relations que l’OIT entretient depuis longtemps avec Trinité-et-Tobago, qui siège actuellement au Conseil d’administration. Il a rappelé l’engagement de l’OIT à collaborer avec ses mandants tripartites pour garantir le travail décent pour tous.