Lord Brett, représentant des travailleurs, Royaume-Uni, élu Président du Conseil d'administration du BIT pour 2002-03

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Conseil d'administration du Bureau international du Travail (BIT) a élu Lord Brett, représentant des travailleurs, Royaume-Uni, à sa présidence pour sa session de 2002-03. Le Conseil d'administration du BIT a également entendu un appel en faveur de la création du Fonds palestinien pour l'emploi et la protection sociale des travailleurs dans les territoires arabes occupés.

Communiqué de presse | 21 juin 2002

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Conseil d'administration du Bureau international du Travail (BIT) a élu Lord Brett, représentant des travailleurs, Royaume-Uni, à sa présidence pour sa session de 2002-03. Le Conseil d'administration du BIT a également entendu un appel en faveur de la création du Fonds palestinien pour l'emploi et la protection sociale des travailleurs dans les territoires arabes occupés.

La 284e session du Conseil d'administration a aussi examiné plusieurs autres questions, et notamment un rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT.

Elections

Lord Brett remplace M. Alain Ludovic Tou, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Sécurité sociale du Burkina Faso, qui a été Président du Conseil d'administration en 2001-02. Lord Brett est l'ancien Vice-président travailleur du Conseil d'administration et a été membre du Conseil général du Congrès des syndicats du Royaume-Uni (TUC). Il a également siégé au comité exécutif du TUC jusqu'en 1999. Il est devenu membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni en juin 1999.

M. H.E. Eui-Yong Chung, Ambassadeur de la République de Corée, a été élu Vice-président gouvernemental. M. Daniel Funes de Rioja, directeur du Département de politique sociale du Syndicat argentin de l'industrie et président du groupe des employeurs de l'Organisation des Etats d'Amérique de 1995 à 1998, a été réélu Vice-président employeur.

Ces trois personnes composeront le bureau du Conseil d'administration pour 2002-03. Le Conseil d'administration qui se réunit trois fois par an à Genève est l'organe exécutif du BIT. Il prend des décisions de politique générale et adopte le programme et le budget de l'Organisation, qui compte 175 Etats Membres.

La Conférence a élu les nouveaux membres du Conseil d'administration le 10 juin. Le mandat du Conseil d'administration est de trois ans. Des élections ont été organisées pour choisir les 18 gouvernements occupant des sièges électifs, ainsi que les 14 membres employeurs et les 14 membres travailleurs du Conseil d'administration. Dix des 56 membres que compte en tout le Conseil d'administration sont nommés par les Etats Membres dont l'importance industrielle est la plus considérable et auxquels sont réservés des sièges permanents.

Fonds palestinien pour l'emploi et la protection sociale

Le porte-parole du groupe des travailleurs, M. Leroy Trotman, a instamment prié l'OIT de mettre en œuvre un programme de coopération technique dans les territoires arabes occupés en créant un Fonds palestinien pour l'emploi et la protection sociale. Cette proposition a été appuyée par les représentants employeurs et gouvernementaux.

«Le groupe des travailleurs estime que l'OIT devrait apporter une contribution active dans les domaines de l'emploi, de la protection sociale et du dialogue social, en collaboration avec les mandants tripartites et avec d'autres organisations internationales», a déclaré le groupe des travailleurs. Il a également prié l'OIT de renforcer son programme de coopération technique à moyen terme dans les territoires, et a invité le Directeur général à utiliser l'excédent financier pour des activités d'urgence.

L'OIT met actuellement en œuvre toute une série de programmes d'assistance technique dans les territoires arabes occupés et va s'employer immédiatement à renforcer les efforts faits pour stimuler l'emploi en reconstruisant l'infrastructure. M. Somavia a déclaré dans les remarques finales qu'il a adressées à la 90e session de la Conférence internationale du Travail que l'OIT n'épargnerait pas ses efforts «pour apaiser la crise humanitaire qui sévit dans les territoires arabes occupés et restaurer les conditions sociales de la paix».

Liberté syndicale

Le Conseil d'administration a approuvé le 328e rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT. A sa session de mai-juin, le comité a examiné 23 cas. Il est actuellement saisi de 95 cas en tout.

Le comité a appelé tout particulièrement l'attention sur les cas qui concernent le Venezuela, le gouvernement ayant refusé d'étendre le mandat de la mission de contacts directs qui s'est rendue dans le pays en mai 2002 à des cas qu'il examine actuellement. Le comité a déploré la décision du gouvernement à cet égard, qui constitue un manque évident de coopération à la procédure spéciale d'examen des plaintes en matière de liberté syndicale.

Dans le cas de Cuba, le comité a rappelé les graves allégations concernant la détention de syndicalistes et le non-enregistrement d'une organisation syndicale, à savoir le Conseil unitaire des travailleurs cubains (CUTC), ainsi que des actes d'intimidation et d'ingérence dans ses activités. Le comité a prié le gouvernement de garantir à l'avenir le libre exercice des activités du CUTC dans un climat exempt de menaces et d'intimidations, et de garantir le droit d'opinion et d'expression des organisations de travailleurs indépendantes de la structure syndicale officielle.

Le comité a observé avec une vive inquiétude que la situation de violence en Colombie, qui affecte tous les secteurs de la société, ne présente aucun signe d'amélioration mais semble au contraire s'aggraver de jour en jour. Le comité a demandé à nouveau au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la situation d'impunité intolérable qui prévaut et punir les responsables. Il a souligné la nécessité d'obtenir des résultats vérifiables dans le démantèlement des groupes paramilitaires et d'autres groupes révolutionnaires violents.

Le Conseil d'administration a aussi examiné séparément un rapport intérimaire sur le programme de coopération technique spécial pour la Colombie.

Dans le cas concernant le Guatemala qui a été soumis par l'Organisation internationale des employeurs (OIE), le comité a insisté fermement sur l'importance pour les autorités de bien consulter les organisations d'employeurs et de travailleurs sur les questions d'intérêt mutuel, notamment en ce qui concerne l'élaboration et l'application de la législation relative à leurs intérêts et la détermination du montant des salaires minimums. Il a également déploré le harcèlement et la répression dont ont fait l'objet les employeurs en raison de l'arrêt des activités du secteur industriel. Il a rappelé que l'exercice des activités des organisations d'employeurs et de travailleurs devrait être exempt de toute pression, intimidation, harcèlement, menace et action visant à discréditer ces organisations et leurs dirigeants.