Le premier Colloque africain sur le travail décent se fait l’écho d’appels à investir dans l’emploi et les entreprises durables

Le premier Colloque africain sur le travail décent «Surmonter la crise: la mise en œuvre du Pacte mondial pour l’emploi en Afrique» s’est ouvert à Ouagadougou le 1er décembre en présence de trois chefs d’Etat, de ministres du Travail et des Finances, de représentants des organisations patronales et syndicales en provenance de plus de 45 pays africains.

Communiqué de presse | 1 décembre 2009

OUAGADOUGOU (Nouvelles du BIT) – Le premier Colloque africain sur le travail décent «Surmonter la crise: la mise en œuvre du Pacte mondial pour l’emploi en Afrique» s’est ouvert à Ouagadougou le 1er décembre en présence de trois chefs d’Etat, de ministres du Travail et des Finances, de représentants des organisations patronales et syndicales en provenance de plus de 45 pays africains.

Les Présidents Blaise Compaoré du Burkina Faso, Abdoulaye Wade du Sénégal et Faure Essozimna Gnassingbé du Togo ont prononcé des discours lors de l’ouverture du colloque.

Le Président Compaoré du Burkina Faso a plaidé en faveur de politiques économiques équilibrées, à même d’assurer la promotion de l’investissement, l’emploi et la protection sociale, comme fondement d’une mondialisation équitable. Il a ajouté que l’application du Pacte mondial pour l’emploi, en s’appuyant sur l’Agenda pour le travail décent, était urgente pour combattre la pauvreté et promouvoir les entreprises durables et les emplois en Afrique.

Le Président Wade du Sénégal a expliqué qu’il était venu au colloque en quête de nouvelles idées: «L’emploi reste notre préoccupation principale, car il n’augmente pas au même rythme que la croissance.» Il a appelé à investir davantage afin de dynamiser l’activité économique et de créer de l’emploi; il a déploré les pratiques commerciales déloyales qui prévalent.

Le Président Gnassingbé du Togo a déclaré: «Quand l’OIT parle de travail décent, nous nous sentons directement concernés. L’emploi, les microentreprises et l’auto-emploi sont des priorités pour les jeunes».

Invité à s’exprimer en ouverture du Colloque africain sur le travail décent, le Directeur général du BIT Juan Somavia a rappelé la vision productive qui sous-tend le Pacte mondial pour l’emploi, adopté par la Conférence internationale du Travail en juin 2009.

«C’est la réponse de l’économie réelle aux dégâts provoqués par la crise financière. Elle s’appuie sur l’investissement à long terme pour la croissance et le développement, avec des entreprises durables, des emplois, le développement des qualifications, la protection sociale et le respect des droits des travailleurs», a précisé M. Somavia.

M. Somavia a ensuite ajouté: «Tant qu’il n’y aura pas de reprise durable de l’emploi, il n’y aura pas de sortie de crise, ni en Afrique, ni dans le monde». Il a rappelé la décision du Conseil d’administration du BIT en novembre 2009 selon laquelle la crise de l’emploi «nécessitait le même degré de priorité politique que celui accordé au sauvetage des institutions financières». Il a précisé: «Nous ne pouvons adopter deux manières différentes de traiter le même problème mondial. Le système financier doit être mis au service de l’économie réelle».

M. Somavia a déclaré que la crise mondiale avait accéléré le besoin d’un changement de paradigme pour une croissance et un développement centrés sur les besoins fondamentaux des populations en matière d’emplois productifs, de protection sociale, de liberté d’expression et de droits au travail. Rien ne se fera sans les ministres du Travail et des Affaires sociales, des Finances, de l’Économie et du Commerce, œuvrant tous ensemble pour un cadre orienté vers l’emploi pour la croissance et le développement.

Le Président du Parlement panafricain, M. Idriss Moussa Ndele, intervenant à la tribune du colloque, a déclaré: «Les Parlements d’Afrique ont joué un rôle essentiel pour promouvoir le travail décent comme meilleur moyen de réduire la pauvreté et de garantir une croissance soutenue et durable avec le progrès social pour tous».

Le cheikh Sidi Diarra, sous-Secrétaire général des Nations Unies et représentant spécial pour les pays les moins avancés, prenant la parole à l’ouverture du colloque a déclaré: «L’aide publique au développement devrait être maintenue, voire renforcée, pour mieux soutenir le travail décent en Afrique, en particulier dans les pays les moins développés».

Un document technique préparé pour le colloque, «Surmonter la crise: la mise en œuvre du Pacte mondial pour l’emploi en Afrique» (/africa) détaille cinq chaînes de transmission de la crise financière mondiale aux familles laborieuses et aux entreprises en Afrique, à savoir le déclin des exportations et des prix des matières premières, du tourisme, des investissements étrangers directs, des envois de fonds des travailleurs migrants et l’incertitude des flux de l’aide publique au développement.

La crise mondiale a eu de fortes répercussions sur l’Afrique, avec une croissance économique qui devrait tomber à 1 ou 2 pour cent en 2009 contre un rythme de 5 pour cent depuis 2002. Une croissance si faible, inférieure à la croissance démographique, va se concrétiser par une croissance négative du PNB par tête en 2009, compromettant la réalisation des OMD.

Le colloque fait suite à un Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’emploi et la réduction de la pauvreté en Afrique qui s’était tenu en 2004 à Ouagadougou et avait été le premier sommet régional à placer résolument l’emploi productif et le travail décent pour tous au centre des politiques économiques et sociales.

Une déclaration intitulée «Mobiliser le dialogue social pour la mise en œuvre du Pacte mondial pour l’emploi en Afrique» a été adoptée au nom des membres de la Confédération panafricaine des employeurs (CPE), de l’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique) et de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OUSA) lors du second forum africain des partenaires sociaux qui s’est tenu le 30 novembre 2009. Présentant cette déclaration, Mme Rabiatou Diallo, secrétaire générale de la Confédération des travailleurs de Guinée et membre du Conseil d’administration du BIT, a déclaré: «Nous avons travaillé ensemble pour nous approprier collectivement le Pacte mondial pour l’emploi»; elle a demandé à tous d’utiliser le Pacte comme «un instrument pour initier un processus de développement équitable et durable».