Signature d’un protocole d’accord avec l’Organisation Internationale du Travail et Célébration du 90ème Anniversaire de l’OIT

Allocution de Madame la Conseillère fédérale Doris Leuthard

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Type Discours
Date de parution 9 juin 2009
Unité responsable Communication et information au public

(Seule la version orale fait foi !)

Monsieur le Directeur général,

Mesdames et Messieurs,

Avec la signature du Protocole d’Accord, nous inaugurons une nouvelle ère de collaboration entre la Suisse et l’Organisation internationale du Travail. Des liens historiques mais aussi des convictions politiques profondes unissent nos deux destins, comme l’illustrent les nombreuses photos de l’exposition que nous organisons pour célébrer les nonante ans de l’OIT.

Les relations entre la Suisse et l’OIT font donc partie de notre histoire commune. Nos relations sont excellentes, et je m’en réjouis. Mais, les relations, cela se soigne.

La signature du Protocole est symbolique : d’une part, elle revigore nos excellentes relations. D’autre part, elle renforce l’importance de l’OIT pour la Suisse, petit pays dépendant des marchés ouverts, disposé à résoudre les problèmes économiques et sociaux sans recourir au protectionnisme. Cette signature confirme donc notre volonté commune de renforcer les droits des travailleurs et d’oeuvrer pour la justice sociale dans le monde. Enfin, elle rappelle le message de reconnaissance et de fierté du gouvernement et du peuple suisses d’accueillir l’OIT ici, au sein de la Genève internationale, et pour être à vos côtés, alors que l’OIT célèbre son nonantième anniversaire.

Nous rendons hommage à l’engagement inlassable de l’OIT pour la paix dans le monde et pour la justice sociale. Nous saluons aussi votre engagement, Monsieur le Directeur général, pour renforcer le rôle et l’action de l’OIT dans le climat de crise économique et financière que nous traversons. Nos voeux vous accompagnent dans cette lourde tâche.

L’OIT a su relever de nombreux défis : les deux guerres mondiales, son entrée à l’ONU comme première institution spécialisée, la chute du mur de Berlin, le climat de dérégulation qui a accompagné la mondialisation, l’impact des nouvelles technologies dans le monde du travail. Tous ces grands tournants historiques et économiques ont pu remettre en question l’action, voire la légitimité de l’Organisation. Mais l’OIT a su tenir son cap, pour devenir l’Organisation-phare chargée de promouvoir les droits sociaux fondamentaux, des conditions de travail justes, en d’autres termes la sécurité économique et sociale des travailleurs, le travail décent.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’une OIT forte, présente à nos côtés pour faire face, ensemble, aux conséquences sociales de la crise et pour promouvoir une mondialisation plus équitable. Pour cela, l’OIT doit renforcer la transparence et l’efficacité du monitoring de ses normes.

Créer une organisation tripartite pour les questions du travail, c’était faire oeuvre de pionnier en 1919. L’OIT est restée, et elle sera une organisation moderne : elle intègre les gouvernements, les employeurs et travailleurs à son action, véritable valeur ajoutée à sa légitimité. L’OIT est le modèle du consensus social, si cher à la Suisse, mais parfois si difficile à atteindre.

Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, il n’est pratiquement plus possible de trouver des solutions nationales à des problèmes globaux de société. «La société ne vit point d’idées négatives, mais d’idées positives» a dit Saint-Simon.

Les idées positives, nous les avons concrétisées avec notre Protocole d’Accord qui permet de promouvoir les valeurs fondamentales de l’OIT, en renforçant notre coopération en faveur des droits des travailleurs dans les pays en développement. Nous répondons ainsi à une demande croissante des acteurs du commerce international et des consommateurs. Nous agissons au niveau des entreprises pour promouvoir leur compétitivité tout en respectant les droits des salariés, dans une approche intégrée. Nous aidons à construire des petites et moyennes entreprises durables, et solidement préparées à affronter la concurrence internationale, surtout en temps de crise.

Nous serons présents en Indonésie, au Vietnam, en Afrique du Sud, au Ghana, en Colombie, en Inde et en Chine. Le SECO investira 7,2 millions de dollars pour la période 2009-2012, et nous allons poursuivre notre collaboration efficace pour mener à bien les projets de coopération.

Je souhaite bonne chance au BIT et au SECO pour cette nouvelle action, qui illustre notre solidarité pour assurer le développement économique et social dans le monde.

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