Le Conseil d’administration du BIT élit un nouveau Président – Le Comité de la liberté syndicale cite le Myanmar, le Cambodge et la République islamique d’Iran

Type Communiqué de presse
Date de parution 19 juin 2009
Référence ILO/09/41
Unité responsable Communication et information au public
Sujet liberté syndicale, Conseil d'administration du BIT, Comité de la liberté syndicale de l'OIT
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Le Conseil d’administration du Bureau international du Travail (BIT) a élu S.E. Mme Maria Nazareth Farani Azevêdo, Ambassadrice du Brésil et Représentante permanente du Brésil auprès des Nations Unies à Genève, comme Présidente pour sa session 2009-10.

La 305e session du Conseil d’administration a également passé en revue toute une série de sujets, y compris le rapport du Comité de la liberté syndicale.

Mme Farani Azevêdo remplace S.E. M. Zdzislaw Rapacki, Ambassadeur de Pologne auprès de la Conférence sur le désarmement et Représentant permanent de Pologne auprès des Nations Unies à Genève, qui a servi comme Président du Conseil d’administration lors de la session 2008-09.

De 2003 à 2007, Mme Farani Azevêdo a travaillé auprès du ministre des Affaires étrangères, d’abord comme conseillère politique et, à partir de 2005, comme cheffe du personnel. En 2004-05, l’Ambassadrice Azevêdo fut la négociatrice en chef du Président Lula pour son initiative «Action contre la faim et la pauvreté». Depuis septembre 2008, elle est la Représentante permanente du Brésil auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève.

Sir Leroy Trotman, Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Barbade et porte-parole du groupe des travailleurs au Conseil d’administration a été réélu comme Vice-président travailleur. Daniel Funes de Rioja, Président du Département de politique sociale de l’Union industrielle argentine et Président du groupe des employeurs de l’Organisation des Etats américains de 1995 à 1998, a été réélu comme Vice-président employeur.

Ces trois personnes auront pour rôle de représenter le Conseil d’administration pendant la session 2009-10. Le Conseil d’administration est l’organe exécutif de l’OIT, il se réunit trois fois par an à Genève. Il prend des décisions de politique et établit le programme et le budget de l’OIT qui compte 183 Etats Membres.

Suite aux discussions de la Conférence internationale du Travail, les représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs ont salué l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi adopté vendredi 19 juin et ont appelé à prendre immédiatement des mesures pratiques pour sa mise en place. Le Pacte, conçu pour orienter les politiques nationales et internationales, vise à stimuler la reprise économique, à créer des emplois et à offrir une protection aux travailleurs et à leurs familles.

Liberté syndicale

Le Conseil d’administration a approuvé le 354e rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT. Lors de cette réunion, le Comité a examiné 26 cas. Au total, 134 cas sont pendants devant le Comité.

Le Comité a spécialement attiré l’attention sur les cas du Myanmar, du Cambodge et de la République islamique d’Iran.

Dans le cas du Cambodge, le Comité a regretté l’absence répétée d’information sur les mesures prises pour élucider le meurtre de Chea Vichea et ceux de deux autres responsables syndicaux – dont les cas remontent à 2004 et 2007. Il a exigé du gouvernement qu’il garantisse que les enquêtes sur ces meurtres ont été complètes, indépendantes, rapides et menées avec diligence et d’attester que toutes les informations disponibles avaient été transmises aux tribunaux afin d’identifier les véritables meurtriers et les commanditaires des assassinats, de punir tous les coupables et de mettre ainsi un terme à l’impunité qui prévalait pour les violences exercées à l’encontre des dirigeants syndicalistes.

Le Comité a souligné l’urgence pour le gouvernement de prendre des mesures afin de renforcer les capacités judiciaires et de lutter contre la corruption en instituant les garde-fous nécessaires à l’indépendance et à l’efficacité du système judiciaire. Il prie instamment le gouvernement de garantir aux syndicalistes qu’ils pourront exercer leurs activités dans un climat exempt d’intimidation et de risques quant à leur sécurité personnelle et leur vie, et à celles de leurs familles.

Le Comité a également examiné trois cas concernant la République islamique d’Iran. Au regard de la gravité de la situation relative à la liberté syndicale dans le pays, le Comité s’est réjouit de la déclaration du gouvernement qui envisage favorablement une mission de contacts directs de l’OIT. Le Comité espère que la mission pourra se rendre dans le pays sous peu et qu’elle sera en mesure d’aider le gouvernement à atteindre des résultats significatifs dans tous les domaines d’une gravité exceptionnelle, y compris ses recommandations relatives aux syndicalistes toujours détenus et à abolir le recours à une violence excessive dans l’encadrement des manifestations. En particulier, le Comité a exigé la libération immédiate de Mansour Osanloo et des autres syndicalistes emprisonnés.

Notant avec intérêt que les amendements proposés au droit du travail devraient permettre la multiplication des syndicats, le Comité a une nouvelle fois exhorté le gouvernement à mettre tout en œuvre pour autoriser le pluralisme syndical. Il a également demandé au gouvernement de prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour enregistrer et reconnaître la Confédération iranienne des organisations d’employeurs (ICEA) constituée en mars 2007 et garantir qu’elle pourra exercer ses activités sans entrave.

Le Comité a également examiné l’effet donné à ses recommandations dans deux cas concernant le Myanmar. Dans les deux cas, le Comité a déploré l’échec du gouvernement à mettre en œuvre ses recommandations et l’a exhorté à relâcher immédiatement six militants syndicaux. Mettant l’accent sur l’obligation fondamentale pour tout Etat Membre de respecter les droits de l’homme et les droits syndicaux, le Comité a prié instamment, dans les termes les plus forts, le gouvernement d’adopter une loi qui garantisse la liberté syndicale à tous les travailleurs du Myanmar et d’assurer dans le même temps que la législation nationale entravant la liberté syndicale ne sera pas appliquée.

Offrant l’assistance technique du BIT, le Comité a en outre demandé au gouvernement de donner des instructions précises à ses agents civils et militaires afin que les autorités s’abstiennent de tout acte entravant le libre fonctionnement de toute forme de représentation collective des travailleurs, librement choisie par eux, y compris les organisations des gens de mer et les organisations opérant en exil qui ne peuvent être reconnues dans le cadre législatif actuel.

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