Comment vaincre une crise : leçons d’Argentine

En 2001, l’Argentine s’est déclaré en cessation de paiement, a mis fin à la parité de sa monnaie avec le dollar des Etats-Unis, et a placé la création d’emplois en tête de ses priorités. Ce pays d’Amérique du Sud a plongé profondément dans la crise, mais en quelques mois la croissance économique était de retour. L’Argentine peut-elle montrer aux pays de la zone euro comment vaincre la crise ? Interview avec le Vice-président argentin Amado Boudou.

Date de parution: 18 mai 2012 |

Focus sur l’emploi

 "La création d'emplois est essentielle" 
Au plus fort de la crise, une des principales priorités de l'Argentine était de créer des emplois afin de générer une impulsion économique et sociale.


Austérité vs relance

« L’austérité pèse sur la reprise »
Les efforts déployés pour résoudre les difficultés économiques de l’Europe au moyen de mesures d’austérité suscitent une opposition croissante, comme l’ont clairement montré les récentes élections en Grèce et en France. M. Boudou fait écho aux critiques à l’encontre des politiques de rigueur.


L’accent sur l’éducation

 « Stimuler l'investissement dans l'éducation »
Après la crise, l’une des clés de la croissance argentine fut la renégociation réussie de la dette sur laquelle le pays avait fait défaut, en se fondant sur sa capacité de remboursement à moyen et long termes. Cela lui a permis non seulement de rembourser ses créanciers mais aussi de générer de la croissance. Selon M. Boudou, cela a eu un impact considérable sur le secteur de l’éducation puisque l’Argentine consacrait jusque là 5 pour cent du PIB au remboursement de sa dette et seulement 2 pour cent à l’éducation.


Le rôle clé de la protection sociale

« Développer la protection sociale »
Suite à cette gigantesque crise économique de 2001, l’Argentine est parvenue, en assez peu de temps, à renforcer et intégrer son système de sécurité sociale. L’un des étapes importantes fut d’assurer l’incorporation des chômeurs de longue durée.


Le Vice–président d’Argentine, Amado Boudou, a accordé un entretien à Nouvelles du BIT à l’occasion d’une visite à Genève et de discussions avec les hauts fonctionnaires du BIT et de l’Association internationale de sécurité sociale (AISS).