Ouverture de la Conférence internationale du Travail

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La 89 ème session de la Conférence internationale du Travail s'est ouverte aujourd'hui: elle a élu comme Présidente la Secrétaire d'Etat au travail et à l'emploi des Philippines, Madame Patricia A. Sto. Tomas.

Communiqué de presse | 5 juin 2001

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La 89 ème session de la Conférence internationale du Travail s'est ouverte aujourd'hui: elle a élu comme Présidente la Secrétaire d'Etat au travail et à l'emploi des Philippines, Madame Patricia A. Sto. Tomas.

Dans le discours qui a suivi son élection, M me A. Sto. Tomas a tenu à avertir les délégués de l'apparition prochaine «d'un vaste trou noir... si la pauvreté, les maladies, le manque d'éducation et les dissensions continuent d'être considérés comme des problèmes non résolus et insolvables».

Selon ses dires, «la globalisation est le mantra du nouveau millénaire. En d'autres mots, nous devons produire plus au meilleur coût possible, tout en améliorant le service offert», a-t-elle ajouté.

«Le meilleur moyen de redresser la balance des inégalités historiques qui existent en matière de développement régional, national et international est probablement de se concentrer sur ceux qui en ont le plus besoin», a-t-elle déclaré. «Après tout, la globalisation devrait être synonyme d'intégration et pas d'exclusion. A l'image du golf, la globalisation a besoin d'un système d'handicap qui permette aux nouveaux joueurs de rattraper leur retard.»

La Conférence a élu comme vice-président des employeurs M. Arthur Joao Donato du Brésil, le Canadien Jean-Claude Parrot comme vice-président des travailleurs et Madame Cecilia Bannerman du Ghana comme vice-présidente des gouvernements.

M. Donato est vice-président de la Confédération nationale de l'industrie au Brésil. Quant à M. Parrot, il est vice-président exécutif du Congrès des syndicats du Canada. M me Bannerman est ministre au Ghana du développement de la main-d'œuvre et de l'emploi.

La Conférence annuelle se réunira jusqu'au 21 juin et devrait attirer quelque 3.000 délégués, parmi lesquels des ministres du travail, des leaders d'organisations syndicales et patronales en provenance de la plupart des 175 Etats Membres de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Le rôle de la Conférence internationale du Travail est d'adopter des normes reconnues internationalement et d'en surveiller l'application. Sa mission est également d'établir le budget de l'Organisation et d'élire les membres du Conseil d'administration. Depuis 1919, la Conférence s'est imposée comme le forum international par excellence pour toutes les questions d'une portée mondiale en matière sociale et de travail.

Entre autres points importants, deux sujets figurent à l'ordre du jour de la Conférence cette année: d'une part l'élaboration et l'adoption possible d'une nouvelle norme sur la sécurité et la santé des travailleurs dans l'agriculture; et d'autre part, l'examen et l'adoption du programme et budget biennal du BIT pour les années 2002-2003. Lors d'une session spéciale du Comité d'application des normes, la question du travail forcé au Myanmar sera également débattue au même titre que le rapport du Directeur général Juan Somavia sur la situation des travailleurs des territoires arabes occupés et le rapport annuel du Directeur général intitulé «Réduire le déficit de travail décent».

Dans son rapport annuel auprès de la Conférence, le Directeur général exprime «son souci profond quant au déficit de travail décent qui, par ses proportions immenses, donne la mesure des inégalités de nos sociétés. Et d'ajouter: «La diminution du déficit de travail décent est la meilleure voie pour faire reculer la pauvreté et offrir une plus grande légitimité à l'économie mondiale. Le travail décent est un but en soi, mais il peut aussi avoir un effet positif sur la productivité et la croissance économique. Productivité et justice sociale peuvent fort bien aller de pair», observe-t-il.