Développement local

Rebâtir les vies dévastées par la guerre civile au Sri Lanka

Trois ans après la fin de la guerre civile qui a ensanglanté le Sri Lanka, les victimes s’efforcent de reconstruire leur vie. Un projet conjoint des Nations Unies cherche à leur offrir un nouveau départ grâce à une formation et à des services de placement.

Reportage | 19 octobre 2012
BATTICALOA, Sri Lanka (OIT Info) – Enrôlé par les Tigres tamouls à l’âge de 20 ans, Vadivel Kesavapillai* a perdu son bras droit dans la guerre civile du Sri Lanka. Aujourd’hui, il possède un petit restaurant grâce à une formation et à des fonds que lui ont offerts un programme de l’ONU destiné aux victimes du conflit.

Il vient juste de se marier; il précise qu’il n’avait pas les moyens de le faire avant d’ouvrir son restaurant à proximité de la ville de Batticaloa, dans la province orientale du pays, une région qui a subi les pires violences pendant 26 années de guerre.

«Avant de recevoir ces fonds, je gérais un petit commerce mais le chiffre d’affaires ne suffisait pas à envisager le mariage. Maintenant, je gagne bien ma vie et je peux subvenir aux besoins d’une famille», explique M. Kesavapillai.

Début 2012, il a bénéficié d’une formation de gestion commerciale et de service à la clientèle du programme ECAC, un programme intégré que mènent conjointement l’OIT, le PNUD et l’UNICEF et destiné à renforcer l’autonomie des communautés victimes du conflit et à les aider à rebâtir leur vie.

Le projet, financé par le Fonds des Nations Unies pour la sécurité humaine (UNTFHS), lui a également versé une bourse de 78 000 roupies (600 dollars).

Il s’agit d’un projet centré sur les régions du nord et de l’est du Sri Lanka, largement peuplées par la minorité tamoule du pays. Ces régions ont été durement touchées par le conflit qui a opposé les troupes gouvernementales et les insurgés du mouvement de libération des Tigres de l’Eelam-tamoul (LTTE) jusqu’en 2009.

M. Kesavapillai est l’un de ces nombreux Sri Lankais qui ont pu prendre un nouveau départ avec l’aide du projet ECAC.

Anandarasa Selvaratnam, 34 ans, a perdu son emploi de chauffeur routier quand il a été grièvement blessé en 2007 en allant acheter des provisions. M. Selvaratnam, qui se déplace maintenant en fauteuil roulant, gère un élevage de volaille et un magasin d’alimentation animale. Avec la subvention qu’il a reçue début 2012, il a acheté 200 poulets, et en a revendu 100 avec un bénéfice qu’il a réinvesti dans deux commerces.

En 2001, Madhusha Ganabadhipilla a été enlevée par le LTTE. Elle n’a pu retrouver sa famille qu’au bout de trois ans et a finalement obtenu son diplôme de fin d’études secondaires.

En septembre 2011, elle a suivi une formation de l’ECAC qui lui a aussi permis de trouver un emploi auprès d’une organisation non gouvernementale (ONG). Elle supervise actuellement un projet de microcrédit qui emploie 450 personnes. Elle prévoit d’étudier pour obtenir une licence de lettres. «Il existe de nombreuses possibilités de venir en aide aux gens démunis et je veux m’instruire afin de pouvoir les aider en travaillant dans l’humanitaire.»


* Certains noms ont été changés afin de préserver l’identité des personnes concernées.