UN POINT D'AVANCE POUR L'INDUSTRIE VESTIMENTAIRE DU BANGLADESH

Date de parution: 20 décembre 2005 |

L’industrie vestimentaire des pays en développement, qui exporte dans le monde entier, emploie un grand nombre de femmes. Cette main-d’œuvre féminine est généralement employée à des postes à faible qualification tels que couseuse, tandis que les postes les mieux rémunérés sont généralement occupés par des hommes. L’Organisation internationale du Travail, qui a pour vocation de défendre les droits de tous les travailleurs, mène des actions destinées à mettre fin à cette discrimination fondée sur le sexe. Ce reportage de la télévision de l’OIT, filmé dans une usine de confection textile du Bangladesh, montre que les femmes sont tout aussi capables que les hommes d’occuper des emplois qualifiés.

Au Bangladesh, les femmes constituent 80 pour cent de la main-d’oeuvre de l’industrie vestimentaire.

Le travail de ces femmes requiert des compétences, mais, comme dans d’autres pays, ce sont généralement des hommes qui occupent les emplois les plus qualifiés et les mieux rémunérés.

Les coupeurs de tissu, par exemple, sont presque toujours des hommes. Pourtant, dans l’usine textile Babylon Garments de Mirpur, on voit de plus en plus de femmes à des postes traditionnellement réservés aux hommes. Kulsum Begum, par exemple, a été formée par son employeur pour travailler avec cette machine à couper ultramoderne.

Kulsum Begum

Quand j’ai commencé à ce poste, tout le monde me critiquait et se moquait de moi en me disant que ce travail était un travail d’homme et qu’une femme ne pouvait pas le faire. Mais j’ai tenu bon et maintenant je suis coupeuse…

Dans les pays occidentaux, le repassage est considéré comme une tâche typiquement féminine, mais, dans d’autres pays, c’est un travail réservé aux hommes et bien rémunéré. Certains hommes ont été surpris de voir avec quelle facilité les femmes apprenaient à repasser.

Mohammad Bijoy explique que, la première fois qu’il a vu des femmes travailler à ce poste, il a pensé qu’elles n’y arriveraient pas, mais maintenant il reconnaît qu’elles travaillent dur, au même rythme que les hommes.

La direction de l’entreprise estime que c’est une bonne chose de former autant les femmes que les hommes aux emplois les mieux rémunérés.

Emdadul Islam, directeur exécutif, Babylon Garments

Les femmes peuvent, d’une certaine façon, être encore plus efficaces que les hommes. Elles prennent moins de pauses qu’eux et ont une grande capacité de travail.

De plus, une fois qu’elles ont un bon travail, les femmes sont généralement plus stables et ne changent pas facilement d’employeur. Babylon Garments et deux cents autres entreprises de l’industrie vestimentaire du Bangladesh ont donc entrepris un projet de coopération avec l’OIT, en vue d’améliorer les conditions de travail et de promouvoir les droits de tous leurs salariés. Les cadres de ces entreprises reçoivent une formation sur des sujets comme l’égalité entre hommes et femmes et la productivité.

Dans cette entreprise, la direction a décidé d’ouvrir une crèche pour les enfants du personnel, initiative qui a remporté un vif succès. Elle offre également aux employés la possibilité de recevoir des traitements médicaux et des soins de santé gratuits sur leur lieu de travail.

Elle offre également aux employés la possibilité de recevoir des traitements médicaux et des soins de santé gratuits sur leur lieu de travail. La direction est convaincue que tout ce qui est fait pour favoriser le bien-être et la vie familiale des salariés a un effet bénéfique sur leur productivité.

Emdadul Islam, directeur exécutif, Babylon Garments

Les conditions de travail sont bien meilleures qu’avant dans notre entreprise. De ce fait, le taux d’absentéisme a chuté.

Le Bangladesh dépend de son industrie vestimentaire pour plus des trois quarts de ses revenus d’exportation. Les entreprises du secteur ont donc tout intérêt à offrir de bonnes conditions de travail à leur main-d’œuvre féminine.