PME et création d’emplois

Les petites entreprises sont-elles toujours les meilleures?

Les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle essentiel dans la création d’emplois, fournissant deux-tiers de tous les emplois formels dans les pays en développement et jusqu’à 80 pour cent dans les pays à faible revenu.

Analyse | 26 juillet 2013
Par Mario Berrios et Markus Pilgrim de l’Unité des petites entreprises de l’OIT.

GENÈVE (OIT Info) – Les petites et moyennes entreprises (de 5 à 250 employés) génèrent une forte proportion des emplois dans les pays industrialisés. C’est un fait bien établi. Mais un vaste débat demeure quant au rôle qu’elles jouent dans les pays en développement. Sont-elles aussi un important moteur de la création d’emplois dans ce type d’économies?

L’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) viennent de publier une étude qui analyse l’impact des PME sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. Les résultats sont relativement encourageants.

L’étude – “Is Small Still Beautiful? Literature Review of Recent Empirical Evidence on the Contribution of SMEs to Employment Creation” (Les petites entreprises sont-elles toujours les meilleures? Revue de la littérature sur les récentes recherches empiriques relatives à la contribution des PME à la création d’emplois) – examine près de 50 travaux de recherche et conclut que les PME fournissent deux-tiers de tous les emplois formels dans les pays en développement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et 80 pour cent dans les pays à bas revenu, surtout en Afrique subsaharienne.

Plus important encore que le fait d’abriter la majorité des emplois dans les économies émergentes et à bas revenu, les PME, surtout les entreprises les plus petites et les plus jeunes, apportent une contribution fondamentale à la création nette d’emplois.

L’idée est largement répandue selon laquelle, en raison de leur durée de vie plus courte, les PME ne créent pas beaucoup d’emplois mais, selon l’étude, ce n’est pas vrai: 50 pour cent des créations d’emploi viennent d’entreprises qui emploient moins de 100 personnes.

La croissance de l’emploi ne vient pas seulement des sociétés bien établies mais aussi de celles qui viennent d’être constituées, surtout celles qui connaissent un essor rapide au cours de leurs premières années d’activité.

Ces jeunes pousses ne constituent qu’une faible proportion des entreprises mais on estime qu’elles représentent une assez grande proportion de la création d’emplois totale.

Des études récentes montrent que c’est en fait le cas dans les pays développés et les recherches présentées dans cet ouvrage aboutissent à une conclusion similaire pour les économies émergentes où les petites entreprises ont tendance à grossir plus vite que les grandes.

Néanmoins, nous sommes encore loin de comprendre pleinement de quelle manière les PME opèrent dans les économies en développement et à faible revenu. Dans certains domaines essentiels, les données font défaut, par exemple sur les micro-entreprises ou les entreprises informelles, et sur la qualité des emplois créés dans les PME.

Il va sans dire qu’une bonne politique d’entreprise devrait faciliter la croissance de toutes entreprises – quelle que soit leur taille – mais il ne faut pas oublier que les PME sont confrontées à des problèmes spécifiques: difficulté d’accès au financement, cadres réglementaires plus pesants, handicap de coût pour se développer par rapport aux grandes entreprises.

Nous avons besoin de politiques adaptées aux PME, pas parce qu’elles sont petites mais parce qu’elles sont un moteur essentiel pour l’économie réelle et le terreau des grandes entreprises. Les petites sont encore les meilleures comme on a coutume de le dire, mais seulement si nous nous efforçons de faire de cet adage une réalité.

Dans un environnement de marché qui évolue rapidement, les petites entreprises sont et seront des acteurs essentiels pour façonner la dure réalité des marchés du travail dans le monde.
 
L’appui de l’OIT aux PME
L’OIT aide les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs et d’autres acteurs à accroître la formation des dirigeants d’entreprise et à instaurer des systèmes d’appui pour répondre aux besoins des PME.

Au fil des années, elle a développé une expertise et une crédibilité solides, des réseaux et des outils, et a accumulé de l’expérience, notamment avec son programme Gérez mieux votre entreprise (GERME) destiné aux chefs de jeunes entreprises, de micro-entreprises et de PME. GERME est une série de modules de formation pour différents publics, qui vont d’une première orientation pour d’éventuelles jeunes pousses à une formation approfondie pour les entreprises existantes; ces formations ont été dispensées dans plus d’une centaine de pays au cours des huit dernières années et 4,5 millions de personnes y ont participé.

Les autres principaux produits de l’OIT pour la promotion des PME sont l’éducation à l’entreprenariat dans les écoles, le développement de l’entreprenariat féminin, le développement de la chaîne de valeur, la réforme d’un environnement propice aux entreprises, et la promotion de la productivité des PME par une meilleure coopération sur le lieu de travail. Pour en savoir plus, consultez /seed.