La campagne contre les pires formes de travail des enfants franchit un cap

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le monde ratifie à une vitesse sans précédent la convention internationale de l'Organisation internationale du Travail (OIT) qui appelle à une action immédiate pour mettre un terme aux pires formes de travail des enfants.

Communiqué de presse | 26 septembre 2001

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le monde ratifie à une vitesse sans précédent la convention internationale de l'Organisation internationale du Travail (OIT) qui appelle à une action immédiate pour mettre un terme aux pires formes de travail des enfants.

Le Bureau international du Travail (BIT) a annoncé aujourd'hui que l'Estonie est le dernier Etat Membre à avoir ratifié la convention sur les pires formes de travail des enfants, ce qui porte à 100 le nombre de ratifications de ce traité international qui vise à combattre les formes les plus abjectes d'exploitation des enfants.

L'OIT compte 175 Etats Membres. La convention n o 182 a été adoptée à l'unanimité il y a deux ans, le 17 juin 1999, par la Conférence internationale du Travail. Elle est entrée en vigueur le 19 novembre 2000 - un an après avoir été ratifiée par deux Etats Membres.

«Cet événement historique apporte la preuve que le monde est uni dans la lutte contre les formes les plus odieuses d'exploitation des enfants», a dit le Directeur général du BIT, Juan Somavia. «Le monde est en train de réaliser un rêve: éliminer les pires formes de travail des enfants et offrir à des millions d'entre eux une chance de vivre une vie meilleure.»

Le directeur du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), Frans Roselaers, a ajouté que, en 82 ans, jamais une convention de l'OIT n'avait été ratifiée aussi rapidement que la convention n o 182, et que la campagne menée par l'IPEC devrait aboutir à une ratification pratiquement universelle d'ici la fin 2003.

La convention n o 182 définit ainsi les pires formes de travail des enfants:

• toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite des enfants, le travail forcé ou obligatoire, la servitude pour dettes et le servage;
• l'utilisation des enfants à des fins de prostitution ou de pornographie;
• l'utilisation des enfants aux fins d'activités illicites, telles que le trafic de stupéfiants;
• les travaux qui sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant.

La convention demande aux pays qui la ratifient de l'appliquer à toutes les personnes de moins de 18 ans, même si la législation nationale prévoit que l'enfance se termine plus tôt. Elle leur demande de prendre des mesures afin d'interdire et d'éliminer immédiatement les pires formes de travail des enfants; de concevoir des mécanismes de contrôle; d'adopter des programmes d'action; d'assurer leur mise en œuvre effective; de prévenir l'exploitation des enfants, de soustraire au travail ceux qui y sont assujettis et de veiller à leur réadaptation et à leur réinsertion sociale; de prendre en compte la situation particulière des filles.

Les Etats Membres doivent aussi faire rapport régulièrement au BIT concernant l'application de la convention et répondre aux allégations de violation. Le BIT aide les pays qui ont ratifié à remplir leurs obligations par le truchement de l'IPEC qui, dans 70 pays, s'attache à soustraire au travail les enfants qui y sont assujettis et à leur permettre de s'instruire et de se réinsérer tout en offrant à leurs familles d'autres possibilités de revenus.

Pays ayant ratifié la convention (n o 182) sur les pires formes
de travail des enfants, 1999

Afrique du Sud

Albanie

Algérie

Angola

Argentine

Bahamas

Bahreïn

Bangladesh

Barbade

Bélarus

Belize

Botswana

Brésil

Bulgarie

Burkina Faso

Canada

République centrafricaine

Chili

Chypre

Corée, République de

Costa Rica

Croatie

Danemark

République dominicaine

Dominique

Le Salvador

Emirats arabes unis

Equateur

Espagne

Estonie

Etats-Unis

Finlande

France

Gabon

Gambie

Ghana

Guinée équatoriale

Guyana

Hongrie

Indonésie

Iraq

Irlande

Islande

Italie

Jamahiriya arabe libyenne

Japon

Jordanie

Kenya

Koweït

Lesotho

Liban

Luxembourg

Malaisie

Malawi

Mali

Malte

Maroc

Maurice

Mexique

Mongolie

Namibie

Nicaragua

Niger

Norvège

Nouvelle-Zélande

Oman

Ouganda

Panama

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Paraguay

Philippines

Portugal

Qatar

République démocratique du Congo

Roumanie

Royaume-Uni

Rwanda

Saint-Kitts-et-Nevis

Sainte-Lucie

Saint-Marin

Sénégal

Seychelles

Singapour

Slovaquie

Slovénie

Sri Lanka

Suède

Suisse

Tanzanie, République-Unie de

Tchad

République tchèque

Thaïlande

Togo

Tunisie

Turquie

Ukraine

Uruguay

Viet Nam

Yémen

Zimbabwe

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