L’OIT se réunit avec des experts de haut niveau pour débattre de la crise et de l’avenir de l’industrie automobile

Type Communiqué de presse
Date de parution 22 mai 2009
Référence ILO/09/30
Unité responsable Communication et information au public
Sujet transports, transport routier
Autres langues Español • English

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Dans un contexte de crise économique et sociale mondiale, d’éminents experts du secteur automobile venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique se sont réunis ici les 20 et 21 mai avec de hauts responsables de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour discuter de la situation de l’industrie automobile et de ses perspectives d’avenir.

Citant des prévisions d’emploi alarmistes pour le secteur automobile, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, à l’initiative de cette table ronde, a déclaré: «Le secteur de l’automobile fut l’une des premières victimes de la crise financière… la création d’emplois doit être au cœur de toute réponse gouvernementale à la crise».

A la fin 2007, le secteur de la construction automobile employait près de 10 millions de personnes dans le monde. Aujourd’hui, avec 2,5 millions de voitures invendues en Europe et 4 millions aux Etats-Unis, près d’un million d’emplois devraient être supprimés dans l’industrie elle-même et les répercussions pourraient aller bien au-delà des entreprises d’assemblage et de composants majeurs.

En Allemagne, l’emploi dans l’industrie automobile devrait reculer de 10 à 15 pour cent au cours des deux prochaines années et, aux Etats-Unis, la crise aura des effets dévastateurs à court terme sur l’emploi chez les trois principaux constructeurs. Au Japon, plus de 100 000 travailleurs ont perdu leur emploi en 2008 selon Koji Endo, un analyste japonais de l’industrie automobile.

Cependant, l’emploi dans ce secteur devrait être moins affecté dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. En Chine, les ventes de voitures ont augmenté de 4 pour cent au premier trimestre 2009, selon Wayne W.J. Xing, éditeur de la Revue de l’automobile chinoise. Des pays tels que l’Inde et le Brésil semblent également moins touchés par la crise. A l’inverse, la Thaïlande, en tant que pays producteur de véhicules et de pièces détachées essentiellement destinés à l’export, a vu sa production automobile décliner de 54 pour cent au premier trimestre de cette année, ce qui s’est traduit par la suppression de 59 000 emplois, selon Nobuya Haraguchi de l’ONUDI.

Cependant, les experts ont indiqué qu’une crise d’une telle ampleur offrait dans le même temps des possibilités de procéder à des changements considérables. La table ronde a conclu que la crise de l’industrie automobile était davantage systémique que chronique.

«Il y avait une crise avant la crise», a souligné M. Somavia. «La question demeure: comment lier les stratégies de long terme aux solutions à court terme?».

«Nous avons besoin de bien plus qu’un simple sauvetage financier. Le défi immédiat consiste à formuler un nouveau contrat social pour l’industrie automobile, à mieux comprendre le monde du travail et à impliquer les travailleurs, les employeurs, ainsi que d’autres acteurs», explique Thomas A. Kochan, s’exprimant par liaison vidéo depuis l’Institut du MIT pour la recherche sur le travail et l’emploi, aux Etats-Unis.

Le Dr John Wormald d’autoPOLIS a souligné la nécessité d’élaborer un nouveau modèle d’entreprise qui allongerait le cycle de vie du produit et réduirait ainsi le coût d’une nouvelle voiture d’environ 30 pour cent. La table ronde a longuement étudié les tendances relatives à l’avenir de l’industrie automobile: les nouveaux marchés émergents, le réchauffement planétaire et la dépendance vis-à-vis du pétrole, le vieillissement rapide de la population, l’urbanisation et les modes de transport alternatifs.

Pour affronter ces changements, il faut une bonne compréhension de la situation et la volonté de travailler ensemble. Le Partenariat européen pour l’anticipation du changement dans l’industrie automobile, un projet conjoint de la Fédération européenne des métallurgistes et de l’Association européenne des fournisseurs de l’automobile, a pour but de créer un système d’alerte précoce afin de prévenir les effets négatifs des restructurations et de maintenir une industrie durable qui crée des emplois de qualité.

«Un changement fondamental est indispensable, aussi bien dans ce que produit l’industrie automobile que dans la manière de fabriquer ces produits, mais également dans les relations sociales entre employeurs et syndicats», a conclu Barry Bluestone, animateur du débat et Professeur d’économie politique à la Northeastern University, aux Etats-Unis.

Le 16 juin, le Sommet de l’OIT sur la crise mondiale de l’emploi, qui doit se tenir dans le cadre de la Conférence internationale du Travail à Genève, va traiter des stratégies sectorielles et au niveau de l’entreprise pour répondre à la crise de l’emploi, y compris un pacte mondial pour l’emploi.

Le «Pacte mondial pour l’emploi de l’OIT vise à placer l’emploi et la protection sociale au centre des politiques de reprise de façon à accélérer le redémarrage de l’emploi, à garantir un accès pour tous à l’emploi à travers des mesures spécifiques pour les groupes défavorisés, à élargir la couverture de la protection sociale et à améliorer la sécurité», a ajouté M. Somavia.

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