LA FLEXICURITE DANS L’ENTREPRISE DANOISE LEGO

Si la sécurité de l’emploi n’est certainement pas un problème pour les elfes du Père Noël, elle demeure le principal sujet de préoccupation pour des milliers de travailleurs menacés par des réductions d’effectifs au sein de leur entreprise. Cela n’est pourtant pas le cas des salariés du fabricant de jouets danois Lego. La clé de leur relative sérénité face à l’éventuelle délocalisation de leurs emplois est ce que le Bureau international du Travail et d’autres spécialistes appellent la « flexicurité ». Voici un reportage de la Télévision de l’OIT sur ce sujet.

Date de parution: 15 décembre 2005 | Taille/durée: 00:02:14 (3.73 MB)

Transcription:

Pour Lego, le célèbre fabricant de jouets danois, la période de Noël est la plus active de l’année…

Quant à la nouvelle année, elle s’annonce incertaine, du moins pour les salariés de l’entreprise comme Charlotte.

En effet, comme les autres grands fabricants de jouets, Lego n’est pas épargné par les bouleversements de la mondialisation. Ces dernières années, l’entreprise a dû licencier des centaines d’employés et elle prévoit de nouvelles réductions d’effectifs en 2006, suite à sa décision de transférer son centre de distribution en République tchèque.

Mais Charlotte n’est pas trop inquiète.

Charlotte, salariée de Lego

Je ne suis pas trop angoissée à l’idée de perdre mon travail… Ici, chez Lego, on s’occupe bien de vous si vous êtes licencié… On ne vous abandonne pas à votre sort…

Il en est ainsi chez Lego parce que nous sommes au Danemark, pays dont le modèle social est basé sur la « flexicurité », qui consiste à combiner une grande flexibilité du marché du travail, un niveau élevé de couverture sociale et de nombreuses aides à la reconversion des travailleurs.

Claus Hjort Frederiksen, ministre danois de l’Emploi

On peut dire que la flexicurité repose sur trois piliers dont l’un est la flexibilité du marché du travail… cela veut dire que les employeurs peuvent aussi facilement embaucher que licencier.

....pour des salariés comme Charlotte, la flexicurité, c’est aussi un système de sécurité sociale qui lui permet de confier sa fille à une crèche publique pendant qu’elle travaille ou qu’elle suit une formation en vue de sa reconversion.

Hans Jensen, Fédération des syndicats danois

Cette approche repose sur un équilibre, et si cet équilibre venait à disparaître, ce serait la fin du modèle social danois. Nous, syndicalistes, savons très bien que c’est cette flexibilité qui permet à l’Etat de fournir un tel niveau de sécurité.

Ainsi, quand Lego a réduit ses effectifs de production, la direction de l’entreprise, les syndicats et l’agence locale de l’emploi ont conclu un accord en vue de redéployer les salariés licenciés dans le secteur des services, notamment en les employant dans le parc d’attractions situé à proximité de l’usine.

Conny Kalcher, Vice-président chargé de la communication, Lego

Si nous devons nous séparer de certains employés, nous faisons tout pour les aider à retrouver un meilleur travail.

Jørn Neergaard Larsen, Confédération des employeurs danois

Grâce à la flexibilité du marché de l’emploi, les entreprises danoises peuvent modifier le volume et la structure de leurs effectifs en fonction de leur situation économique.

Au Danemark, il existe un consensus sur le fait que la flexicurité peut être bénéfique pour tous. Reste à faire en sorte que tous les éléments qui la composent s’imbriquent bien les uns dans les autres.