L'OIT en action: Résultats 2014-2015

Promouvoir les entreprises, protéger les personnes: Renforcer les organisations d’employeurs et de travailleurs

L’OIT travaille au renforcement de syndicats et d’organisations d’employeurs représentatifs, indépendants et démocratiques dans tous les pays.

Renforcer les organisations d’employeurs

En 2014-2015, l’OIT a aidé les organisations nationales d’employeurs de 73 pays de toutes les régions du monde à consolider leurs structures de gestion, à améliorer leur prestation de services aux membres existants et potentiels et à perfectionner leur engagement politique afin de garantir un environnement propice au développement des affaires et aux entreprises durables.

Sur la base d’une évaluation de l’environnement des affaires réalisée lors de la période biennale précédente, le Conseil de l’entreprise privée du Honduras (COHEP) a mené d’importantes réformes juridiques et statutaires à travers la consolidation et la promotion des positions politiques du secteur privé. Les procédures d’enregistrement des entreprises ont été simplifiées – y compris sur la licence collatérale et environnementale –, les coûts d’enregistrement ont été réduits, et les registres des entreprises de Tegucigalpa et San Pedro Sula ont vu le nombre d’inscriptions augmenter de respectivement 44 et 41 pour cent. Le COHEP a établi une unité sur la réforme de l’environnement des affaires, chargée du développement et de la promotion des politiques, et ouvert un nouveau site web qui diffuse l’information et suit les progrès sur ses propositions de réformes politiques.

Le tout récent Conseil des entrepreneures et entreprises féminines (WEBC) de la Fédération du commerce et des employeurs des Fidji (FCEF) offre ses services aux femmes d’affaires et met à leur disposition une plateforme pour faire entendre leur voix. Début 2015 – un an après l’adoption par la FCEF du premier plan stratégique pour le WEBC –, plus de 100 nouvelles membres avaient adhéré au Conseil.

La FCEF a mené des enquêtes sur le climat des affaires pour les entreprises féminines aux Fidji et présenté un document sur les défis qui se posent aux entrepreneuses dans le cadre d’une campagne visant à lever les obstacles et à promouvoir le développement de l’entrepreneuriat féminin dans le pays.

Quand la FCEF s’est demandé comment attirer plus de femmes dans le monde entrepreneurial, nous avons créé le WEBC lors de la septième session du Conseil de la Fédération, avec l’aide de l’OIT. Des progrès énormes ont été accomplis ces deux dernières années, notamment l’élaboration d’un plan stratégique et l’offre de services concrets aux entrepreneures affiliées. Le Conseil s’attelle maintenant à intégrer cette question dans le paysage entrepreneurial, de sorte qu’une approche holistique voie le jour dans le pays, de la politique gouvernementale et des lois sur l’emploi aux opérations quotidiennes des entreprises."

— Howard Politini, Président de la FCEF
La Confédération nationale des employeurs de la République de Moldova (CNPM) a étendu ses services aux régions en créant dix organisations territoriales et en proposant à ces dernières des formations et des conseils sur, par exemple, la gouvernance, la planification stratégique, les partenariats sociaux, l’évaluation des risques sur le lieu de travail, la fiscalité, la discipline du travail ou les litiges. Trois commissions tripartites territoriales ont également vu le jour dans les districts d’Edinet, de Balti et de Cahul pour garantir la consultation et la négociation collective (TCCCB). Enfin, six conventions collectives territoriales – un tiers des conventions collectives en vigueur – ont été conclues par le biais des organisations d’employeurs locales.

Renforcer les organisations de travailleurs

En 2014-2015, l’OIT s’est concentrée sur la protection des travailleurs par les normes internationales du travail (NIT) en capitalisant sur les résultats précédents et les enseignements du passé. Les syndicats ont participé de manière effective aux réponses politiques et aux cadres réglementaires, en particulier à travers les réformes juridiques et les campagnes de promotion des droits.


Les syndicats de Colombie, d’Égypte, de Géorgie, d’Irak, du Kazakhstan, du Lesotho, de Mongolie, du Népal, du Territoire palestinien occupé, de Thaïlande et de Zambie ont proposé des amendements aux projets de code national du travail afin de l’aligner sur le NIT.

Les syndicats ont agi de concert pour plaider en faveur de la ratification des conventions fondamentales et pour influer sur les processus législatifs en matière de droit du travail à l’Assemblée constitutionnelle de l’Inde, ainsi que sur le prochain processus de réforme du droit du travail au Népal. En se réunissant sur des plateformes dédiées, les syndicats ont réussi à envoyer des messages forts et cohérents aux autres partenaires sociaux à des moments cruciaux de l’élaboration des cadres juridiques. Cela a également renforcé la capacité de ces syndicats et accru leur rôle dans le dialogue social national.

Au cours de la période biennale, l’OIT a également concentré son action sur la réponse à la crise, sur l’aide à l’extension de la base d’adhésion des syndicats – en particulier en améliorant la qualité et en étendant la portée des services aux affiliés – et sur l’organisation des travailleurs précaires. De nouveaux syndicats ont vu le jour pour les jeunes aux Philippines, pour les migrants au Myanmar et en Thaïlande, pour les travailleurs domestiques en Égypte, en Indonésie et au Liban, pour les travailleurs de l’économie informelle en Arménie et au Kazakhstan, ainsi que dans les secteurs du tourisme et du pétrole en Oman.

La création de réseaux et la coopération transfrontalière se sont poursuivies pour permettre aux syndicats de fournir des services plus efficaces à leurs membres, notamment en ce qui concerne les migrations. Au Myanmar, en Malaisie et en Thaïlande, les syndicats ont signé un protocole d’accord abordant ce phénomène. La Confédération des syndicats arabes (CSI-AR), le Conseil des syndicats de l’ASEAN et le Conseil régional sud-asiatique des syndicats (SARTUC) ont signé un protocole d’accord en vue de promouvoir la coopération interrégionale en matière de migrations, de développer une position interrégionale des syndicats sur les initiatives en cours dans ce domaine, de protéger les intérêts des travailleurs migrants et de promouvoir les droits et principes fondamentaux au travail.

Les syndicats ont également bénéficié de conseils politiques ciblés et de mesures individualisées de développement des capacités à travers le soutien de l’OIT au travail de plaidoyer et au partage de connaissances. Des outils tels que des manuels de formation et des documents de recherche et de politique ont été mis au point pour soutenir le développement des capacités. Afin d’intégrer les nouveaux modes d’apprentissage, certains de ces outils englobent des programmes d’apprentissage à distance et des matériels audiovisuels. Le Centre international de formation de l’OIT à Turin a été un partenaire clé dans cette action et a offert des services de développement des capacités aux syndicats sur, par exemple, l’intégration de l’égalité homme-femme et sur l’autonomisation des travailleuses dans les États arabes.