L'impact de la décentralisation et de la privatisation sur les services municipaux

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Malgré des années de réductions d'effectifs et les appels à la privatisation, le secteur public reste, selon les dernières estimations du Bureau international du Travail (BIT), le plus grand employeur au monde, ayant procuré en l'an 2000 des emplois à 425 millions de personnes dont 155 millions au niveau des autorités locales.

Communiqué de presse | 12 octobre 2001

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Malgré des années de réductions d'effectifs et les appels à la privatisation, le secteur public reste, selon les dernières estimations du Bureau international du Travail (BIT), le plus grand employeur au monde, ayant procuré en l'an 2000 des emplois à 425 millions de personnes dont 155 millions au niveau des autorités locales.

Bien que de nombreux services municipaux soient désormais confiés à des entreprises privées, le rôle et la responsabilité de l'Etat n'en sont pas pour autant diminués. Voilà ce qu'indique en substance un rapport * du BIT diffusé aujourd'hui en lever de rideau d'une Réunion tripartite d'experts qui, du 15 au 19 octobre, va passer en revue les services municipaux en matière d'enseignement, de santé publique, de transports et autres services publics.

Selon ce rapport, le secteur privé montre peu d'intérêt ou n'a simplement pas la carrure suffisante pour fournir pleinement certains services. Par ailleurs, les gouvernements locaux font parfois preuve d'une certaine frilosité quand il s'agit de confier certains services à des prestataires privés. Du coup, le partenariat public-privé est devenu le modus operandi de nombreux services municipaux. La concurrence s'installe dans ce secteur en confiant certaines tâches au secteur privé ou en passant par des appels d'offres au sein même du service public.

"La concurrence semble augmenter l'efficacité, mais elle peut également agir négativement sur les relations de travail et diminuer la motivation du personnel", indique le rapport. Des décentralisations et des privatisations, il ne se dégage pas de tendance claire en matière de conditions de travail. "Néanmoins, les réductions de coût et la plus grande flexibilité qu'ont apporté les privatisations et les décentralisations se traduisent bien souvent par de moins bonnes conditions de travail, à savoir moins de congé et plus de travail, tant en volume qu'en exigence de rendements".

"Le travail décent, l'efficacité et la qualité des services fournis sont des notions qui vont de pair", explique Gabrielle Ullrich, experte au Département des affaires sectorielles du BIT.

Cette analyste du BIT insiste sur le fait que "la décentralisation peut entraîner un manque de ressources financières pour les autorités locales qui ne peuvent alors ni assurer des conditions de travail décentes ni même un salaire qui le soit. Par ailleurs, déléguer du pouvoir aux gouvernements locaux peut apporter plus de flexibilité et d'efficacité, mais les autorités centrales sont souvent réticentes à abandonner leur contrôle sur l'ensemble de l'enveloppe salariale des services publics".

Dans la plupart des pays, l'emploi public au niveau local n'a pas souffert dans la même mesure qu'au niveau central. Depuis 1998, on estime que 15 millions de personnes à travers le monde ont perdu leur emploi dans le secteur public. Les secteurs de l'éducation et des soins de santé au niveau local ont, quant à eux, du mal à accroître leur embauche, non pas à cause de réductions d'effectifs dans les services publics, mais par manque de personnels qualifiés.

La réunion - à laquelle sont conviés certains employeurs privés - rassemblera 50 participants: 18 représentants des gouvernements, 7 des employeurs et 25 des travailleurs. Les séances sont ouvertes au public.

* L'impact de la décentralisation et de la privatisation sur les services municipaux, Rapport pour discussions à la réunion paritaire sur l'impact de la décentralisation et de la privatisation sur les services municipaux, Bureau international du Travail, Genève, 2001. Pour plus d'informations, contactez Gabrielle Ullrich, Département des activités sectorielles, téléphone: +4122/799-6819. E-mail: ullrich@ilo.org.