La nouvelle encyclopédie dresse la liste des principaux risques professionnels au niveau mondial

WASHINGTON D.C. (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail a publié la dernière édition de son Encyclopédie de Sécurité et de Santé au Travail, qui montre que, de nos jours, les travailleurs sont en grande partie exposés aux mêmes risques professionnels que ceux existant en 1930, date à laquelle parut la première édition de cet ouvrage. Ces risques permanents sont aussi variés que les incendies d'usine et les cas de contagion par la tuberculose en milieu hospitalier. Les nouvelles menaces pesant sur la santé des travailleurs incluent les troubles oculaires et les lésions au niveau des mains causés par le travail sur ordinateur, la fatigue due au décalage horaire et les fuites de radioactivité des centrales nucléaires.

Communiqué de presse | 16 novembre 1998

WASHINGTON D.C. (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail a publié la dernière édition de son Encyclopédie de Sécurité et de Santé au Travail * , qui montre que, de nos jours, les travailleurs sont en grande partie exposés aux mêmes risques professionnels que ceux existant en 1930, date à laquelle parut la première édition de cet ouvrage. Ces risques permanents sont aussi variés que les incendies d'usine et les cas de contagion par la tuberculose en milieu hospitalier. Les nouvelles menaces pesant sur la santé des travailleurs incluent les troubles oculaires et les lésions au niveau des mains causés par le travail sur ordinateur, la fatigue due au décalage horaire et les fuites de radioactivité des centrales nucléaires.

La quatrième édition de l'Encyclopédie, publiée en 1998, constitue un véritable catalogue des risques professionnels, qui jouit de la plus grande autorité dans le monde. Elle décrit également tout l'éventail de mesures que les syndicats, les entreprises et les gouvernements peuvent adopter en vue de protéger les travailleurs. Cette nouvelle édition se présente sous la forme de quatre volumes reliés totalisant 4.231 pages et est également disponible sur CD-ROM. Il s'agit d'une version considérablement augmentée et revue à fond de la troisième édition publiée en 1983, qui reflète le caractère pluridisciplinaire et la rapidité d'évolution du domaine de la sécurité et la santé au travail.

«Malgré tous les progrès de la science et les efforts déployés au 20ème siècle pour améliorer les conditions de travail, des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier sont constamment exposés à des risques chimiques, physiques et sociaux qui ruinent leur santé physique et morale», a déclaré Michel Hansenne, Directeur général du BIT. «L'OIT et les autres organisations doivent encore lutter contre de nombreuses formes d'exploitation des travailleurs, comme le travail des enfants, la servitude pour dettes et le travail clandestin, avec tous les risques et toutes les formes d'oppression qu'elles impliquent inévitablement.»

Cette quatrième édition a été mise au point grâce à un processus de consultation qui a engagé les meilleurs experts et les grandes institutions de sécurité et de santé du monde entier. Des spécialistes originaires de 60 pays différents (plus de 1.000 collaborateurs en tout) ont apporté leur contribution à la conception, la rédaction et l'édition de l'Encyclopédie, ainsi qu'à la révision de ses aspects techniques. Cet ouvrage, dont chaque article a été contrôlé par les experts compétents afin de garantir son exactitude et sa pertinence, s'adresse aussi bien au spécialiste qu'au profane.

«L'Encyclopédie veut offrir au lecteur généraliste les informations essentielles sur les principales disciplines de la sécurité et de la santé au travail, et ce en respectant deux règles: expression claire et intelligible et rigueur scientifique», a déclaré Jeanne Mager Stellman, rédactrice-en-chef de la quatrième édition. «Nous avons tenté de concilier profondeur et largeur de vues dans la façon de traiter les sujets, dans l'espoir d'éveiller l'intérêt des spécialistes de tel ou tel domaine particulier pour les approches des autres disciplines».

L'Encyclopédie du BIT est notamment destinée aux dirigeants syndicaux, aux chefs d'entreprise, aux juristes, aux médecins et infirmières, aux ingénieurs, aux hygiénistes du travail, aux toxicologues et aux fonctionnaires chargés de la réglementation en matière de sécurité et santé au travail. Chacun d'entre eux y trouvera toutes les données précises relevant de son domaine particulier, mais aussi toute information relative à d'autres disciplines dont il pourrait avoir besoin. Le but des auteurs de l'Encyclopédie a été de fournir, au moyen d'un seul ouvrage de référence facile à consulter et dans un langage évitant le jargon technique, des réponses pratiques aux questions de ces spécialistes en matière de sécurité et de santé au travail.

Parmi les principaux risques professionnels figurant dans la première édition de 1930 qui apparaissent à nouveau, à une échelle bien plus vaste, dans la nouvelle édition, mentionnons les suivants:

Les incendies d'usines - Les travailleurs, notamment ceux des pays en développement, sont encore exposés à l'un des dangers les plus sinistres, qui est celui de se retrouver prisonniers des flammes sur leur propre lieu de travail. Deux incendies particulièrement graves montrent combien ce risque demeure permanent. L'incendie de l'usine Triangle Shirtwaist en 1911 à New York, qui avait causé la mort de 146 travailleurs, fut considéré pendant longtemps comme le plus meurtrier. Or ce triste record n'a duré que jusqu'au 10 mai 1993, date de l'incendie de l'usine de jouets Kader Toy en Thaïlande, dont furent victimes 188 travailleurs et qui est devenu de ce fait le plus grave accident avec pertes humaines survenu dans un bâtiment industriel depuis le début du siècle.

Même si 82 ans se sont écoulés entre ces deux catastrophes, on constate de nombreux points communs entre elles, comme le souligne l'Encyclopédie du BIT. Dans les deux cas, les locaux qui ont pris feu n'étaient pas dotés de véritables issues de secours, les systèmes fixes de protection contre les incendies étaient insuffisants ou inefficaces, le matériau de combustion qui a déclenché l'incendie était hautement inflammable et, enfin, les dispositifs coupe-feu horizontaux et verticaux étaient inadéquats. De plus, aucune des deux entreprises n'avait formé suffisamment ses travailleurs en matière de prévention contre l'incendie.

Les maladies pulmonaires d'origine professionnelle - Les maladies respiratoires figurent au premier rang des dix principales maladies et lésions d'origine professionnelle. Leur importance est confirmée dans plusieurs des chapitres-clé de l'Encyclopédie. Dans le monde entier, des mesures ont été prises pour prévenir le cancer du poumon, notamment en éliminant l'amiante et la fumée de tabac du milieu de travail. L'asthme d'origine professionnelle est devenu la maladie pulmonaire la plus fréquente parmi les travailleurs des pays développés, signale l'Encyclopédie, qui souligne par ailleurs la forte incidence parmi les travailleurs agricoles des maladies respiratoires causées par les poussières organiques. D'autre part, l'Encyclopédie décrit les effets sur la santé et le risque de toxicité des fibres minérales synthétiques.

La tuberculose - A une époque, on crut avoir éradiqué des pays développés ce fléau hautement contagieux qui sévit depuis la nuit des temps. Or, lit-on dans l'Encyclopédie, au cours des années 90, il a refait son apparition sous une nouvelle forme résistante aux antibiotiques.

La transmission du Mycobacterium tuberculosis est désormais un risque reconnu en milieu hospitalier et l'on a même enregistré récemment plusieurs cas de contagion par la tuberculose dans des hôpitaux américains. Dans la majeure partie de ces cas, qui ont touché à la fois des patients et des membres du personnel, il s'agissait d'une contagion par des souches du M. tuberculosis qui se sont avérées résistantes à tous les médicaments. La plupart des patients et certains des employés qui avaient contracté la tuberculose étaient séropositifs et cette nouvelle infection n'a fait qu'accélérer le développement du SIDA. C'est pourquoi le taux de mortalité de ces malades a été particulièrement élevé (de 43% à 93%) et la période écoulée entre le diagnostic de la tuberculose et leur décès a été généralement comprise entre 4 et 16 semaines.

Les dangers pour les travailleurs agricoles - Tout en étant exposés aux mêmes dangers qu'autrefois, les travailleurs agricoles doivent aussi affronter de nouveaux risques, font observer les auteurs de l'Encyclopédie. Les dangers traditionnels pesant sur le travailleur agricole sont liés à la précarité de l'habitat et à la médiocrité des conditions sanitaires, aux accidents causés par des machines agricoles et aux maladies, notamment celles de la peau. Les nouveaux risques proviennent de l'exposition aux herbicides, parmi lesquels figure le 2,4,5-T, qui est toujours utilisé en toute légalité dans les rizières américaines.

Les eaux usées industrielles - Il s'agit d'un problème que l'on rencontre en particulier dans les industries du papier et de la pâte à papier, qui consomment de grandes quantités d'eau douce, ainsi que dans les raffineries de sucre. Les risques liés aux eaux usées rejetées par ces usines sont généralement proportionnels à leur degré d'automatisation. C'est dans les usines les plus automatisées et celles qui fonctionnent en circuit fermé que le personnel assurant l'entretien, le nettoyage et les opérations de contrôle de qualité court le plus de risques.

En effet, les usines de pâte à papier récupèrent une grande partie de l'énergie en brûlant les déchets et les sous-produits rejetés au cours du processus de production dans des chaudières génératrices d'électricité. Les matériaux dont la combustion fournit de la vapeur aux générateurs électriques incluent l'écorce, les résidus de bois et la boue séchée, qui sont recueillis par les systèmes de traitement des effluents et sont tous toxiques pour les travailleurs.

La silicose - Au début du 20ème siècle, cette maladie pulmonaire connue de longue date (on pense que les ouvriers qui ont édifié les pyramides égyptiennes en souffraient) était, au niveau mondial, l'une des principales causes de maladie et de décès des travailleurs. La silicose a pour origine l'inhalation de dioxyde de silicium, connu couramment sous le nom de silice cristalline. Bien que les causes de cette maladie soient tout à fait connues, des millions de travailleurs de par le monde continuent d'y être exposés, notamment les mineurs, les ouvriers des carrières, ceux qui effectuent des opérations de décapage au jet abrasif et ceux employés dans les fonderies. C'est pourquoi, même dans les pays développés, la silicose survient encore de manière épidémique.

Parmi les nouveaux risques professionnels analysés dans la quatrième édition de l'Encyclopédie, il convient de mentionner:

Les accidents et catastrophes nucléaires - La menace nucléaire s'est accrue proportionnellement à l'augmentation du nombre de centrales nucléaires construites dans de nombreuses régions du monde. Les sites nucléaires englobent les centrales qui produisent de l'électricité, les réacteurs expérimentaux, les installations destinées à la production, le traitement ou le retraitement du combustible nucléaire et, enfin, les laboratoires de recherche. Les sites militaires constituent le principal danger pour les travailleurs, en raison des surgénérateurs et des réacteurs au plutonium installés à bord des navires et des sous-marins.

L'accident le plus grave qui puisse survenir dans une centrale nucléaire est la fusion du coeur du réacteur, qui entraîne l'émission de substances radioactives. L'Encyclopédie fait d'ailleurs référence aux deux catastrophes de ce type les plus connues: celle de Three Mile Island en Pennsylvanie, en 1979, et celle de Tchernovyl en Ukraine, en 1986.

L'industrie micro-électronique - Inexistante en 1930, cette industrie a connu son essor au cours de la seconde moitié du siècle et a profondément marqué l'évolution et la structure de l'économie mondiale, notent les auteurs de l'Encyclopédie. La fabrication de tous les appareils munis de semi-conducteurs en silicium passe par les six phases suivantes: l'oxydation, la lithographie, la gravure, le dopage, le dépôt de vapeurs chimiques et la métallisation. Puis viennent les opérations de montage, de mise à l'essai, de marquage, d'emballage et d'expédition. Chacune de ces étapes du processus de production présente des risques spécifiques pour les travailleurs, qui sont décrits en détail dans l'Encyclopédie.

Les terminaux à écran de visualisation et les troubles musculosquelettiques dus à une action répétée - Selon l'Encyclopédie, les ordinateurs ont permis à la fois de rendre le travail plus intéressant, d'améliorer les conditions de travail et de réduire la charge de travail. Cependant, l'informatique a aussi accentué le caractère répétitif et l'intensité des tâches et a conduit à une réduction du champ d'initiative et à l'isolement du travailleur. L'Encyclopédie dresse la liste des différentes infirmités que peuvent induire les troubles musculosquelettiques dus à une action répétée. Citons comme exemples l'épicondylite, une lésion douloureuse survenant au niveau du coude, où les muscles qui commandent le poignet et les doigts touchent l'os, ou encore le syndrome du canal carpien, une lésion similaire affectant la région du poignet. Les femmes qui font de la saisie de données sont particulièrement touchées par ce genre de problèmes.

Les dangers pour la fonction reproductive - Cette quatrième édition de l'Encyclopédie consacre un grand nombre de pages à l'incidence des risques professionnels sur la fonction reproductive masculine et féminine. Ces risques sont liés, entre autres, au tabagisme passif, aux solvants (liquides volatils ou semi-volatils), aux pesticides et autres produits chimiques de ce type, aux toxiques endocriniens, ainsi qu'au plomb et autres métaux lourds. De nombreuses sections des quatre volumes font référence à ce danger.

Les risques génétiques - Grâce à la surveillance biologique, il est possible de déceler les agents présents sur le lieu de travail qui peuvent s'avérer nocifs sur le plan génétique. Il s'agit de substances qui pénètrent dans l'organisme par la respiration, par l'absorption dermique ou par ingestion. Définie pour la première fois en 1980, la surveillance biologique constitue, avec la surveillance de l'environnement et la surveillance de la santé, un des trois outils importants utilisés dans la prévention des maladies liées à la présence d'agents toxiques dans l'environnement général ou professionnel, indique l'Encyclopédie.

Les maux du voyageur - Les personnes qui voyagent beaucoup pour leur travail sont affectées par une série de maux, tels que la fatigue due au décalage horaire, les piqûres de moustiques et autres insectes, la malaria, les troubles liés à la contamination de l'eau ou des aliments, la diarrhée causée par le changement de nourriture ou encore le mal des montagnes, sans oublier le risque, dans certains pays, d'être victime de la délinquance ou d'émeutes et, enfin, le surmenage. Tous ces problèmes, ainsi que la façon de les prévenir ou de les résoudre, sont décrits dans l'Encyclopédie.

Le cancer lié à l'environnement

Pour montrer avec quel degré de précision l'Encyclopédie analyse les risques professionnels, nous citerons ci-dessous des extraits du chapitre sur les Agents cancérogènes en milieu professionnel:

Le premier cas documenté mettant en cause des agents cancérogènes en milieu professionnel date de 1775, lorsque des scientifiques découvrirent que la suie était à l'origine de cas de cancer du scrotum chez les enfants ramoneurs de Londres, qui étaient obligés de grimper à l'intérieur de conduits de cheminées encore brûlants. Malgré les preuves fournies par la médecine, ce n'est qu'en 1840 que le parlement anglais finit par promulguer une loi destinée à protéger ces enfants, dont on avait jusqu'alors jugé les services indispensables pour éviter les feux dans les cheminées encrassées.

Postérieurement, comme l'explique l'Encyclopédie, des études épidémiologiques ont démontré la nature cancérogène de plusieurs autres substances présentes en milieu professionnel, telles que l'arsenic, l'amiante, le benzène, le cadmium, le chrome, le nickel et le chlorure de vinyle. Les politiques de santé publique jouent un rôle particulièrement important en ce qui concerne ces agents cancérogènes, puisque les réglementations et améliorations apportées aux règles d'hygiène du travail permettent de limiter considérablement leur impact sur la santé des travailleurs. Il convient de noter les faits suivants :

  • Environ une vingtaine de produits chimiques simples ou composés, présents en milieu professionnel, sont répertoriés comme agents au pouvoir cancérogène reconnu, tandis qu'une vingtaine d'autres sont classés comme agents au pouvoir cancérogène présumé;
  • Dans les pays industrialisés, il a été établi qu'entre 2 et 8% de tous les cas de cancer enregistrés parmi les travailleurs exposés étaient d'origine professionnelle. Ce pourcentage est encore plus élevé dans certaines professions;
  • On ne dispose pas de statistiques fiables sur l'incidence du cancer professionnel ou le degré d'exposition aux agents cancérogènes des travailleurs des pays en développement;
  • Bien que, dans de nombreux pays, plusieurs types de cancer professionnel soient considérés comme maladies professionnelles, très peu de malades bénéficient en réalité de la prise en charge correspondante.

La prévention: Comme la plupart des produits cancérogènes à usage professionnel ont été identifiés par des études épidémiologiques portant sur des populations déjà exposées, il est trop tard pour que les travailleurs actuels des pays industrialisés puissent bénéficier du moyen de prévention le plus efficace, à savoir bannir l'utilisation en milieu professionnel d'agents réputés cancérogènes pour l'homme. En théorie, supposent les auteurs de l'Encyclopédie, l'introduction dans les pays en développement de produits chimiques et de méthodes de production reconnus comme dangereux pourrait être évitée.

Faute de mieux, il reste l'alternative qui consiste à éliminer du milieu de travail toutes les substances au pouvoir cancérogène reconnu ou présumé. Citons comme exemples la fermeture au Royaume-Uni des usines fabriquant de la 2-naphtylamine et de la benzidine, substances à l'origine de cas de cancer de la vessie parmi les travailleurs, la fermeture après la deuxième guerre mondiale des usines japonaises et anglaises produisant du gaz moutarde ou encore l'élimination progressive de la benzidine dans l'industrie de la chaussure à Istanbul, en Turquie.

Dans de nombreux cas, la suppression totale d'un produit cancérogène (en dehors des cas de fermeture d'usines) est soit impossible à cause de l'absence d'un produit de remplacement, soit considérée comme inacceptable sur le plan politique et économique. La solution consiste alors à réduire le degré d'exposition des travailleurs, en modifiant les méthodes de production ou en améliorant les règles d'hygiène du travail. Une approche similaire consiste à réduire ou à éliminer les phases de la production qui s'avèrent les plus dangereuses. Il est également possible de minimiser l'exposition des travailleurs en les dotant de moyens de protection, tels que des masques et des vêtements spéciaux, ou en leur imposant des normes d'hygiène plus strictes.

Version imprimée et version électronique de la quatrième édition

Selon les conclusions de l'Encyclopédie, il est généralement nécessaire de conjuguer plusieurs approches pour mettre au point une stratégie d'ensemble efficace. C'est ce qu'a fait le gouvernement finlandais en créant une banque de données nationale destinée à sensibiliser la population aux dangers des produits cancérogènes, à évaluer les risques en milieu professionnel et à encourager les actions préventives. Grâce à cette banque de données, à laquelle tous les employeurs sont tenus de fournir régulièrement des informations à jour, il est possible d'obtenir toutes sortes de renseignements sur une entreprise ou une profession exposée. Il semble que cette solution ait en partie contribué à diminuer l'exposition des travailleurs finlandais aux agents cancérogènes.

Il est en outre possible dans cette quatrième édition de consulter facilement la liste descriptive détaillée de toutes les maladies professionnelles modernes et des traitements disponibles pour chaque cas.

De nombreux progrès ont été accomplis depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, explique le professeur Stellman. Partout, on a totalement renoncé à utiliser des produits extrêmement toxiques comme le radium létal qui, à une époque, était peint sur le cadran des montres pour les faire briller dans l'obscurité, ou encore le phosphore paralysant et défigurant utilisé dans la fabrication des allumettes.

Comme le fait remarquer le Directeur général du BIT, Michel Hansenne, la plupart des gouvernements ont adopté des règlements et pris nombre de mesures visant à protéger les travailleurs contre ces tragédies humaines, pourtant évitables, que sont les accidents mortels, l'invalidité et la maladie résultant de l'activité professionnelle.

L'OIT a contribué à ces progrès en adoptant des conventions, des recommandations et des recueils de directives pratiques sur les conditions de travail dans de nombreuses branches d'activité, en mettant sur pied des programmes de coopération technique et en publiant des ouvrages spécialisés, précise M. Hansenne.

La médecine, les sciences et les techniques, ajoute M. Hansenne, sont à même de régler maints problèmes et disposent de moyens de détection et de prévention des risques beaucoup plus efficaces qu'auparavant. Des systèmes ont été mis en place pour protéger les travailleurs et pour permettre leur participation aux décisions relatives à leur milieu de travail. Les différents chapitres et sections de cette quatrième édition couvrent toutes les disciplines, depuis la médecine jusqu'au droit en passant par l'ergonomie, les techniques de sécurité, l'hygiène du travail, l'épidémiologie, la psychologie de l'entreprise et la toxicologie.

Voici la synthèse de la table des matières des quatre volumes:

Volume I: Ce volume contient toutes les informations relatives aux maladies et aux lésions professionnelles, ainsi qu'aux différents modèles développés par les entreprises et les systèmes de santé pour les reconnaître, les traiter et les prévenir. Ce volume dresse également la liste des principaux outils et approches utilisés pour déceler, contrôler et prévenir les maladies et lésions professionnelles. Il comporte quatre parties et 33 chapitres. Certains sujets sont abordés dans plus d'un chapitre.

  • La partie I, Le corps , s'intéresse, depuis la perspective du médecin du travail, au cancer professionnel et aux troubles systémiques.
  • La partie II, Les soins de santé, définit les principes fondamentaux des services de santé au travail.
  • La partie III, Gestion et politique, est consacrée à la prévention et à la gestion des différents aspects de la sécurité et de la santé au travail, y compris les cas d'incapacité et les systèmes de réparation offerts aux travailleurs.
  • La partie IV, Instruments et approches , donne un aperçu des disciplines qui comprennent l'étude et l'application de la sécurité et de la santé au travail, y compris la surveillance biologique et la toxicologie.

Volume II: Ce volume étudie toute la gamme des risques physiques et psychosociaux, ainsi que ceux liés à l'environnement et à la sécurité. La nature, la reconnaissance, la prévention et le contrôle de chaque risque sont examinés dans les moindres détails, y compris une description de leurs effets spécifiques sur la santé.

  • La partie V, Facteurs psychosociaux et organisationnels , examine la structure sociale et organisationnelle du travail, ses conséquences et sa gestion.
  • La partie VI, Les risques généraux , traite des risques physiques et biologiques, ainsi que de leur évaluation et prévention.
  • La partie VII, L'Environnement , analyse le lien entre environnement et santé, notamment dans le milieu du travail.
  • La partie VIII, Accidents et principes de sécurité , examine l'aspect théorique des accidents du travail, ainsi que les questions relatives à leur évaluation et leur prévention, tout en énonçant les principes de la sécurité.

Volume III: Ce volume passe en revue la situation dans différentes branches d'activité et professions. Chaque chapitre offre une vue d'ensemble sur la nature de chaque processus de production, ses risques potentiels et les méthodes de prévention.

  • Les parties IX à XVII sont consacrées aux produits chimiques utilisés dans l'agriculture, aux industries basées sur des ressources biologiques (l'élevage et l'agriculture, les aliments et boissons et les produits fabriqués à partir du bois), aux industries basées sur les ressources naturelles (les mines et carrières, la sidérurgie, l'exploration et le forage pétrolier et la production et distribution d'électricité), les industries chimiques, les industries manufacturières, les industries textiles et de la confection, le transport, le bâtiment, les services et le commerce.

Volume IV: Ce volume comporte des guides, des index et la liste des experts qui ont collaboré à l'ouvrage. On trouve, par exemple, le guide des produits chimiques qui répertorie environ 2.000 substances en spécifiant, sous forme de tableaux, leurs propriétés physiques et chimiques, ainsi que les risques qu'elles représentent pour la santé.

La version électronique: Elle offre la même information et la même nomenclature que la version imprimée, plus tous les avantages d'une palette de navigation et d'outils qui facilitent les recherches. Il est ainsi possible de consulter chaque mot de n'importe quel article, référence ou tableau et, grâce aux liens hypertextes, d'accéder à l'information par de nombreux biais.

* La 4 ème édition de l'Encyclopédie du BIT est actuellement disponible en anglais, y compris en version CD-ROM; la version française imprimée doit paraître fin 1999.

Version anglaise: ILO Encyclopaedia of Occupational Health and Safety. Fourth Edition.

  • 4-Volume Print Version - Price: US$ 495; Sw.Fr. 550; £ 297. ISBN 92-2-109203-8.
  • CD-ROM Version - Price: US$ 495; Sw.Fr. 550; £ 297. ISBN 92-2-109818-4.
  • Print and CD-ROM Versions - Price: US$ 990; Sw.Fr. 1100; £ 594. ISBN 92-2-110403-6.

International Labour Office, Geneva, 1998.