Réunion tripartite de haut-niveau sur la crise financière et économique mondiale actuelle

Le Directeur général du FMI plaide en faveur d'une plus grande coopération avec l'OIT

Le Directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a plaidé aujourd’hui en faveur d’une coopération renforcée entre le FMI et l’Organisation internationale du Travail (OIT), précisant que la coordination entre les institutions multilatérales était cruciale pour faire face à la crise économique mondiale.

Communiqué de presse | 23 mars 2009

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Le Directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a plaidé aujourd’hui en faveur d’une coopération renforcée entre le FMI et l’Organisation internationale du Travail (OIT), précisant que la coordination entre les institutions multilatérales était cruciale pour faire face à la crise économique mondiale.

«Le FMI a été créé pour toutes sortes de raisons, y compris pour la promotion de la croissance et de l’emploi dans le monde», a déclaré M. Strauss-Kahn dans une allocution prononcée lors d’une réunion de haut niveau du Conseil d’administration du BIT. «Pouvoir compter sur l’OIT – c’est-à-dire sur les travailleurs et les employeurs – est vital pour le FMI.»

M. Strauss-Kahn a également averti que «la crise financière actuelle ne devait pas devenir un ‘désert de chômage’» et a exhorté les gouvernements et les institutions internationales à travailler en étroite collaboration pour s’attaquer aux conséquences immédiates du ralentissement économique.

Dans ses remarques liminaires, le Directeur général du BIT Juan Somavia a stigmatisé la faible coordination internationale face à la crise et a déclaré: «les causes financières, commerciales, économiques, sociales et d’emploi de la crise mondiale étant interdépendantes, les réponses politiques doivent l’être tout autant».

Selon M. Strauss-Kahn, la reprise de l’économie internationale pourrait survenir dès 2010, mais il a souligné que cela dépendait de certaines conditions «principalement que des décisions audacieuses soient réellement mises en œuvre».

Il a ajouté que la première étape pour sortir de la crise était de stimuler la demande; il a réitéré son appel pour une relance budgétaire globale de 2 pour cent du PIB mondial. Il a également précisé que tous les pays n’étaient pas en position de mettre en œuvre une relance budgétaire, certains ne disposant d’aucune marge de manœuvre en la matière.

M. Strauss-Kahn a indiqué que la deuxième étape en faveur de la reprise était de restaurer la santé du secteur financier. Il a expliqué que, dans les 122 crises bancaires qu’avait connues le FMI tout au long de son existence, remettre le système financier en état de marche avait toujours été un préalable à la reprise de la croissance et à la création d’emplois.

«Si nous sommes attentifs à la question du chômage, nous devons d’abord rénover le secteur financier», constate-t-il.

Finalement, il a demandé qu’une attention particulière soit portée aux économies émergentes et aux pays à faible revenu qui sont fortement dépendants à l’égard des flux de capitaux étrangers et qui font face à des déficits considérables de leur balance des opérations courantes.

«En pareil cas, le soutien du FMI ne suffit pas. Ces pays ont besoin de reconstruire leur modèle et d’apprendre à vivre avec moins d’entrées de capitaux. L’aide financière sans changement de politique ne sert à rien», a-t-il ajouté.

M. Strauss-Kahn a déclaré que les pays pauvres ne faisaient pas seulement face au risque du chômage, mais qu’ils pouvaient aussi être confrontés à des troubles sociaux, des menaces pour la démocratie, voire à des risques de guerre. Il a évoqué des prêts «sous conditions sociales» délivrés par le FMI pour protéger les dépenses des plus vulnérables.

La réunion de haut niveau a également accueilli la présentation de M. Guy Ryder, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui a déclaré que les mesures prises par les gouvernements pour faire face à la crise devraient maximiser la création d’emplois et étendre la protection sociale. Il a aussi plaidé pour davantage de régulation des marchés financiers mondiaux et pour combattre le risque de déflation des salaires.

S’exprimant au nom des employeurs, le Président du Syndicat des industriels et des entrepreneurs russes, M. Alexander Shokhin, a indiqué que l’une des priorités était de s’assurer que les acteurs de l’économie réelle avaient accès au crédit. Il a également déclaré qu’il était «très important de maintenir le niveau de dépenses pour certains projets d’infrastructure qui pourraient créer des emplois et réduire le chômage».

Egalement présent lors de la réunion, M. Jonathan Shaw, ministre des Personnes handicapées et ministre pour le Sud-Est, du ministère britannique du Travail et des Pensions, a déclaré que l’OIT avait un «rôle essentiel à jouer pour atténuer les effets de la crise sur l’économie réelle et pour élaborer des politiques qui encouragent une reprise fondée sur une croissance durable et créatrice d’emplois».