Conseil d'administration du BIT

Le Conseil d'administration du BIT conclut ses discussions sur les réponses face à la crise mondiale de l'économie et de l'emploi

Le Conseil d'administration du Bureau international du Travail a conclu ses discussions sur la crise financière et économique par une série de recommandations visant à en atténuer les effets et à façonner une reprise durable.

Communiqué de presse | 27 mars 2009

GENEVE (Nouvelles du BIT) - Le Conseil d'administration du Bureau international du Travail (BIT) a conclu ses discussions sur la crise financière et économique par une série de recommandations visant à en atténuer les effets et à façonner une reprise durable.

Dans un rapport de la Réunion tripartite de haut niveau sur la crise financière et économique mondiale, le Conseil d'administration du BIT a listé une série de dispositions:

• Appeler le prochain Sommet de Londres du G20 d'accorder une attention toute particulière aux répercussions de la crise sur l'emploi et sur le plan social, et à une proposition en faveur d'un pacte mondial pour l'emploi.

• Faire de la riposte à la crise économique le principal thème de la Conférence internationale du Travail de l'OIT qui rassemblera 4000 représentants des travailleurs, employeurs et gouvernements à Genève en juin.

• Le programme de la Conférence internationale du Travail (3-19 juin 2009) sera adapté pour examiner prioritairement les façons de maîtriser les conséquences de la crise économique et financière sur l’emploi et la politique sociale, notamment au moyen d’interventions de haut niveau et de tables rondes interactives aboutissant à des conclusions sur l'action à mener pour sortir de la crise.

• Participer activement à tous les sommets internationaux pertinents qui traitent de la crise et y recommander de prêter une attention particulière à ses répercussions sur l'emploi et sur le plan social, ainsi que renforcer les services consultatifs de l'OIT aux mandants afin de répondre à leurs demandes.

Dans les conclusions du Président du Conseil d'administration il est souligné: «Il faudra, pour avancer, adopter une nouvelle conception des économies de marché libre, où la dimension sociale serait forte, et dans lesquelles un secteur privé concurrentiel, efficace et socialement responsable, et un secteur public, actif et responsable, permettraient d’assurer l’accès de tous à un travail décent et une mondialisation plus soucieuse de l’environnement, plus équitable et plus stable». (GB.304/4)

Au cours de la discussion de haut niveau, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a plaidé en faveur d’une réponse rapide à la crise de l’emploi, qualifiant de «faible» la coordination internationale de riposte contre la crise, et précisant: «La finance, le commerce, l’économie, l’emploi et les origines sociales de la crise mondiale sont liés, tout comme doivent l’être les réponses politiques».

«Nous avons besoin de mettre en œuvre, aussi tôt que possible, une stratégie de reprise cohérente et coordonnée, orientée sur l’emploi et fondée sur des entreprises durables», a-t-il poursuivi.

Le Conseil d’administration a également adopté le plan de mise en œuvre de la «Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable» (GB.304/7), qui «définit le rôle que peut jouer l’OIT pour concrétiser cette évolution». Adoptée l'an dernier par la Conférence internationale du Travail la Déclaration vise à renforcer la capacité de l’OIT à promouvoir son Agenda pour le travail décent et répondre aux défis de la mondialisation.

La réunion de haut niveau a également donné la parole au Directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, qui a plaidé en faveur d’une coopération renforcée entre le FMI et l’OIT. Se sont également exprimés lors de cette réunion M. Guy Ryder, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), M. Alexander Shokhin, Président du Syndicat russe des industriels et des entrepreneurs et M. Jonathan Shaw, ministre des Personnes handicapées et ministre pour le Sud-Est, du ministère britannique du Travail et des Pensions.

Le lauréat du Prix Nobel d’économie, le Professeur Joseph Stiglitz, a fait une présentation sur l’impact de la crise économique et financière mondiale lors d’une session spéciale du Conseil d’administration le 18 mars. Session au cours de laquelle M. Somavia lui a remis le Prix 2008 pour la recherche sur le travail décent.

Confronté aux répercussions de la crise mondiale en matière sociale et sur le marché du travail, et s'appuyant sur Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, le Conseil d'administration a soutenu les propositions de programme et budget 2010-11 du Directeur général. Le Conseil d'administration a recommandé à la Conférence internationale du Travail une proposition de budget ordinaire de 665,1 millions de dollars pour la période 2010-11, qui maintient le même niveau de ressources en dollars constants que celui de la période biennale antérieure. La proposition de programme et budget inclut une estimation pour une extension de programme extra-budgétaire de coopération technique, passant de 350 millions à 425 millions de dollars, ainsi qu'un doublement des contributions volontaires au budget régulier qui passent de 45 à 90 millions de dollars.

Les membres du Conseil d'administration ont exprimé le besoin de renforcer une action à la hauteur de l'objectif du travail décent et de renforcer les services aux gouvernements, employeurs et travailleurs constituants de l'OIT. Ils ont accueilli favorablement des propositions précises, axées sur des résultats pour garantir une approche équilibrée s'appuyant sur les quatre objectifs stratégiques de l'emploi, la protection, le dialogue et les droits.

Le Conseil d’administration a approuvé le 353e rapport du Comité de l’OIT pour la liberté syndicale qui attire particulièrement l’attention sur les cas de la Colombie, de la République de Corée, de l’Ethiopie et de la République bolivarienne du Venezuela (GB.304/6).

Le Conseil d’administration a discuté de la prorogation des dispositions pour le traitement des plaintes relatives au recours au travail forcé au Myanmar. Il a noté les récentes mesures prises pour accroître le niveau d'information quant à l'existence d'un mécanisme de traitement des plaintes assuré par le Chargé de liaison de l'OIT. Le Conseil a également exprimé sa préoccupation au sujet d'actes de harcèlement à l'encontre de ceux qui ont recours à ce mécanisme, ce qui en affaiblit la portée et en affecte la crédibilité.

Le Conseil d'administration est l'organe exécutif du Bureau international du Travail (le Bureau est le secrétariat de l'Organisation). Il se réunit trois fois par an, en mars, en juin et en novembre. Il prend des décisions concernant la politique du BIT, fixe l'ordre du jour de la Conférence internationale du Travail, adopte le programme et le budget de l'Organisation avant sa soumission à la Conférence.

Le Conseil est composé de 56 membres titulaires (28 membres gouvernementaux, 14 membres employeurs et 14 membres travailleurs), et de 66 membres adjoints (28 membres gouvernementaux, 19 membres employeurs et 19 membres travailleurs). Dix des sièges gouvernementaux titulaires sont réservés en permanence aux Membres dont l'importance industrielle est la plus considérable (Allemagne, Brésil, Chine, France, Inde, Italie, Japon, Fédération de Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis). Les autres membres gouvernementaux sont élus par la Conférence tous les trois ans.