Message du Directeur général aux membres de l'OIT et de la Communauté internationale: «Impliquez-vous dans l'agenda pour le travail décent»

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - «Le travail décent doit devenir une réalité dans nos pays et ce principe doit s'enraciner dans l'économie mondiale», a déclaré le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), M. Juan Somavia, dans son discours en séance pléniaire de la 89 èmeConférence internationale du Travail qui se réunit à Genève.

Communiqué de presse | 11 juin 2001

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - «Le travail décent doit devenir une réalité dans nos pays et ce principe doit s'enraciner dans l'économie mondiale», a déclaré le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), M. Juan Somavia, dans son discours en séance pléniaire de la 89 ème Conférence internationale du Travail qui se réunit à Genève.

«Lors des deux dernières décennies, les gouvernements et institutions financières internationales se sont appliqués à réduire les déficits budgétaires. Je pense qu'il est temps maintenant de consacrer la même énergie à la diminution du déficit de travail décent», a insisté M. Somavia.

Il a lancé un appel auprès des délégués tripartites des 175 Etats membres de l'Organisation «pour qu'à force de relayer ce message, le travail décent devienne l'objet d'une prise de conscience mondiale grandissante».

Pour répondre à ce défi, le Directeur général a estimé que «l'Organisation internationale du Travail (OIT) a besoin d'expliquer ce que signifie concrètement ce défi aujourd'hui et ce, dans un langage clair et cohérent».

Alors que devant l'assemblée des délégués il mettait en évidence le besoin d'augmenter la prise de conscience - au niveau national et international - des problèmes sociaux, il s'exprima en ces termes: «Pour aller de l'avant, il nous faut combattre cette idée reçue largement répandue selon laquelle ceux qui prennent en charge les problèmes sociaux jouent dans une division inférieure de l'économie mondiale, tandis les vrais acteurs du monde du commerce et de la finance occupent un rang plus élevé des sphères décisionnelles.»

Il ajouta que cette perception est et devrait être «renversée par la réaction des gens partout dans le monde, de même que devrait être renversée cette vision qu'ont ces mêmes personnes et selon laquelle, dans cette ère de globalisation de l'économie, nous ne parvenons pas à être crédibles lorsqu'il s'agit de traiter leurs problèmes sociaux et leurs priorités».

Les principes fondamentaux, les droits au travail et l'emploi doivent faire partie de l'ordre du jour. «La définition du concept de décence se base sur des principes et des droits universels qui trouvent un écho différent dans chaque pays en fonction des particularismes locaux. En d'autres mots, c'est une maison avec un plancher commun, mais sans plafond», insiste M. Somavia. Par conséquent, la notion même de travail décent «évolue en fonction des possibilités et priorités d'une société donnée».

Le cadre dans lequel la notion de travail décent évolue peut se traduire par différentes approches pratiques qui varieront en fonction des problèmes et circonstances propres à chaque pays. La mise en pratique d'une telle politique peut se traduire sous les formes suivantes:

  • Promouvoir les entreprises et l'emploi tout en défendant les droits fondamentaux des travailleurs;
  • Renforcer le dialogue social autour des objectifs liés au travail décent;
  • Formuler des politiques qui élargissent la couverture sociale et favorisent l'égalité entre les sexes.

Il mit également en évidence le besoin «d'une approche commune dans le système international. Cette approche doit inclure nos objectifs en matière de travail décent et éviter les situations dans lesquelles les différents Etats membres reçoivent des avis contradictoires de la part de différentes organisations internationales, ce qui mène tout droit à une espèce de schizophrénie politique».

«Il est essentiel, poursuivit-il, que le système international arrête d'agir comme s'il était composé d'un chapelet d'îles qui ne communiqueraient pas entre elles, et qu'il commence à proposer des solutions intégrées aux défis posés par l'économie mondiale, car ces défis, eux, sont interconnectés.»

Groupe de travail sur la dimension sociale de la mondialisation

Il a encouragé les électeurs tripartites de l'OIT «à s'accorder sur le fait que ces derniers devraient jouer un rôle primordial dans l'établissement des lignes de conduite que devrait suivre l'économie mondiale en matière sociale». Il les a également encouragé «à forger une alliance tripartite, forte, ouverte sur le monde».

Il conclut en affirmant que les objectifs de la Constitution de l'OIT vont beaucoup plus loin que les zones immédiates d'influence de l'organisation: «L'emploi et la sécurité dépendent de politiques économiques au sens large. Le dialogue et la coopération - avec les ministères des Finances, du Commerce et avec d'autres ministères au niveau national et, internationalement, au niveau d'organisations multilatérales - sont absolument essentiels.»