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Ouganda : Orphelins à cause du VIH, ils sont retirés de la rue et envoyés à l’école

On les trouve dans les rues, dans les entrepôts clandestins, et dans les champs du monde entier : 215 millions d’enfants (filles et garçons) seraient encore aujourd’hui piégés dans le travail des enfants, et pour beaucoup d’entre eux dans des formes de travail des plus dangereuses. Cependant, d’après le Rapport global du BIT, des progrès importants ont été accomplis puisqu’ aujourd’hui le travail des enfants touche 30 millions d’enfants de moins que dans la décennie précédente. En 2006, la situation allait si bien en s’améliorant que la communauté internationale se fixa un objectif ambitieux : éliminer les pires formes de travail des enfants dans un délai de dix ans. Or, depuis quelques années, le rythme des progrès réalisés pour atteindre cet objectif s’est ralenti. Pour atteindre l’objectif en 2016, la solution passe par une détermination politique renouvelée de donner la priorité au travail des enfants, et par des politiques nationales intégrées, comme en Ouganda, de lutte contre le travail des enfants.

Date de parution: 10 mai 2010 | Taille/durée: 00:01:58 (6.87 MB)

Trascription:

L’Afrique détient le record mondial du travail des enfants : un enfant de moins de 14 ans sur quatre travaille, et le rythme de progression est alarmant.

C’est désespérant, certes, mais il y a aussi des progrès. Certains pays d’Afrique sub-saharienne se posent en exemples pour le monde entier parce qu’ils retirent les enfants du circuit du travail des enfants pour les envoyer à l’école primaire.

Depuis que le gouvernement ougandais a instauré l’instruction primaire universelle en 1997, les inscriptions scolaires ont doublé, au minimum.

Cependant, le VIH complique les choses. En Ouganda, plus d’un million d’enfants ont perdu un de leurs parents, voire les deux, à cause du virus HIV et du sida. Leur vie de famille brisée, nombreux sont ceux qui, au lieu d’aller à l’école, sont obligés d’aller dans la rue pour trouver du travail.

Aujourd’hui, la politique nationale du pays en matière de travail des enfants cible plus particulièrement le VIH, et s’appuie sur une participation active des collectivités. Des groupes de suivi, financés par le gouvernement et par l’OIT, veillent à maintenir les enfants loin de la rue et à l’école.

Sam Mungasa, Comité du travail des enfants de Mbale.

Nous rendons visite aux enfants à l’école pour vérifier leurs résultats scolaires. Nous nous entretenons avec eux. Nous partageons avec eux. Nous les occupons à l’école pour qu’ils ne retombent pas dans le travail des enfants.

Les employeurs s’impliquent eux aussi. Parmi ceux qui croyaient avant aider une famille en rémunérant un enfant qui travaille, beaucoup changent d’attitude après leur participation à des journées d’information de l’OIT :

Kato Hussein Galiwango, Fédération des employeurs de l’Ouganda

Je suis certain que les employeurs peuvent faire beaucoup de choses pour atténuer les conséquences préjudiciables du travail des enfants. Avant tout, je leur conseillerais de mieux se renseigner sur la législation. Mais même une fois qu’ils ont compris que c’est un problème, la prise en main de celui-ci doit être collective.

En Ouganda, la direction est donnée. Lorsque les autorités publiques, les employeurs, les syndicats et les réseaux de la société civile s’unissent pour mettre en place de bonnes politiques, alors les choses bougent vraiment et on peut s’acheminer vers l’élimination du travail des enfants.