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En campagne contre l’homophobie sur les routes d’Amérique du Sud

Alors que le monde célèbre la Journée internationale contre l’homophobie le 17 mai, les routiers chiliens sont porteurs d’un message de respect envers leurs collègues, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Actualité | 16 mai 2012

Une initiative pionnière contre l’homophobie traverse le Chili de long en large... et s’inscrit sur les carnets de bord de 25 000 chauffeurs.

Je travaille avec mes collègues, leur orientation sexuelle ne me regarde pas... Si ce sont de bons collègues, qu’est que cela peut faire?"
Ce message, comme d’autres messages destinés à combattre l’homophobie ainsi que la propagation du virus du VIH, a été imprimé sur la page de garde du carnet de présence horaire que tout routier doit avoir dans son véhicule.

«Surmonter l’homophobie est un défi en soi... mais je pense que nous y prenons notre part», déclare Juan Araya Jofré, président de la Confédération nationale des transporteurs routiers du Chili qui est à l’origine de cette initiative. «Nous savons tous que la meilleure stratégie pour prévenir le VIH est d’informer les gens», dit-il.

Ce type de campagnes est une composante essentielle de la prévention du VIH, souligne Stener Carlson, spécialiste du VIH/sida pour l’OIT en Amérique du Sud.

Lutter contre l’homophobie est primordial pour prévenir le VIH


«Lutter contre l’homophobie et la transphobie est une priorité parce qu’un grand nombre de travailleurs renoncent à chercher de l’aide auprès des services de prévention du VIH et de soins, par crainte d’être ridiculisés ou agressés en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre», ajoute-t-il.

En Amérique du Sud, la communauté gay et transgenre est touchée de manière disproportionnée par le VIH. Au Chili, on estime que 20 pour cent des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) vivent avec le VIH, à comparer avec 0,4 pour cent de la population âgée de 15 à 49 ans, selon l’ONUSIDA.

De la même manière, au Paraguay, 10 pour cent des HSH vivraient avec le VIH, contre 0,3pour cent de la population générale.

L’OIT travaille avec le ministre chilien du Travail et de l’Aide sociale pour mettre en place, avec les syndicats et les entreprises de transport routier, des recommandations sur la prévention du VIH et l’éradication de l’homophobie, de la transphobie et de la discrimination liée au VIH.

L’OIT a aussi contribué à faciliter un processus de consultation similaire au Paraguay, où 1000 exemplaires d’un manuel sur les méthodes de prévention du VIH et d’éradication de l’homophobie ont été distribués au cours de formations dispensées par les partenaires de l’OIT.

Juan Godoy, l’un des formateurs, dit constater des changements positifs parmi ses collègues.

«Ils ont une attitude plus ouverte et plus respectueuse», précise M. Godoy, président de la LUCHA (Liberté et union des routiers en action) qui représente 4 500 chauffeurs au Paraguay.

«Si nous réussissons à faire passer ce message de non-discrimination, nous pourrons garantir aux travailleurs gays ou trans qu’ils seront traités avec respect et tolérance par nos collègues chauffeurs de poids lourds».

Stener Carlson est lui aussi optimiste quant à la réduction de l’homophobie et de la transphobie, en dépit de récentes attaques contre les travailleurs gays et trans en Amérique du Sud. «C’est une entreprise de longue haleine, difficile, mais c’est la bonne chose à faire et le bon moment pour le faire».

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